FÉDÉRALISTES ET RÉPUBLICAINS
Ce qu'on se propose, dans la revue qui va suivre des idées et des habitudes politiques américaines, est plutôt, il faut le déclarer tout d'abord, de critiquer que de raconter ou d'exposer. Je ne cherche pas à justifier une théorie politique et économique par un appel aux faits historiques. Je cherche au contraire à donner une sorte d'appréciation et d'interprétation des idées politiques américaines, et de ce qui s'est fait dans ce pays, et cette appréciation, cette interprétation est déterminée surtout par un idéal préconçu. Ce qui rend une telle appréciation et interprétation acceptable, c'est au fond le nombre de faits importants qu'elle explique et le nombre qu'elle néglige ou qu'elle fausse. Sans doute, certaines omissions et certaines défigurations sont inévitables dans un essai de ce genre; mais je n'ai pas l^csoin d'ajouter que le plus grand soin a été pris pour les éviter. Dans le cas où la conception proposée des Promesses de la vie américaine ne peut pas être a])pliquée à notre histoire i)olitique et économique sans la fausser dans les grandes lignes, il est évident qu'elle s'effondre ; et en fait l'idéal lui-même a été sensiblement modifié au cours île cet essai }>i)ur
lui donner une application historique. En dépit de toutes ces modifications, la revue reste extrêmement discutable. Notre passé politique et économique, dans une certaine mesure, comparaît pour justifier notre avenir politique et social. La valeur attribuée à bien des idées , tendances et réalisations politiques, diifère radicalement de la valeur que leur attribuèrent leurs initiateurs et leurs partisans, ou, dans certains cas, la majorité des historiens américains. La revue, conséquemment, rencontrera beaucoup plus d'opposition et de défiance instinctives que d'acquiescement. Dans son ensemble, l'échelle des valeurs traditionnelles qu'elle critique, subsiste presque aussi intacte aujourd'hui qu'il y a deux générations, et forme un arrière-plan à la foi politique de la grande majorité des Américains. Quelque degré de faveur qu'une critique radicale puisse rencontrer, elle ne vaudra nécessairement que dans la mesure où elle interprétera notre passé politique et entreverra la solution de nos problèmes politiques et économiques présents et futurs.
Il faut chercher la matière de cette estimation critique, non pas tant dans les événements de notre carrière nationale, que dans les idées qui ont influencé son cours Si étroitement que res idées soient associées avec le cours actuel du développement américain, leur .signification et leurs tendances profondes n'v ont pas été entièrement réalisées, parce qu'au delà d'un certain point on n'a jamais essayé d'en tirer franchement et logiquement tout ce qu'elles contenaient. Pendant une génération, les hommes d'Etat américains furent des penseurs politicoes vigoureux et féconds; mais h* temps \iiu bieiilôl où les Américains cessèrent de crilitpier leurs ])ro])res idées, et dej)uis ce temps la signification de nombre de nos conceptions fouflamc-ntales a été parlielh*ment obscurcie, aussi bien que partiellement exprimée par les faits de notre croissance nationale, (''est pourc^uoi. il i.iut <iue nous allions au deU'i de ces