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MONARCHISME SÉMITIQUE. — LE BAAL-SHAMIN

En second lieu, le caractère vague et mal défini des divinités sémitiques les préparait à toutes les combinaisons syncrétiques. Les dieux principaux, très éloignés du monde, très redoutables et en même temps peu personnalisés, vont s’enrichir de tous les attributs des dieux voisins et des dieux secondaires.

Enfin la nature céleste et lumineuse des divinités rendait possibles les savantes constructions de la théologie astrale. L'idée grecque d’un cosmos était étrangère à l’Orient ; pourtant sous l'influence babylonienne on devait arriver de bonne heure à la conception d’un ordre astronomique! et par là à la doctrine d’un summus deus créateur et directeur de l’univers.

Les dieux supérieurs des Sémites occidentaux représentaient les grandes forces de la nature et du ciel. Cétaient Rashouf le dieu de la foudre et de la tempête”, Hadad et Ramman, dieux de l'atmosphère’, Shamash le dieu de la lumière et du jour‘. Astarté était

sance d’un seigneur et souverain de la nature et de tous ses phénomènes ; le trait caractéristique de la piété sémitique c’est le respect, la soumission à genoux et dans la poussière à la puissance divine. Dans l’un comme dans l’autre cas, est caché le germe d’une protestation contre la pluralité des dieux, qui ne peut être admise sans une limitation de leur domaine, sans un partage et par suite un affaiblissement de la crainte qu’on leur doit ».

1 Winckler, Himmels und Weltenbild der Babylonier.

2 Le culte de Rashouf était très populaire chez les Phéniciens et les Araméens. À l’époque de la conquête égyptienne il avait été importé eu Egypte. Maspéro, Histoire ancienne I], p. 154 à 158.

3 Hadad, la divinité suprême des Damascéniens, identifiée avec Ramman, le dieu de l’orage. Lagrange, Relig. sémitiques, p. 93 ; F. Jeremias, Les Syriens et les Phéniciens dans le Manuel de Chantepie de la Saussaye. p. 171-172 et Dussaud, Notes de mythologie syrienne, p. 114 à 116.

4 De bonne heure le culte du Shamash babylonien avait immigré en Syrie-Palestine. Nous le trouvons peut-être en Canaan, Josué XV, 10 ; XXI, 16 et sûrement en Syrie dans les inscriptions de Sindijirli. J. Halévy, Nouvel examen des inscriptions de Sindjirli.

la déesse de la pleine lune ! et le Melkart tyrien le dieu du soleil d'hiver *. à

À l’époque du syncrétisme, aux premiers siècles avant notre ère, ces divinités grandissent encore et nous voyons apparaître le puissant dieu solaire le Baal-shamin. Ce seigneur des cieux se trouve surtout dans les inscriptions de date récente. Mais il était déjà connu à l’époque assyrienne. L'inscription du roi Zakir de Hamath vers 800 av. J.-C. * et un traité d’Asarhaddon avec Tyr le mentionnent expressément‘. A côté de lui les autres divinités n’ont plus qu’une importance secondaire et elles tendent à être considérées comme ses manifestations. Dans l’inscription d’Eshmounazar, l’Astarté sidonienne est appelée Shem Baal nom de Baal”, c’est-à-dire manifestation du Baal ‘ et dans les inscriptions puniques Tanit est presque toujours qualifiée de Péné Baal, face de Baal.

À l’époque grecque les Baalim des grands sanctuai-

1 J’Astarté phénicienne est fréquemment symbolisée par un taureau avec la pleine lune entre les deux cornes.

2 Dussaud, op. cit., p. 142 à 147 et 156 à 161.

3 Cette inscription a été découverte en 1903 par Pognon :

« Stèle élevée par Zakir, roi de Hamath. Le Seigneur du ciel m’a (élu), et s’est tenu près de moi ; le Seigneur du ciel m’a fait roi. Et contre moi... se rassemblèrent et s’unirent les rois (suit la liste des rois coalisés et de leurs officiers). Et tous ces rois lancèrent leurs troupes contre Hazrak. Alors je levai les mains vers le Seigneur du ciel et le Seigneur du ciel m’exauça. Le Seigneur du ciel m° [envoya un oracle] par les voyants et les [et parla] à moi le Seigneur du ciel : Ne crains rien. Je t’ai fait roi, Je me tiendrai près de toi et je te sauverai de tous les [rois qui] ont lancé des troupes contre toi. »

Traduction dans Gressmann-Ungnad, Altorientalische Texte, p. 173-174.

+ Zimmern K. I. A. T., 3, p. 357.

5 Inscript. d'Eshmounazar, Corpus inseriptionum semiticarum I, p. 9 à 20 Lidzbarski, Alfsemitische Texte, p. 16 à 19 ; Lagrange, Religions sémitiques, p. 483-487.

6 Baethgen, Beiträge…., p. 267-268,

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