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CHAPITRE II l'opposition des deux partis

Heureusement pour la nation américaine, les Unionistes qui élaborèrent la Constitution ne formaient pas un groupe distinct du parti fédéraliste qui pourvut à l'organisation d'un gouvernement national effectif. L'œuvre de Washington, de Hamilton et de leurs associés, pendant les deux premières présidences, fut caractérisée par les mêmes qualités admirables que l'œuvre des créateurs de la Constitution, et elle a une importance analogue. Une politique nationale vigoureuse, positive et constructive, fut esquissée et mise en action, une politique qui impliquait la confiance dans l'aptitude d'un gouvernement effectif à promouvoir l'intérêt national et qui justifiait cette confiance en abordant les problèmes critiques de l'époque, avec une série de sages mesures législatives. Le rôle de Hamilton dans l'édification de cette législation constructive fut, cela va de soi, plus important qu'il ne l'avait été dans l'élaboration de la Constitution. Pendant les deux présidences de Washington, les Ktats-Unis furent gouvernés en réalité par ses idées sinon par sa volonté ; ce qu'il y avait de sain et ce qu'il y avait de malsain dans ses croyances politiques, put être démêlé plus nettement que pendant les années consacrées à l'édification de la Constitution La Constitution était à beaucoup d'égards un compromis, tandis que la construction législative qui suivit tut un exemple assez jinr du fédéralisme hamillonifrn. Il sera donr instructif d'examiner la traîne de cette

Lopposrnoy des deux partis.

politique hamiltonienne et de chercher à découvrir dans quelle mesure elle éloignait le pays du droit chemin, et dans quelle mesure elle entraînait le gouvernement national à agir suivant une ligne de conduite plutôt douteuse.

Le grand objectif de Hamilton, comme ministre des finances, fut de faire servir l'organisation des finances nationales à la cause d'une politique nationale constructive. Il désirait fortifier le gouvernement fédéral, en faisant ressortir d'une manière frappante les services qu'il pouvait rendre et en mettant à son service, avec les forces du sentiment, les influences de l'intérêt. A cette fin, il dirigea la nation vers une politique de scrupuleuse honnêteté financière, sur laquelle a toujours reposé depuis la santé des finances américaines. Il obtint que le congrès consentît à reconnaître à leur véritable valeur les dettes contractées pendant la guerre, à la fois par la Confédération, et par les États individuels. Il créa à la Banque nationale un agent du fisc qui y représentait effectivement le département des finances, et il chercha tous les moyens de donner de la stabilité au système des banques dans le pays. Enfin il travailla, au moyen de sa politique fiscale et commerciale, à faire du gouvernement national le promoteur d'un développement national bien équilibré et s'étendant en tous sens. Il aperçut combien il serait dangereux, pour une politique assise et maîtresse d'ellemême, que le développement des Etats-Unis continuât à se poursuivre seulement dans l'agriculture et le commerce, et il comprit la nécessité de cultiver les industries manufacturières et le savoir et l'éducation techniques, parce que la diversité des travaux et le Ijon ordre de la vie sociale et économique entraînent à leur suite l'équilibre et la sécurité de la nation. Sous les différents aspects de la politique de Hamilton, on peut discerner un(î théorie précise des fonctions gouvernementales. Le gouvernement central doit servir non seulement à maintenir la Constitution, mais encore à promouvoir l'intérêt national et à conso-

lider l'organisation nationale. Hamilton vit clairement que l'union américaine était loin d'être achevée, quand la Constitution fut acceptée par les États, et quand le mécanisme du gouvernement fédéral fut mis en mouvement. Il y avait eu un bon départ, mais il restait à chercher dans quelle voie on devait s'engager pour conserver ce qui avait été gagné. L'unionisme devait être converti en une politique positive qui travaillerait à fortifier l'intérêt national, l'organisation nationale, à discréditer les forces et les idées qui agissaient actuellement ou pourraient agir un jour dans le sens de la désunion, et à accroître l'esprit national. Tout ceci impliquait une intervention active dans le cours naturel des affaires politiques et économiques américaines, la nécessité de le régler et de le g"uider dans le sens national. Cela supposait aussi la prédominance, dans la vie politique américaine, des hommes qui avaient assez d'énergie et d'intuition pour discerner, entre les idées et les tendances, celles qui assuraient le bien-être national, et celles qui pouvaient le mettre en péril. Enfin cela impliquait le maintien d'une direction comme celle qui avait guidé le pays avec sûreté à travers les dangers de la période critique, et la fidélité aux desseins qui avaient inspiré cette direction.

Jusque-là, je ne trouve, pour ma part, rien à critiquer dans les implications du fédéralisme de Hamilton, mais malheureusement sur d'autres points, sa politique fut viciée par une tendance plus douteuse. De la vitalité persistante du principe national de Hamilton dépendent la sécurité de la Républifjue américaine et la fécondité i\o l'idée am(''ri('aine. mais il n'a pas cherchi* une liase jxtpuhiire suftisaiiiineiU large pour la réalisation de ces idées. Il (ut trahi par ses craintes et [)ar son manque de foi. (!r(^)yant, eoinme il le f.iisait. et bien ])lus qu'il n avait le droit de le croire, qu'il eonibaltait encore pour la cause de la Mtabilité sociale et de l'ordre politique, contre les sept démons de ranar<-hie et <le la (lissolution. il jugea néces-

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saire de donner au gouvernement central l'appui d'un solide intérêt particulier. Pendant la Convention constitutionnelle, il n'avait pas réussi à faire adopter certaines institutions qui, à son avis, auraient remis la garde de la Constitution à une aristocratie de capacité et il tenait maintenant d'autant plus au plan qui aurait donné au gouvernement fédéral l'appui des gens riches. Comme nous l'avons vu, la Constitution avait été élaborée, et son adoption obtenue, grâce surtout aux citoyens qui avaient de l'éducation et de la fortune ; en conséquence, la voie était préparée pour la tentative de Hamilton, qui voulait plus que jamais faire de cette classe en tant que classe le support du gouvernement fédéral. C'était là les gens qui avaient le plus à perdre à l'instabilité ou à l'impuissance du régime, et ils seraient amenés à se servir de leur influence pour perpétuer une autorité politique centralisée. Pour cette raison, Hamilton croyait qu'une dette nationale considérable était une chose favorable à l'intérêt national fédéral et il insistait énergiquement pour que le gouvernement fédéral prît à son compte les dettes de guerre des États. Il concevait la Constitution et l'Union comme une vallée de paix et d'abondance qui devait être fortifiée contre les maraudeurs par les lourds remparts de l'emprunt et par les canons de l'intérêt des créanciers. En agissant ainsi, Hamilton croyait (pour varier la métaphore) qu'il chargeait le vaisseau de l'État d'un ballast nécessaire, alors qu'en réalité il troublait son équilibre et l'empêchait de naviguer librement. Il réussit à persuader à la fois les propriétaires et la masse des « petites gens » que les riches bénéficiaient plus particulièrement de l'organisation fédérale américaine, et cette idée eut i)our résultat de mettre la démocratie naissante en défiance contre le gouvernement national. Au lieu de chercher à fonder la perpétuité de l'Union sur les motifs intéressés d'une minorité de citoyens riches, il eut été beaucoup plus sage de confier ouvertement sa prospérité à la bonne volonté de tout un peuple. Malheureusement Hamilton fut

empêché d'agir ainsi tant par la limitation de ses sympathies que par celle de ses idées. Il était imbu de la conception anglaise d'un État national basé sur la domination de certains ordres et intérêts spéciaux privilégiés, et il ne sut pas comprendre que le soutien durable de l'organisation nationale américaine ne pouvait se rencontrer que dans l'ensemble de la démocratie américaine. L'Union américaine était une création politique nouvelle et pleine de promesses, non parce quelle était une démocratie, car il y avait eu avant elle quantité de démocraties, non parce qu'elle était une nation, car il avait existé beaucoup de nations antérieurement à elle, mais parce qu'elle était une nation démocratique, une nation prédestinée par ses institutions et ses aspirations à réaliser l'idée démocratique.

Autant donc que nous pouvons apprécier l'œuvre de Hamilton et la plus grande partie de ses idées, nous sommes obligés d'admettre que la défaveur populaire, dont il finit par être l'objet, était juste dans une certaine mesure. Cette défaveur fut en partie, il est vrai, le résultat de son attachement résolu à une politique étrangère sage mais impopulaire, et la manière dont cette politique fut poursuivie par Washington, par Hamilton et par leurs partisans, en dépit de la désapprobation générale qu'elle inspira, mérite les louanges les plus chaudes. Mais l'impopularité de Hamilton était due essentiellement à des causes plus profondes. Lui et ses compagnons en fédéralisme ne comprenaient pas leurs compatriotes et n'avaient pas de sympathies pour leurs aspirations, et naturellement ils se voyaient en retour incompris et suspects llamilton. après la retraite de Washington, cessa d'être un chef national, et devint le chef d'une faction ; quand il mourut, son parti avait cessé d'être le parti national, et en était arrivé à représenter seulement une section, une classe II perdit ainsi irréparablement rapjjui public, et la misérable faillite de la j)olitique d'embargo de Jefferson ne parvint pas «•ll»-iiièm«* à persuader le peuple américain de la néces-

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site de ramener les Fédéralistes au pouvoir. En tant que parti, ils disparurent complètement après la seconde guerre avec l'Angleterre, et il est très fâcheux que ce qu'il y avait de bon dans le point de vue politique de Hamilton ait disparu en même temps que ce qu'il y avait de mauvais. Mais un bon résultat sortit finalement de cette faillite. Pour le mieux ou pour le pire, les États-Unis étaient devenus une démocratie aussi bien qu'une nation, et leur tâche nationale n'était pas d'échapper aux dangers de la démocratie, mais bien de réaliser ses responsabilités et ses avantages.

Les adversaires de Hamilton ne furent pas longs à découvrir que ses idées et ses plans étaient, à certains égards, hostiles à la démocratie, et il en résulta que Hamilton fut bientôt attaqué par l'opposition la plus implacable, la plus dénuée de scrupules qui eût jamais outragé un fidèle et utile serviteur du bien public.

Cette opposition fut conduite par Jefferson ; et bien que celuici n'eût malheureusement pas les idées saines et constructives de l'homme d'État, comme Hamilton, il avait la seule qualité indispensable qui manquât à celui-ci. Jefferson avait une confiance sincère, absolue et illimitée dans le peuple américain. Il était, autant que le lui permettaient ses lumières, un démocrate radical ; et, en tant que démocrate, il combattit violemment ce qu'il considérait comme la tendance aristocratique, ou même monarchique, de la politique de Hamilton.

Beaucoup des accusations, que lui et ses partisans prodiguaient à Hamilton, étaient injustes, et beaucoup des batailles qu'ils soutinrent contre les mesures prises par lui, lurent contraires au bien public. Ils se trompèrent absolument en refusant de rendre justice au patriotisme de ses intentions ou au mérite de son œuvre, et leurs attaques déshonnètes et dénuées de scrupules établirent une traililion de bassesse dans la lutte des partis en Amérique. Mais Jefferson avait complètenu-nt

raison quand il croyait que son pays ne pouvait être qu'une démocratie, et que toute tendance à altérer l'intégrité de Vidée démocratique ne pouvait produire que désastres.

Malheureusement, la conception de la démocratie chez Jefferson était mesquine, étroite et contradictoire. C'est précisément parce que ses idées prévalurent au moment où Hamilton vers la fin de sa vie perdait son influence, que les conséquences de la conception imparfaite que Jefferson se faisait de la démocratie, ont été beaucoup plus fâcheuses que les conséquences de la conception imparfaite qu'Hamilton se faisait de la nationalité américaine. Dans l'esprit de Jefferson la démocratie était équivalente à l'extrême individualisme. Il concevait une société démocratique comme composée d'une collection d'individus, essentiellement semblables par leurs capacités et leurs mérites, et dans l'organisation d'une telle société le principal objet, politiquement, était d'assurer la plus grande somme de satisfactions à chacun de ses membres individuels. Les bonnes choses de la vie. qui avaient été précédemment monopolisées par quelques privilégiés, devaient être maintenant distribuées à tout le peuple. 11 n'était pas nécessaire de chercher des combinaisons très savantes, pour effectuer une distribution équitable. Une telle distribution se ferait d'elle-même, à condition que personne ne fût favorisé de privilèges spéciaux et que tout le monde eut des chances égales. Une fois ces conditions assurées, la devise d'un gouvernement démocratique sérail simplement : « A bas les mains ! » Il y aurait aussi peu de gouvernement que possible, parce qu uik; intervention gouvernementale continua impliquerait de la méfiance à l'égard du ])ouvoir et de la b(inne volonté populaires, et le peu de gouvernement qu il y aurait serait confié aussi complètement que possible aux autorités locales La vitalité d uin* démocratie résidait dans ses extrémités, et elle serait diminuée plutôt (ju'accrue par une direction spécialisée ou centralisée?. Sjîs ninnbrcs, individuellement.

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avaient seulement besoin d'être protégés contre les privilèges, et d'être abandonnés à eux-mêmes, après quoi la bonté instinctive à la nature humaine arriverait de réaliser la perfection.

Ainsi, Jefferson poursuivait un résultat essentiellement égalitaire et même socialiste, au moyen d'un mécanisme essentiellement individualiste. Sa théorie impliquait une harmonie complète, à la fois en droit et en fait, entre l'idée de liberté et l'idée d'égalité ; et, précisément dans la mesure où il y aurait quelque antagonisme entre ces idées, l'ensemble de son système politique se corrompt et devient impraticable. On ne saurait avoir aucun doute, non plus, quant à l'idée à laquelle Jefferson et ses partisans attachaient le plus d'importance. Ils ont toujours chanté la louange de la liberté, et indubitablement ils l'ont toujours considérée comme la pierre angulaire de leur édifice politique et social. Il n'en est pas moins vrai que, dans la mesure où il s'est développé dans la vie américaine quelque antagonisme entre la liberté et l'égalité, les démocrates jeffersoniens se sont rangés du côté de l'égalité. Étant donné qu'ils représentaient le principe démocratique, il est parfaitement naturel qu'ils aient combattu pour l'égalité dans un État démocratique, et leur erreur a été, non leur attachement à légalité, mais leur incapacité à discerner en quoi il y avait quelque antagonisme entre la liberté et l'égalité, et dans quelle mesure ils sacrifiaient une liberté désirable à une égalité qui ne l'était pas.

Sur ce point, comme sur beaucoup d'autres, la philosophie politique de Hamilton était bien plus clairvoyante que celle de Jefferson. Hamilton avait été accusé par ses adversaires, d'être l'ennemi de la liberté, alors qu'en fait il désirait, en bon Anglais qu'il était, protéger et encourager la liberté dans la mesure où un tel encouragement était compatible avec le bon ordre, car il se rendait compte que cette liberté naturelle produirait inévitablement de fécondes inégalités sociales et éco-

nomiques. Mais il se rendait compte aussi que la liberté naturelle n'était pas seulement une question de déclaration constitutionnelle des droits, et qu'elle ne pouvait être protégée que par un gouvernement central énergique et perspicace et ne pouvait porter de fruits qu'à l'aide de l'organisation nationale efiFective des activités américaines. Car l'organisation nationale exige, en ce qui concerne les individus, une certaine sélection et une certaine classification de ces individus, d'après leurs capacités et leurs mérites. C'est justement cette sorte de liberté que Jefferson et ses partisans, avaient toujours détestée et découragée. Ils avaient célébré bien haut les droits légalement constitués, mais ils avaient montré une défiance instinctive et implacable à l'endroit de l'indépendance intellectuelle et morale, et ils avaient toujours cherché à la supprimer en faveur de l'égalité intellectuelle et morale. Ils ont été en somme pour le sacrifice de la liberté — dans la mesure où la liberté signifie un perfectionnement positif dans l'ordre intellectuel et moral — à une certaine .sorte d'égalité.

Je ne veux pas insinuer, parle précédent exposé, que Jefferson et ses partisans aient été les ennemis conscients du progrès moral et intellectuel. Au contraire; dans leur aimable naïveté, ils se croyaient les amis et les défenseurs de tout ce qui est admirable dans la vie humaine; mais leurs bonnes intentions ne les empêchaient pas de s'opposer activement ou passivement au progrès intellectuel et moral dirigé soit vers un l)ut social, soit vers un but individuel. Un tel état d'esprit ne pouvait aboutir qu'à des dispositions négatives et fatalistes. Ils approuvaient en général tout ce qui mérite l'approbation ; mais les choses qu'ils approuvaient activement étaient celles que tout le monde faisait. Leur point de vue impliquait que la société et les individus peuvent être améliorés sans qu'il y ait besoin d'établir un plan d'amélioration ou d édilier une (organisation dans ce dessein; et cette ahserrlion m'amène à ce (jui consliluc la ilifférence pro-

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fonde entre Hamilton et Jefferson. La politique de Jefferson était au fond la vieille politique du laisser- faire, cachant son corps mal bâti sous de beaux habits, et couvrant sa vilaine figure d'un masque de bonnes intentions. La politique de Hamilton consistait à affirmer avec autant d'énergie que d'intelligence le bien de la nation. Il savait que la seule méthode pour faire prévaloir le bien, soit dans la vie individuelle, soit dans la vie sociale, c'est de le vouloir obstinément et d'adopter les moyens sagement choisis qui y conduisent. Sa vision du bien national était limitée ; mais il avait absolument raison quant au chemin à prendre pour y arriver.

Hamilton ne craignit pas de faire preuve, dans sa propre vie, d'indépendance morale et intellectuelle. Il n'eut pas peur d'encourir l'impopularité en poursuivant ce qu'il croyait être une sage pratique, et la désapprobation générale dont il souffrit pendant les dernières années de sa vie, bien qu'elle eût principalement pour cause sa défiance de la démocratie américaine, fut due aussi en partie à la haute conception qu'il avait de ses devoirs de chef. Jefferson, par contre, nous fournit un exemple également frappant de l'homme d'État qui courtisa assidûment et intentionnellement la faveur populaire. La tâche lui fut facile, parce qu'il comprenait extrêmement bien le peuple américain et qu'il sympathisait réellement avec lui ; mais il ne se servit jamais de l'influence ainsi obtenue pour réaliser un dessein positif ou constructeur qui pût être impopulaire. Sa politique, tant qu'il fut en fonctions, fut celle des belles phrases et des expédients temporaires, dont quelques-uns furent odieux, mais que ni lui, ni ses partisans ne poursuivirent jamais avec persistance. Tout ce que le peuple demanda, les chefs l'accordèrent, même; une déclaration de guerre à l'Angleterre C'était le gouvernement du peuple par le peuple, et non le gouvernement pour le peuple par des chefs populaires mais responsables; et les chefs auxquels le peuple déléguait son autorité

n'avaient en théorie aucun droit de poursui\'Te une politique impopulaire. C'était le peuple qui devait guider les chefs, et non les chefs qui devaient guider le peuple ; et toute indépendance et initiative intellectuelle ou morale de la part des chefs, dans une démocratie, doit être condamnée comme anti-démocratique. Les représentants d'un peuple souverain étaient dans la même position que les courtisans d'un monarque absolu : ils n'avaient qu'à flatter et obéir.

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