I1IC EST FRÀTEUJI AMATOR QUI MULTUM ORAT PRO POPULO
« Ici gît un homme qui aimait ses frères et qui prie beaucoup pour son peuple. »
Du reste, les inscriptions tumulaires sont encore nombreusesà Saint-Benoist. Chacune d’elle conserve comme un reflet du siècle où elle fut tracée, et l’on éprouve une sorte de plaisir mélancolique à lire cette histoire du passé écrite sur des tombes. Celle
de Mommole a toute la simplicité du premier âge chrétien :
« Ici repose Mommole d’heureuse mémoire, qui vécut environ soixante-dix ans. Il n’y eut en lui ni malice, ni détour, et il savait plaisanter sans fiel. Voici : il passa de ce monde à l’autre, le sixième jour des ides d’Auguste, la cinquième année du règne de notre seigneur le roi Clovis *. »
Plus loin, nous lûmes ces vers, tracés par quelque moine sur la tombe d’un frère en poésie, avec lequel il avait échangé ses rêves peut-être, et qu’il avait cru grand parce qu’il l’avait aimé :
« Tu es là, cher Vrebo, véritable moine? O douleur ! te voilà retourné à la poussière d’où tu es né, et cependant tes chants te rendront immortel!... Tu vis en eux; ton nom ne peut mourir avec toi a . »