‹ Les promesses de la vie américaine;Chapitre 7 sur 123 · XI · texte numérisé non relu

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progrès social ». L'histoire des doctrines politiques et du développement économique aux Etats-Unis nous montre que la démocratie ainsi entendue ne saurait se réaliser automatiquement. Elle est l'idéal conscient et volontaire d'une destinée nationale et elle implique la responsabilité nationale . Pour être fidèle à ses origines et à ses destinées, la démocratie américaine doit se débarrasser du préjugé qui trop longtemps lui fit regarder avec défiance le principe national. Et réciproquement rien ne doit plus mettre l'esprit national en défiance contre le principe démocratique. La démocratie américaine n'a de structure propre et de véritable vie que comme organisme national. La nation américaine elle-même n'est rien si elle ne réalise la démocratie. C'est là sa promesse originelle. Il faut revenir à la Promesse de la vie américaine. On s'en est écarté à mesure que se développa l'ajitagojiisnie des deux doctrines divergentes qui étaient en présence dès le début de la carrière nationale des Etats-Unis : le « Républicanisme » de Jefferson et le « Fédéralisme » de Hamilton. Elles pactisèrent en fait dans un cotnpromis dont on s'acco))imoda en prenant bien garde de ne pas l'examiner de trop près. L'instinct de conservation servit bien l< peuple américain et plutôt que de tant philosopher, ne vaut-il pas tnirux. r)i effet, obéir à la volonté de vivre? Le peuple américain voulait vivre : il vécut sur ce compromis. On se contenta de déclarer que les Etats-Unis devaient rester, d' une manière ou de l'iiulre, une nation libre cl unie, parce iiu'il ne peut y avoir ni union cotnplète sans liberté, ni liberté salutaire en dehors de l union. Mais les difficultés que soulève cette phra.se, on ne s'y arrêta pas, estimant déjà bien beau d'avoir trouvé une formule optimiste qui enveloppait les aspects divergents des doctrines républicaine et fédéraliste. On ne les vit point parce qu'on ne voulait pas les voir, parce

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quit était indispensable qu on ne les vît pas. Mais le jour est venu oit Villnsion nest plus possible et oit il faut donc essayer de supprimer le désaccord et de donner à la « noble théorie nationale » une énergie et une intégrité quelle n'a pas encore trouvées. C'est la tâche que s'est proposée M. Herbert Croly dans sa « reconstruction critique des idées politiques américaines ». Nous comprenons maintenant pourquoi il estifne n'avoir fait que revenir ainsi à la Promesse de la vie américaine en substituant au vieux sentiment d'une destinée qui s'accomplirait de soi un idéal en qui s harmonisent , respectivement redressés de leur perversion originelle, le principe national et le principe démocratique. Les Etats-Unis ne seront vraiment une démocratie qu'à la condition de devenir davantage encore une nation.

Dans cette conception d'une démocratie nationale, le principe hamiltonien de responsabilité nationale l'emporte sur le principe jeff ersonicn . « Le nationalisme de Hamilton peut être adapté à la démocratie sans altération essentielle ; )}iais la démocratie de Jefferson ne saurait être nationalisée sans se transformer. Une démocratie capable de se consacrer au bien-être de l'ensemble par un travail conscient de progrès individuel et social dcniand(- pour sa réalisation l'aide du principe et de l'organisation nationalistes de Ilûniilton ». C'est le pr/ncipe des déni(U/\ites américains qui fait les frais de cette synthèse : tie disons pas le principe démocratique. Toute la reel ijiealion de M. Herbert Croly a consisté précisément, en effet, à r<(lresser h' principe natio)uil. qt/i- ILiniiltO)i avail perverti en l'opfiosatit au principe democrat iqui\ et le priii-

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