‹ Les promesses de la vie américaine;Chapitre 2 sur 123 · IV · texte numérisé non relu

IV

AVA.XT-PROPOS.

industriel entraîne V existence de classes sociales et économiques beaucoup plus définies ; il diminue V homogénéité sociale primitive. Le salarié contem.porain nest plus satisfait des résultats économiques inhérents au simple titre de citoyen américain. Trompera-t-on son espoir? Si la Promesse ne peut pas être tenue., la République américaine ne continuera pas plus longtemps à être une démocratie. Au début surtout, quand Jefferson établit la doctrine de V égalité des droits comme principe fondamental de la démocratie américaine, Vambiguité inhérente à V application de la doctrine resta cachée. Les démocrates jacksoniens. par exemple, qui flairaient constam,ment le sol pour dépister une inégalité de traitement, ne pouvaient découvrir aucun exemple de privilèges politiques, excepté le maintien dans leur charge des fonctionnaires expérimentés ; et le seul cas de privilège économique doiit ils fussent certains était celui de la Banque nationale. Le fait est que pour la grande majorité des Américains il y eut le Square Deal aussi longtemps que les ressources économiques de leur pays neuf n'eurent pas été exploitées et appropriées. Uintérêt individuel et V intérêt social coïncidèrent en somme aussi longtc})ips que toutes les chances restèrent ouvertes devant l'homme sans fortune et sans culture, aussi longtemps que l'intérêt public demanda avant tout Vextrême célérité du développement économique.

C'était le triomphe des vues de Jefferson et de sa doctrine de l'irresponsabilité nationale. Bile s'était trouvée, dès l'origine de la République, en opposition avec la théorie de Hamilton Les deux points de vue )ir faisaient que traduire des intérêts et opinions déterminés eux-mêmes par les conditions économiques et politiques de V Amérique de ce temps. Le Fédéralisme correspondait aux aspirations, aux besoins ou aux préférences de citoyens riches, ne

Page 1