UN SYSTÈME INTERNATIONAL AMÉRICAIN STABLE
Quelques-uns de mes lecteurs en seront, peut-être, arrivés, maintenant, à la conclusion que l'établissement d'un système international pacifique dans les deux Amériques n'est que le masque pieux d'une politique d'agrandissement au profit des États-Unis dans l'hémisphère occidental. Une telle conclusion serait tout à fait injuste. Avant de pouvoir établir un tel S3'stème, il sera peut-être nécessaire, en certaines occasions, d'avoir recours à la force, mais les États-Unis, agissant isolément, ne pourraient que rarement se permettre l'emploi de moyens violents. Comme condition essentielle de la réalisation du système proposé, il faudrait que les hommes d'Etat américains pussent convaincre les Etats de l'Amérique latine du désintéressement de leurs pays ; et ils auront de la peine à y réussir, à moins qu'un ou deux de ces États ne collaborent à l'exécution de ce plan. Les hommes d'État de notre pays peuvent se mettre à l'œuvre sans avoir besoin de coopération, tant qu'ils se contenteront de soulever le sentiment public en faveur d'un tel plan, ou qu'ils s'efforceront d'écarter les obstacles préliminaires ; mais on ne pourra prendre de mesure décisive sans s'être assuré de l'appui d'une certaine proportion des États de l'Amérique latine. Le meilleur moyen d'obtenir cet appui a été déjà indiqué par M. l'-liliu Koot dans le temps quil remplissait h's fonctions officielles do secrétaire d'État. Le i)remior, il s'est efforcé d'arri-
^£•5 PRO.yfESSES DE LA VIE AMERICAISE.
ver à une entente avec les meilleurs éléments de l'opinion Sud- Américaine par la manière sincère et vigoureuse dont il a su définir lintérèt fondamental des États-Unis dans leurs relations avec leurs voisins.
Il y a quinze ans, toute tentative en vue d'obtenir l'appui effectif d'un Etat quelconque de l'Amérique latine eût semblé vouée à un échec certain. Il paraissait impossible de pouvoir, sans employer la force, obtenir de pays, dont le passé évoque des souvenirs si épouvantables de violence et d'instabilité intérieures, des conditions permanentes de conduite pacifique vis-àvis de leurs voisins. Mais récemment il a été construit dans l'édifice politique américain quelques niches où l'on pourra prendre pied. En général la condition politique des Etats les plus puissants de l'Amérique latine, tels que le Mexique, le Brésil, l'Argentine et le Chili, est devenue plus stable et plus saine. Si leur condition de stabilité et de santé persiste, leur prospérité industrielle et commerciale continuera aussi, et, peu à peu, leurs desseins politiques deviendront plus clairs et plus significatifs. Dès que cette phase sera atteinte, il deviendra possible aux hommes d'État américains d'estimer avec précision la résistance des obstacles probables que rencontrerait tout mouvement en vue d'un accord international. On pourrait alors prendre successivement des mesures tendant à écarter ces obstacles ; et, si elles sont sages, la question entière d'un accord international pourrait être posée avec (juelque précision.
Il se peut que ces obstacles soient difficiles à vaincre; mais, si l'on pouvait convaincre les Latino-Aniéricains du désintéressement de notre pays, ils ne semblent pas insurmontables. L'adhésion à un système international américain permanent impliquerait, nalurelleinenl, un certain sacrifice il'iiulé])endance de la part des différents États contractants ; mais, en retour de ce sacrifice, leur situation à l'i-^anl deleurs voisins se trouverait assurée. Ils renonceraient au droit de faire la guerre,
UN SYSTEME LXTERNATfOyAL AMEBIC AL\ STABLE.
et y gagneraient en retour une garantie de leur indépendance sous d'autres rapports et la probabilité d'une période indéfinie de développement régulier dans l'ordre économique et social. S'ils doivent jamais être amenés à accepter un renoncement de cette nature, cela dépendra, naturellement, de la conception que se seront faite alors les États latino-américains de leur intérêt national. Tant que l'un d'entre eux caressera des projets qui ne peuvent être réalisés que par la guerre, la situation internationale dans l'hémisphère occidental restera semblable à celle de l'Europe. Des intentions agressives, manifestes ou latentes de la part d'une nation quelconque, provoquent chez ses voisins une humeur arrogante et soupçonneuse. Il serait prématuré de prédire si le développement économique et politique des Latino-Américains pendant la prochaine génération sera en faveur d'une organisation internationale belliqueuse ou politique ; mais si l'on considère la géographie politique de l'Amérique du Sud et les intérêts manifestes des divers Etats qui la composent, il ne semble pas qu'aucun d'entre eux ait autant à gagner à une organisation militante qu'à une condition de sécurité internationale relative.
La condition intérieure de quelques-uns des Etats latinoaméricains présente un obstacle sérieux à la création d'un système international américain stable. Un tel système présuppose une condition de paix intérieure. Les divers Etats contractants doivent posséder des organisations politiques permanentes et sincèrement nationales ; une telle organisation n'est pas possible, tant que persistent la tradition et l'habitude des révolutions. Comme nous l'avons constaté, les habitudes politiques des lùats les plus importants, sous ce rapport, se sont énormément améliorées ; mais il reste encore un certain nombre de pays d'une importance moindre chez lesquels le droit à la révolution est honoré comme le principe essentiel de leur démocratie La véritable conduite à tenir envers de tels pays est un j)roblème
épineux. Selon toute probabilité, on ne pourra jamais établir un système international américain sans être obligé d'avoir recours à la force pour la pacification d'un ou plusieurs de ces centres de désordres. On ne devrait, évidemment, employer de ces moyens coercitifs qu'en cas d'absolue nécessité, et il ne serait pas juste de priver les habitants de ces États de leur droit à la révolution, à moins que des mesures effectives ne soient prises en même temps pour supprimer les motifs qui servent d'excuses plus ou moins légitimes aux soulèvements révolutionnaires. Bref, tout système international américain pourrait avoir à entreprendre, dans des États comme le Venezuela, une tâche semblable à celle des Etats-Unis relativement à Cuba. Pour assurer à toute entreprise en vue d'assurer la stabilité intérieure sinon le succès, du moins un caractère désintéressé, il suffirait de la participation ou de l'adhésion formelle
■ des divers États contractants.
Pour commencer, les États-Unis ont déjà efficacement contribué à cette grande œuvre par la pacification de Cuba et les efforts tentés pour introduire un peu d'ordre dans les affaires des républiques turbulentes de l'Amérique Centrale. La construction du Canal de Panama a éveillé dans ce pays un intérêt exceptionnel pour le triomphe de l'ordre et d'un bon gouvernement dans le territoire compris entre Panama et le Mexique. I)ansun avenir j)r<)(:hain, on di-rouvrira ([uc notre occasion la meilleure d'améliorer les conditions politiques internationales dans l'hémisphère occidental se trouve sur ce terrain relativement étroit, mais d'un point de vue ég<yiste particulièrement important. Dans cet es})ace restrcMul on .se trouvera en présence les mêmes obstacles que sur un plus vaste espace, et le succès • iépendra de l'emijloi ilc niêmi's moyens et de la manifestation
de qualités seml)lables. Un ne peut accomplir ((ue peu de chose I.ms l'Amérique Centrale sans la coopération du Mexique et si on i\(' parvient pas a convaincre les hommes d'iùat mexicains
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des intentions désintéressées de ce pa3^s. De même, toute recrudescence des soulèvements populaires au Mexique augmenterait considérablement les difficultés et les périls de cette tentative. D'un autre côté, le succès obtenu en établissant, avec la coopération du Mexique, un état de sécurité politique et de stabilité relative dans l'Amérique Centrale, serait d'un bon augure pour le succès d'une entreprise plus grande et plus difficile en vue d'accomplir une œuvre semblablf' dans tout l'hémisphère américain.
Le plus grand obstacle à l'établissement d'un système international de paix américaine se trouve du côté du Canada. Si un pareil système devait se constituer, le Canada devrait, assurément, en faire partie. Cependant il ne pourrait pas en faire partie à moins d'un changement radical dans les relations avec la Grande-Bretagne. Le Canada est lié au système de l'empire britannique ; sa politique et sa destinée dépendent de la politique et de la destinée de la Grande-Bretagne. Il est satisfait de sa situation, non seulement parce qu'il est animé de sentiments de loyalisme envers la mère patrie, mais parce qu'il croit que son association à la Grande-Bretagne garantit son indépendance relativement aux Etats-Unis. Un grand nombre de Canadiens nourrissent la conviction profonde que les Etats-Unis ne désirent rien tant que l'annexion du Dominion, et l'unique chose au monde qu'ils se proposent d'empêcher et de combattre, c'est une tentative heureuse contre leur indépendance. C'est l'atti- Lude naturelle à un peuple numéri([ucnient faible, séparé par une longue frontière, impossible à défendre, d'un voisin puissant par la force et le nombre; et bien que ce voisin n'ait positivement rien tail depuis la guerre de \^\2 ([ui puisse })rovoquer «le pareils .soupçons, il n'a rien fait, d'un autre côté, pour les ajKiiser. Nous n'avons jamais essayé de nous assurer le bon vouloir des Canadiens, sous aucun rapport, et nous n'avons jamais fail<[uoi <|ue ce soit pour établir avec eux de meilleures
relations. Cependant, à moins d'établir de telles relations, les Etats-Unis perdront un allié indispensable pour fonder un système politique satisfaisant dans l'hémisphère occidental et en même temps le peuple américain se trouvera dans la situation, pénible pour une démocratie sincère, de n'avoir su créer qu'appréhension et inimitié chez ses plus proches voisins et les plus intelligents.
Dans ces circonstances, le premier objet de la politique étrangère des États-Unis devrait être de mettre sur un meilleur pied ses relations avec le Canada. Il fut un temps où ce résultat aurait pu être obtenu par la négociation d'un traité libéral de réciprocité commerciale. Si la politique commerciale des États- Unis avait été déterminée par le seul souci de l'intérêt national évident plutôt que par les intérêts d'un groupe d'industries spéciales, un traité de cette nature aurait été signé, il y a déjà bien des années. Une belle occasion fut perdue, quand les négociations échouèrent à la fin du siècle dernier, parce que depuis lors le Canada n'a fait que resserrer ses liens commerciaux avec la Grande-Bretagne ; ces liens seront encore plus étroits à mesure que le Canada deviendra un grand pays exportateur de blé Mais tout en admettant l'impossibilité de conclure un arrangement aussi avantageux que celui qui aurait pu se faire il y a vingt-cinq ans. l'intérêt national exige, de toute évidence, la négociation d'un traité le plus satisfaisant possible, à l'époque actuelle. Si l'on permet aux intérêts spéciaux de quelques industries de faire indéfiniment obstacle à ce projet, nous manifesterons par là notre incapacité à poursuivre une politique étrangère éclairée et vraiment nationale. Nous jn^rterons la maniue, dont nous nous serons Ih-iris nous-niênu-s, d'inu' démocratie de simples trafi(iuants, incapable de subordonner les intérêts égoïstes d'un petit nombre de ses citoyens à la réalisation d'une politique unissant certains avantages commerciaux à un but national essentiel. 1 )e inéine (jue le maintien du i.irif élev»'* des
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droits protecteurs est la plus claire indication possible de la domination des intérêts spéciaux sur les intérêts nationaux dans la politique intérieure, de même l'opposition résolue que ces industries manifestent à l'emploi du tarif comme instrument de politique étrangère nationale, suggère la réflexion que le premier devoir des États-Unis comme nation est de prouver qu'ils entendent échapper à ce servage en révisant le tarif. Cette question intéresse non seulement le Canada, mais les républiques de l'Amérique du Sud ; et l'on peut dire, sans crainte de se tromper, que la politique actuelle de protection aveugle est un obstacle absolu à la réalisation de ce système politique américain amélioré, qui, dans les affaires étrangères, est le corollaire de l'amélioration individuelle et sociale à l'intérieur.
Le résultat désirable de la liberté commerciale la plus grande possible entre le Canada et les Etats-Unis serait de préparer la voie à une association politique plus étroite. Je n'entends pas par là l'annexion du Canada aux Etats-Unis. Une telle annexion pourrait bien n'être pas avantageuse, même avec le consentement du Canada. Ce que je voudrais, c'est une reconnaissance politique quelconque du fait que les véritables intérêts du Canada dans les affaires étrangères coïncident plus avec les intérêts des Etats-Unis qu'avec ceux de la Grande-Bretagne. L'intérêt de la Grande-Bretagne à l'indépendance de la Hollande ou au maintien de la puissance turque en Europe pourrait entraîner l'Angleterre dans une guerre européenne, qui ne serait pour le Canada qu'une question de sentiment, mais qui pourrait l'exposer à des dommages sérieux. Au fond, le Canada a besoin, autant que les Etats-Unis, dans son intérêt politique et commercial, de ne pas se trouver mêlé aux complications européennes. J^ diplomatie officielle et non officielle des Etats- Unis devrait s'efforcer de convaincre le Canada de la vérité de celte assertion. Une telle p()lili({ue n'est pas de nature à nous attirer nécessairement rinimiiié de la Grande-Bretagne. En vue
des dépenses croissantes et des responsabilités en Europe et en Asie, r Angleterre a beaucoup à gagner à concentrer ses forces et à se retirer en partie du continent américain, dans la mesure où elle pourrait le faire sans se dérober à ses responsabilités envers le Canada. Le besoin de cette retraite s'est déjà manifesté par la diminution de sa flotte dans les eaux américaines, et si ses dépenses et ses difficultés en Europe et en Asie viennent à s'accroître, elle pourrait trouver avantageux de conclure avec le Canada et les États-Unis un arrangement qui reconnaîtrait que le Canada a un intérêt de premier ordre à échapper aux vicissitudes politiques exclusivement européennes.
Un pareil arrangement est bien lointain, mais il semble que. dans certaines éventualités de l'avenir, un traité sur les bases suivantes pourrait être accepté par la Grande-Bretagne, le Canada et les États-Unis. Les gouvernements américains et anglais se porteraient mutuellement garants de l'indépendance du Canada. Le Canada, de son côté, contracterait avec les États- Unis une alliance en vue du maintien de la paix sur les continents américains et de l'établissement d'un système politique internaticmal américain. Le Canada et les Etats- LTnis, à leur tour, conviendraient de prêter l'appui de leurs forces navales à la Grande-Bretagne dans le cas d'une guerre européenne, mais uniquement dans le but de protéger les cargaisons de blé et autres vivres dont la Grande-Bretagne pourrait avoir ])esoin. Les avantages d'un pareil arrangement seraient, assurément, .substantiels et bien répartis. Le Canada aurait le sentiment de sécurité de son indépendance et se trouverait à l'abri de complications européennes sans aucun rapport avec ses intérêts. Les États-Unis y gagneraient un appui, absolument essentiel à lu pa<:ification effective du continent américain et n'auraient, pour se procurer cet aj)pui. qu'à contracter un engagcmcni «ontorine à leurs intérêts comme pui.ssance exportatrice de denrées alim(rnlaires. La Grande-Bretagne, en échange d'une responsa-
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bilité coûteuse, aurait l'assurance de ne pas être privée de nourriture dans le seul événement que les Anglais doivent redouter — c'est-à-dire une guerre européenne générale avec de grandes puissances maritimes comme adversaires. Un tel accord serait, naturellement, aujourd'hui, prématuré et ne saurait être dis- .-uté ; mais il suggère lidée de l'espèce de traité qui pourrait amener la Grande-Bretagne à C4)nsentir à l'émancipation nationale du Canada et qui pourrait être conclu sans mettre en péril l'indépendance canadienne.
Tout développement systématique de la politique étrangère des États-Unis dans le sens proposé semblera extravagant à la majorité des Américains. Ils n'admettront pas qu'il soit désirable, parce que l'Américain a pour habitude de proclamer des doctrines et des politiques, sans prendre en considération leurs conséquences, le mécanisme nécessaire pour les mettre à exécution, ni le poids des responsabilités encourues. Mais en estimant au point de vue pratique la politique proposée, il faudra dégager l'idée essentielle, des méthodes possibles pour la réaliser — telle que celle du traité suggéré entre les États-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada. Il est possible qu'un accord suivant ces indications ne soit jamais praticable ni prudent, mais la justesse de l'idée essentielle ne sera nullement infirmée par l'abandon d'un détail. Cette idée exige que des arrangements effectifs et clairvoyants soient faits pour prévenir les objections futures inévitables de la part des nations européennes contre une intransigeance absolue de la Doctrine de Monroe. Un accord semblable ne sera possible qu'en vertu de la coopération du Canada, du Mexique et aussi de quelques-uns des Etats sudaméricains. C'est aux dii)l()niates cl aux hommes d'Ktat américains de découvrir peu à peu les moyens pratiques d'arriver à une entente dans des circonstances données. Un homme sincère doit admettre que les obstacles à cet accord peuvent devenir insurmontables. Il peut se produire tel événement qui
en retarde indéfiniment la réalisation. 11 est possible que ni le Canada, ni la Grande-Bretagne ne consentent à un arrangement av'ec les États-Unis. Il est possible qu'un ou plusieurs des Ktats de l'Amérique du Sud prennent une attitude agressive vis-à-vis de leurs voisins. Il est possible que leurs passions, leurs préjugés, leurs méfiances ne leur fassent préférer les hasards et les charges de préparatifs militaires et leur indépendance théorique absolue, alors même que leurs intérêts évidents leur conseilleraient une conduite différente. Il est possible que les conséquences de quelque guerre générale en Europe ou en Asie aient leur contre-coup dans les deux Amériques et entraînent la situation internationale à un état de mésintelligence et de confusion sans espoir. En vérité il est très probable qu'en Amérique et en Europe la route conduisant à un règlement international permanent quelconque sera obstruée de monceaux de cadavres, hauts comme des montagnes, et ne pourra être livrée à la circulation qu'après une longue suite d'expériences abortives et coûteuses. Mais tout éloigné et précaire que soit l'établissement d'un systèmeinternationalaméricain, les hommes d'Etat de l'Amérique ne doivent pas le considérer comme un but nécessairement irréalisable, hors de propos ou indigne qu'on v pense. Alors même que la volonté, l'intelligence ou le pouvoir nous feraient défaut pour le mener à bien, l'effort systématique pour établir un système de paix américaine est une conséquence tout aussi évidente et inévitable du principe national démocratique tjue l'effort pour faire contribuer nos institutions intérieures à l'ci-uvro d'amélioration individuelle et sociale.