‹ Les promesses de la vie américaine;Chapitre 42 sur 123 · L'UNION DC TRAVAIL ET LA TRADITION DEMOCRATIQUE · texte numérisé non relu

L'UNION DC TRAVAIL ET LA TRADITION DEMOCRATIQUE

la prospérité générale de la nation semble suffisamment protégée pour l'instant contre l'affirmation agressive des intérêts de classe des syndiqués, l'intérêt public local de certains États et de certaines villes ne saurait être considéré comme aussi bien sauvegardé. De toute manière, l'existence d'un mécontentement agressif de la part des syndiqués devra constituer un problème sérieux pour le législateur et l'homme d'État américain. Y a-t-il quelque fondement à ce mécontentement agressif? Comment se fait-il que le système politique américain, qui se proposait pour but de garantir le bien-être et la prospérité du peuple soit l'objet de tels soupçons et d^une telle irritation populaire ? Ces soupçons peuvent-ils être calmés en entravant les opportunités quelque peu excessives de l'homme riche et en diminuant son influence sur le gouvernement ? Ou bien, ce mécontentement révèle-t-il l'existence de maux économiques plus profonds, ou la nécessité de réformes économiques plus radicales ?

De quelque manière que l'on doive répondre aux questions ci-dessus, il n'y a aucun doute à avoir sur la nature des réponses proposées par les syndiqués eux-mêmes. Les chefs de l'Union rendent souvent un hommage verbal au grand principe américain de l'égalité des droits ; mais ce qu'ils demandent, en réalité, c'est l'abandon de ce principe. Ce qu'ils veulent, c'est un système économique et politique qui établisse une distinction en faveur du travail syndiqué et au détriment du travail non syndiqué. Ils la réclament en s'appuyant sur cette raison que les unions ont prouvé qu'elles étaient l'agent le plus effectif en faveur de l'amélioration économique et sociale du salarié. Les unions concourent d'une manière des plus effectives à l'accomplissement de la tâche traditionnelle attribuée au système démocratique politique américain, — la tâche de relever le niveau des conditions (ordinaires de la vie. d'augmenter le bien-être des humbles. Les unionistes méritent <lr ct^ chef d'être reconnus par

* I'll * Crolt. — M

l'État et d'être encouragés d'une manière active. Il est évident, cependant, que l'on ne pourrait guère prodiguer ces encouragements sans violer la Constitution fédérale et celle d'un grand nombre d'États, preuve manifeste qu'il y a un antagonisme profond entre notre système politique actuel et ce que les unionistes considèrent comme une demande parfaitement légitime. Comme tous les bons Américains, tout en ne demandant verbalement que des droits égaux, ils interprètent la phrase de telle sorte que l'expression de droits égaux devienne l'équivalent de droits spéciaux.

De tous les coups terribles que le système traditionnel des idées et institutions politiques a reçus, au cours du développement politique et économique américain, le plus terrible peutêtre est cette prétention d'un traitement de faveur pour le travail syndiqué. Cela veut dire que les travailleurs américains les plus intelligents et les plus progressifs en viennent à croire que l'organisation politique et économique américaine ne garantit pas suffisamment l'amélioration matérielle du sort du salarié. Cette conviction peut être, dans une grande mesure, fort erronée. Il est certain que les salaires des ouvriers agricoles, non affiliés à un syndicat, ont été augmentés pendant les trente ans qui vienntînl de s'écouler, aussi rapidement que les salaires des artisans .sj'ndiqués. Mais, qu'elle soit erronée ou non. cette conviction est fort répantlue et profondément enracinée ; et le danger (ju'elle peut présenter provient de ce fait, qu'elle assure à un dessein essentielhîmenl révolutionnaire une foule nombreuse et toujours croissante de partisans. Les autres exemples d'organisations pour certains objets spéciaux, que nous avons signalés, ont une tendance conservatrice sup(;rficielle. Le millionnaire et 1(» politicien jîrotes.sionnel tlésirenl avant toutes choses qu un les laisse tranquilles et qu'on leur permette de jouir en paix «lu Iruil de leurs conquêtes. Mais les org.inisalionsdu travail ne p«'uvent pas«'x<Tcer le pouvoir (ju '«'lies

Page 1