‹ Les prophètes d'IsraëlChapitre 10 sur 13 · Le livre de Job, introd., p. xzu · texte numérisé non relu

Le livre de Job, introd., p. xzu

136 LES PROPHÈTES D’ISRAEL ils ne sont pas remplis de chaldaïsmes, sont formés de centons empruntés aux anciens. S'il en

est quelques-uns d’originaux, et dignes d’une plus

belle époque, ces exceptions ne tirent pas à conséquence. La poésie lyrique a seule le privilége d’être de tous les temps. Ce que le chant, a de puissance pour aider la mémoire et nous assimiler en quelque sorte les anciens modèles, est incalculable. On peut avec ce secours et un vif enthousiasme improviser quelques couplets, -et produire un petit chef-d'œuvre, sans être capable de soutenir longtemps ce vol audacieux.

Que les âmes pieuses ne s’effrayent point de mon langage. Il leur semblera trop humain en traitant de livres dont le Saint-Esprit est le principal auteur. Mais qu'elles se rappellent qu’en ce qui touche à l’élocution, Dieu a laissé à ses organes leur part d'action, afin que leurs écrits portassent lempreinte de leur génie, de leur éducation et de leur siècle. Dans une controverse comme la

nôtre, 1l nous est indispensable de nous arrêter

à ce point de vue.

Si de ces caractères généraux du style, je passe à des points plus spéciaux, je trouverai dans les

deux groupes d’oracles qu'on prétend isoler l’un |

de l’autre un choix de comparaisons, de tableaux

et d'images absolument identiques, qu'ils soient | pris dans les souvenirs de l’histoire ou dans les!

LES PROPHÈTES D’ISRAEL 137 spectacles de la nature les plus gracieux ou les plus terribles C’est un fleuve qui déborde!, une tempête accompagnée de grêle qui porte la désolation dans les campagnes, ou un nuage rafraichissant qui les arrose; c'est un abri contre l'orage, ou contre les ardeurs d’un soleil d’été?; ce sont des sources vives qui jaillissent miraculeusement au milieu du désert sablonneux, et le changent en un Jardin délicieux * ; ce sont les charmes de l’innocence primitive qui revivent au temps du Messie, les serpents sans venin, et les plus fiers animaux dépouillés de leur férocité naturelle#. Iei c’est un souvenir du crime et du châtiment de Sodome et de Gomorrhe; plus loin c’est la menace d’un feu inextinguible qui consumera les impies*. Croit-on que toutes ces coïncidences tiennent à un pur hasard? La nature et l’histoire sont, il est vrai, deux mines ouvertes à tous. Mais 1l ne s'ensuit pas que tous y doivent puiser les mêmes richesses, suivre la même veine, et Jeter le métal qu’ils en tirent dans le même moule.

N'oublions pas l’usage si familier à Isaïe de mettre dans la bouche des générations futures

1. Isaïe, vaux, 7; xxvinr, 2, 18; xxx, 28; uix, 19, 2, 1v, 6; xxv; 4, 5: xxvint, 2, 17; xxx11, 19.

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