LA SITCATIOS CONTEMPORAINE ET SES PROBLEMES
habitable à l'homme, sans négliger, à l'occasion, l'œuvre secondaire de s'assurer sa part des profits. Il y eut de l'ardeur et comme de la frénésie dans l'activité industrielle, commerciale et spéculative qui éclata dès que la paix fut rétablie. Cette activité et ses résultats ont été le fait le plus important de la vie américaine pendant les quarante années qui suivirent, et elle diffère par certains traits caractéristiques de celle qui se manifesta avant la guerre. Il nous faut maintenant examiner les circonstances, les conséquences et la portée de cette révolution économique.
Bien que personne en 1870 ne le soupçonnât, les Etats-Unis inauguraient une phase nouvelle de leur carrière économique ;et ce nouveau système entraînait avec lui des changements radicaux dans l'ordre social. Même avant que la guerre civile éclatât, les riches et fertiles États du centre-ouest avaient un nombre considérable d'habitants. D'un système économique presque exclusivement agricole, ils étaient arrivés à un système plus largement urbain et industriel. Les fermes avaient un matériel d'exploitation très convenable ; de grandes villes s'élevaient, des usines, des fabriques de différentes sortes s'établissaient, et, surtout, l'organisation industrielle du pays se transformait pour s'adapter au transport des chemins de fer. Une société industrielle, relativement bien organisée et bien pourvue de machines et d outillages, se substituait à la société agricole de 1830-1840, qui était sans cohésion, disséminée et dépourvue de tout, sauf d'énergie et d'opportunité. Un tel accroissement d'organisation, de capital et d'outillage devait nécessairement modifier les perspectives et intérêts des habitants du « middle-west », Tout en conservant un grand nombre de leurs traits caractéristiques locaux, leur manière de voir s'était rapprochée, sous certains rapports, de celle des habitants de l'Est. Us avaient cessé d'être des pionniers
Pendant les deux décades qui suivirent la guerre civile, le
territoire encore dans la phase la moinvS avancée de développement agricole comprenait le premier et le deuxième groupe des États situés à l'ouest du Mississipi. Le Missouri, riowa. le Minnesota, le Kansas, le Nebraska et finalement les Dakotas s'ouvraient à la colonisation ; mais, dans leur cas. l'effet et les symptômes de cette condition ne ressemblèrent pas à ceux qui avaient été remarqués dans les premiers États fondés par les pionniers. Leur système économique s'était, dès le début, adapté à l'organisation des voies ferrées ; de là une différence essentielle. Le chemin de fer favorisait une organisation plus vaste et définie et un outillage plus complet. Si les intérêts d'affaires des nouveaux États se trouvaient, et sont encore par-dessus tout, de nature agricole, les chemins de fer avaient modifié la manière d'exploitation des fermes. Après
1870, le pionnier exploitant une ferme était moins soumis qu'autrefois aux conditions et exigences des marchés de la localité et nav'ait plus uniquement à compter sur ses seuls efforts personnels ou l'aide de ses voisins.
Pour ses achats et ses ventes, les marchés du monde lui étaient ouverts. Il lui fallait plus de capital et plus de matériel d'exploitation. Il devait emprunter de l'argent et se livrer à des calculs d'affaires très subtils A tous les points de vue, son milieu économique était devenu plus compliqué et plus étendu, et son succès dépendait beaucoup plus de conditions qui échappaient k son contrôle. 11 ne fut jamais pionnier au sens où les premiers habitants du middle-uest et du Sud l'avaient été, fi il n'a jamais exercé une influence correspondante sur le caractère national américain. Le pionnier avait eu son jour et ce jour était passé. L homme do tous les métiers ne possédait pluH de jonction é(-onoini<|ue importante. Le fermier ordinaire
•lait évidemment encore obligé de si; li\rer à des travaux d arlis.ui de t<jute sorte, mais, en général, il n'était que fermier. I.e travail grossier rommençail à être (consider*"" comme insi-