‹ Les Prophètes d'Israel et les religions de l'OrientChapitre 11 sur 130 · LOIS DE PURETÉ. LA CIRCONCISION · texte numérisé non relu

LOIS DE PURETÉ. LA CIRCONCISION

code de coutumes cultuelles”. « La distinction morale entre bien et mal dominait beaucoup moins la religion populaire que la distinction sacramentelle entre pur et impur?. » Etait considéré comme impur tout ce qui touchaïit à la naissance, à la maladie et à la mort. L'état de deuil, le contact des cadavres, les relations conjugales pendant la crise menstruelle, ou les relations avec une femme enceinte rendent impur. Il est aussi défendu de manger de certaines viandes, du porc et des bêtes étouffées.

Ici encore, les Israélites se rattachent par leurs croyances et leurs pratiques à leurs voisins sémitiques. Chez eux, comme chez les Cananéens, les Araméens, les Arabes, l’idée de tabou est primitivement étrangère à toute préoccupation éthique ou rationnelle.

On peut en dire autant de la circoncision. Cette vieille coutume des Sémites occidentaux n’était nullement inspirée (quoi qu’en ait pensé Renan*) par des motifs utilitaires et hygiéniques. C’est un rite d’origine très ancienne, un hommage sanglant au dieu de la tribu‘ dont les Israélites ont fait plus tard le signe auquel l’on reconnaissait les membres de la nation et les adorateurs de Iahvé.

lahvé et les élohim. — La monolâtrie

Le iahvisme populaire n’a rien de monothéiste. Non seulement Iahvé doit compter avec les élohim

1 Exode XXXIV, 14-26.

? Wellhausen, Israelilische und jüdische Geschichte, 4° Ausgabe, Berlin, 1901, p. 104.

$ Renan, Hist. d'Israël, 1, p. 123 à 125.

* Exode IV, 26. « Sur le chemin, dans un lieu où Moïse passait la nuit, Iahvé vint à la rencontre de Moïse et voulut le tuer. Séphora prit une pierre tranchante, coupa le prépuce de son fils, et en toucha les pieds de Moïse en disant : « Tu es pour moi un époux de sang ! »

voisins, mais il doit encore les recevoir dans son sanctuaire. Israël à toutes les époques de son histoire reste ouvert aux influences syncrétiques de l’Orient. Les Cananéens lentement conquis et assimilés exercèrent une action profonde sur leurs vainqueurs. Les Baalim seigneurs de la terre se maintinrent longtemps à côté de Iahvé. Jusqu'au vin siècle, ils eurent leurs autels et leurs fidèles. Osée reproche à son peuple d’offrir de l’encens aux Baalim sur les bamoth*.

Canaan se trouvait d’ailleurs au carrefour des peuples, une terre de transition où s’exerçaient toutes les influences du Nord et du Midi. C'était non seulement l'influence des peuples syro-palestiniens, les parents ou les voisins d'Israël, mais c'était aussi l’action très ancienne et très profonde des grandes civilisations d'Egypte et de Babylone. Dès la fin du III millénaire, tout l’Orient, depuis l’'Euphrate jusqu’au Liban et jusqu'aux déserts du sud-ouest, avait été conquis par la langue et les coutumes de la Chaldée. La Palestine du temps d'El Amm#na, même soumise à l’Egypte, était vraiment une province babylonienne par la civilisation? La domination égyptienne (du xvi® au x siècles) avait-elle aussi laissé sa trace. Les soldats et les fonctionnaires du Pharaon apportaient au pays des Khâti leurs usages, leurs cultes et leurs croyances”!

1 Osée II, 8-16 ; IV, 12-13 ; XI, 2.

? Les découvertes d'El Amaena nous montrent comment les vassaux du roi d'Egypte correspondaient avec leur suzerain sur des stèles et en langue babylonienne. D’autre part, les fouilles palestiniennes nous montrent que le babylonien était non seulement la langue diplomatique, mais la seule langue écrite en Canaan. Gressmann, Die Ausgrabungen, p. 14-24. P. H. Vincent, Canaan, p. 427-446. Winckler, Die Wellanschauung des alten Orients, Leipzig, 1904. C. Niebhur Anmraona-Zeit, Leipzig, 1899.

* L'influence égyptienne sur Canaan, trop méconnue il y a quelques années, est attestée par les découvertes de l’archéologie pales-

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