PANTHÉISME SYNCRÉTIQUE
res reçoivent les magnifiques épithètes de dieu très haut ÿuoro', de dieu très grand péyioro”, ou bien de dieu éternel mar’olam*. Ces dieux sont essentiellement des divinités solaires, qu’ils s'appellent Bel, Hadad, Malakbel, Shamash, ils ne sont que des variantes du Zebe oùpavros de l’hellénisme. Toutes les forces de lunivers manifestent leur activité et toutes les autres divinités sont leurs auxiliaires. « Les dieux sémitiques a dit F. Cumont, tendaient à devenir des « Panthées » embrassant tout dans leur compréhension et identifiés avec la nature entière. Les diverses déités ne sont plus que des aspects différents sous lesquels se fait connaïitre l’'Etre suprême et infini. La Syrie restée dans la pratique profondément et même grossièrement idolâtre se rapprochaïit cependant théoriquement du monothéisme ou si l’on préfère de l’hénothéisme * ».
Tel sera le dernier aboutissant et la plus haute manifestation du génie religieux sémitique en dehors d’Israël”.
1 Ex : Inscript. de Palmyre « au dieu béni », Lagrange, Relig. sèém., p. 507-508.
AN dbiotw xai ETNx0w 2 Ex : Inscript. d’Et-Tayyibé ibidem, p. 508-509. Aù peyioruw xepauvi # Inscript. d’Et-Tayyibé ibidem, Lebaal shamin mar’olam.
4 F. Cumont, Les religions orientales dans le paganisme romain, 2° édit., Paris 1909, p. 196-197.
5 Le véritable monothéisme sémitique doit être cherché non dans le panthéisme des religions syriennes mais plutôt dans la religion d'Allah aux temps préislamiques. Dès le vi° siècle p. C., Allah était considéré par les tribus arabes comme le dieu suprême — sans que pour cela les cultes particuliers et les religions locales eussent disparu. Allah n’est pas le dieu d’un culte spécial. Aucun sanctuaire ne lui est dédié. Maïs il est celui qui a fait le monde et qui le dirige, celui qu’on invoque au jour du besoin, celui qui punit le vol et le meurtre et qui préside aux rapports pacifiques entre tribus. Wellhau-
Mais il n’y a rien de commun entre ce syncrétisme moniste et la religion des prophètes. Les cultes syriens sont les manifestations d’une civilisation très avancée et très affinée. Ils ont paru à l’heure de la fusion des peuples lorsque l’Orient et l'Occident, Athènes et Babylone mêlaient ensemble leurs mœurs, leurs rites et leurs croyances. Alors le monde antique a regardé vers les Baalim et il a cherché dans les vieilles religions sémitiques une réponse à ses aspirations vers l’unité des nations et l’unité des dieux :.
Nous avons vu d'autre part que le monothéisme d’Israël s’était développé en opposition avec tout syncréüsme. Les prophètes ont lutté pour le dieu national, et c’est en affirmant rigoureusement leur fidélité pour Iahvé et pour Israël qu’ils sont arrivés à la religion de l'humanité. Il y a là un développement absolument inverse de celui que nous avons constaté chez les Sémites payens.
sen, Reste, p. 215 à 230 ; Houtsma, L’Islam dans le Manuel de Chantepie de la Saussaye, p. 252 à 259 ; C. Huart, Histoire des Arabes, Paris 1913, I p. 9 à:42;
Wellhausen a décrit cette dissolution du paganisme arabe et a montré comment l’influence des marchés, fêtes et pélerinages fut le grand facteur du mélange des religions. Le temple de la Mecque était devenu. le sanctuaire principal et Allah fut considéré comme le seigneur de la Kaaba.…
Il est probable que cette évolution vers le monothéisme ne s’est pas opérée indépendamment de toute impulsion étrangère, Les Juifs et les chrétiens étaient très nombreux au nord de l’Arabie et leur action se faisait sentir jusqu’au centre de la péninsule. Au reste jusqu’à l’apparition de Mahomet la religion arabe n’a jamais été qu’un monarchisme polythéiste., Les dieux tribaux ne pouvaient complètement disparaître car l’existence même de la tribu dépendait de leur conservation.
1 La diffusion des cultes syriens et les besoins religieux que cette diffusion supposait ont préparé la propagande chrétienne. Bien plus, le panthéisme oriental a exercé une influence profonde sur les doctrines et les institutions de l’Eglise,