VALLIASCE DES DEUX PARTIS
nale de se maintenir pure et de ne pas intervenir, c'était sa fonction personnelle à lui de battre le fer pendant qu'il était chaud. Le triomphe de Jefferson et la défaite de Hamilton donnèrent libre cours à l'individualisme naturel du peuple américain.
Le système politique démocratique était considéré comme l'équivalent pratique d'une sorte d'égoïsme vigoureux, patenté et purifié. Les responsabilités du gouvernement étaient négatives, celles des individus étaient positives. Et il n'est pas étonnant qu'avec le temps ses responsabilités positives soient devenues de plus en plus grandes. Cet égoisme patenté devint plus dominateur à mesure qu'il devenait plus heureux.
S'il s'élevait une question politique qui gênât en quelque manière ses opportunités, le bon Américain commençait à croire que sa machine politique démocratique était détraquée Lorsque labolitionisme créa une situation de malaise politique, et se mit en travers des bonnes affaires, les Abolitionistes furent traités de méchantes gens qui touchaient à l'arche de la Constitution. De même le réformateur moderne, qui propose des mesures politiques tendant à réduire l'activité des corporations, ou qui se met en travers des transactions immédiates assurant le plus gros chiffre d'affaires possibles, est dénoncé comme anti-américain. C'est par ces voies grossières que se manifesta l'esprit de la démocratie américaine traditionnelle, qui était un esprit d'individualisme effréné, retenu seulement par un système de droits légalement constitués, La pierre de touche du succès national américain fut le confort et la prospérité de l'individu ; et les moyens pour arriver à cette fin, un système d'agrandissement individuel et (l'irresponsabilité collective égah:?inent sans limites.
L'alliance entre le fédéralisme et la domocralie. sur laquelle était basé ce système traditionnel, était excellente dans beaucoup de ses effets ; înalhcurcusciiieiu elle ini|)liquait de la part
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des deux alliés un sacrifice de sincérité et conviction politiques. Et ce sacrifice était plus démoralisant pour les Républicains que pour les Fédéralistes, parce qu'ils étaient le parti victorieux. Un gouvernement central, construit sur les bases de leur credo démocratique, aurait été un gouvernement dont les pouvoirs seraient plus étroits, plus rigides, et plus ineffectivement distribués, que les pouvoirs accordés par notre Constitution fédérale. On peut s'en assurer en étudiant les diverses constitutions d'État, écrites plus tard sous l'influence jeffersonienne. Quand ils arrivèrent au pouvoir, ils étaient placés entre deux alternatives : ou rester fidèles à leurs convictions, en essayant de modifier d'après elles le mécanisme fédéral, ou modifier leurs idées pour les concilier avec leur manière d'agir. Mais au lieu de considérer sérieusement et loyalement la portée de leurs propres actions, ils ouvrirent la bouche assez large pour avaler leur passé, et fermèrent volontairement les yeux. Ils acceptaient l'organisation nationale comme un fait et comme une condition de la sécurité nationale, mais ils la repoussaient en tant que leçon de sagesse politique et de principe implicite d'une action politique. En agissant ainsi, ils commençaient cette carrière de léthargie intellectuelle, de superficialité et d'insincérité qui a toujours caractérisé depuis la pensée politique officielle de l'Amérique. Ce manque d'intégrité intellectuelle do la part de la démocratie américaine falsifia à la fois l'esprit qui avait été à l'origine de nos institutions et compromit sérieusement leur succès futur. I.' Union avait été réalisée grâce à des chefs vigoureux, responsables et entreprenants, et grâce à une philosophie politique saine et solide. Elle allait être maintenue par une équipe <rhf)mmes qui ne croyaient pas à la direction de chefs entreprenants et responsables, et qui avaient abandonné et tendaient à avilir tout < <• (jui n'était pas la routine en matière d'idées poliii(jue.s. Le peuple américain, après avoir traversé une période de réalisations positives, après s'être distingué dans