L'UNION DU TRAVAIL ET LA TRADITION DÉMOCRATIQUE
estiment nécessaire à leurs intérêts, sans certains changements radicaux dans le domaine politique et économique, et comme leur puissance, selon toute probabilité, ira en augmentant plutôt quen diminuant, le peuple américain aura à envisager la perspective d'un avenir d'agitation persistante, sans scrupule et croissante, en faveur d'une réorganisation économique et politique dans l'intérêt d'une seule classe de citoyens.
Les grandes corporations et les unions ont à certains égards la même relation avec le système politique américain. Leurs défenseurs croient à l'action organisée pour eux-mêmes et à la concurrence pour leurs adversaires. Elles demandent, les unes et les autres, à être protégées et reconnues par le gouvernement, mais ne supportent pas l'idée d'une réglementation gouvernementale effective. Les unes et les autres, elles doivent une partie de leur puissance actuelle à la faiblesse des gouvernements des Etats auxquels elles sont légalement soumises, et elles sont également opposées à une intervention quelconque du gouvernement fédéral, excepté si elle est exclusivement en leur faveur. Cependant elles sont devenues si puissantes qu'elles sont souvent trop fortes pour les gouvernements des États, et, des deux côtés, on négocie, de différentes manières, pour des intérêts particuliers, avec les politiciens qui si souvent dominent les mêmes gouvernements. Ici cesse, forcément, le parallélisme et commence la divergence. Les corporations ont en apparence l'avantage de la situation, parce que les institutions existantes sont plus favorables aux intérêts des corporations qu'à ceux des syndiqués; mais, dun aulrr côlé. les unions ont l'immense avantage d'une grande force numérique toujours croissante. Elles commencent à se servir du vote pour favoriser un intérêt do classe; jusqu'oii s'avanceront-elles sur ce terrain dangeroux? C'est un point (jui reste douteux. En tout cas. il e.st de ^oute évidence que le développement dans ce pays de deux intérêts
Spéciaux si puissants, si peu scrupuleux et si bien organisés, a créé une situation que les fondateurs de la République n'ont jamais prévue et qui demande comme contrepoids un corps plus effectif d'opinion publique et une plus puissante organisation de lintérèt national.