‹ Les Prophètes d'Israel et les religions de l'OrientChapitre 121 sur 130 · LE PANTHÉISME ÉGYPTIEN · texte numérisé non relu

LE PANTHÉISME ÉGYPTIEN

est auprès de vous pour inscrire les décrets qui sortent de votre bouche,

Dans un hymne conservé sur un papyrus thébain, c’est Ptah qui est considéré comme la force active du monde.

Salut à toi, Ptah Tatounon, toi le grand dieu dont le visage est caché, père des pères de tous les dieux, Chnoum formateur des dieux, générateur des hommes, conservateur de toute vie. Tu n’as pas de père qui t’ait engendré dans ta forme, tu n’as point de mère qui tait enfanté, tu t’es fait toi-même. Tes pieds sont sur la terre et ta tête touche les cieux. Tu portes les œuvres que tu as faites et tu te soutiens toi-même par ta propre puissance... Ta force a soulevé le ciel, le souffle de ta bouche est dans la tempête. Les vents sortent de tes narines, les eaux de ta bouche et les arbres fruitiers ont germé sur ton dos. ?

Mais c’est surtout dans l’adoration de Rä dans l’Ament et de Temt dans l’Ament, La litanie du soleil publiée par Naville, que nous trouvons l’idée fondamentale de la théologie solaire. Or, ici, Rà n’est pas seulement le dieu créateur, il est le Dieu-Tout. Il est acciamé soixante quinze fois avec des attributs et des noms différents et toutes les grandes divinités du panthéon égyptien, les dieux de l’ennéade sont successivement identifiés avec lui.

Adoration à toi Râ ! Puissance suprême. Le maître des sphères cachées qui fait surgir les essences, qui réside dans l’obscurité, qui naît sous la forme de l’enveloppe de l’univers.

Le scarabée qui replie ses ailes, qui se couche dans l’empyrée, qui naît comme son propre fils.

Touen qui enfante ses membres (dieux), qui façonne ce qui est en lui, qui naît dans l’intérieur de sa sphère...

1 Traduct. d'Erman, La Religion égyptienne, p. 116. 2 Traduct. de Brugsch, Religion und Mythologie der alten Ægypter, p. 514-515.

Celui qui descend dans les sphères d’Ament, sa figure est celle de Toum. \

Celui qui descend dans les mystères d’Anubis, sa figure est celle de Chepra.

Celui dont la taille est si grande qu’elle cache sa forme, sa figure est celle de Shou.

Celui qui conduit Râ dans ses membres, sa figure est celle de Tefnout, etc. k

Le dieu aux nombreuses formes dans la sainte lumière...

Le souverainement grand qui embrasse l’empyrée, sa figure est celle de l’esprit qui embrasse l’espace.

Celui qui cache son corps en lui-même, sa figure est celle du dieu au corps caché.

Celui qui réunit les substances, sa figure est celle de la réunion des substances...

L’Essence éternelle qui parcourt l’empyrée, sa figure est celle de l'Essence éternelle. 1

Ce poème se trouve à l’entrée des tombes royales de Thèbes, et dans l’adoration de Rà s’exprime l’ardente aspiration du défunt à retourner dans la substance universelle. « Son désir le plus ardent, conclut Naville, son espérance la plus vive, c’est son identification complète avec Râ... Il faut qu’il arrive à être la même personne que Râ, qu’il soit Rà lui-même, qu’on ne puisse absolument pas distinguer lequel est le père de l’autre. en un mot que sa personnalité, son individualité se noie et disparaisse dans celle de Rà de laquelle elle est sortie * ».

Salut à toi, enveloppe universelle qui crées ton âme et qui fais croître ton corps. Le roi te parle comme Râ, il te loue par son inte)ligence ; le roi est pareil au dieu et réciproquement...

O Temt qui es Râ et réciproquement salut. L’Osiris royal est l’un

1 Naville, La litanie du soleil, Leipzig 1875, p. 109 à 111. 2 Naville, La litanie du soleil, p. 122 et 123. Conf. La Religion des anciens Egyptiens, p. 111 à 116.

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