‹ Les promenades matinalesChapitre 7 sur 23 · MESSIEÜ ET MEDAM N’OUBLIÉ PAS LA BON · texte numérisé non relu

MESSIEÜ ET MEDAM N’OUBLIÉ PAS LA BON

Mais tous les souvenirs d’Orléans sont absorbés par celui de Jeanne d’Are. Son nom et ses traces sont partout. On montrait naguère le chaperon qu’elle avait porté et l’oriflamme avec lequel elle conduisait nos soldats à l’ennemi. Aujourd’hui encore, onpeutvisiterlademeurequ’ellehablta, pourvu que les bourgeois 11 e soient point à table ou à vépre'S !

La maison de Molière a été transformée en fabrique; celle de Jeanne d’Are appartient, je crois, à une maîtresse de pension, et l’on parle d’élever à tous deux des statues!... comme si le plus saisissant souvenir des êtres d’élite n’était çoint aux lieux qu’ils avaient habités !... Que m’im- ‘porte un marbre taillé d’hier, et au bas duquel vous inscrivez leurs noms, quand je puis entrer

sous le toit même où ils ont vécu, y chercher quelque émanation de leur vie et de leur cœur? Une statue n’est qu’un hommage rendu à l’homme célèbre, tandis que sa demeure est un souvenir.

Nous voudrions que la maison occupée par Jeanne d’Arc à Orléans fût acquise au nom de la nation et dégagée de celles qui l’entourent; qu’elle fût ouverte à tous, comme un temple patriotique, et qu’on lût ces mots gravés sur sa porte sculptée :

Page 1