‹ Les Prophètes d'Israel et les religions de l'OrientChapitre 126 sur 130 · ON GA ASS · texte numérisé non relu

ON GA ASS

At PA PES

/: GULTE DE MARDOUK ET DE NABOU 307

Tishou est Mardouk pour l’armée, Soukamouna est Mardouk pour lirrigation!t

On dirait qu’au milieu de la foule changeante des dieux, l’adorateur cherche un point ferme. La piété a besoin d’un dieu unique.

Peut-être faut-il expliquer ainsi la grande popularité du culte de Nabou vers la même époque. Nabou était le dieu des prêtres, le dieu scribe. Comme tel il est le fils et le ministre de Mardouk. Mais bientôt son importance grandit. Il tient les tablettes du destin, le livre de la vie. Il est donc redoutable et vénérable parmi les immortels”. Déjà les rois d’Assyrie aimaient à l’invoquer de préférence à tout autre dieu. Sur une statue élevée par Adadnirari on lisait cette inscription :

A Nabou, le chef majestueux, le prince puissant, dont le décret est élevé, au subtil messager des dieux qui règne sur l’ensemble du ciel et de la terre, à celui qui entend de loin, qui tient l’écritoire, qui sait (.…), au miséricordieux, à celui qui rend les oracles (.….), au bien aimé de Bel, au Seigneur des seigneurs, à celui dont la puissance n’est pas contestée et sans lequel rien n’est décidé dans le ciel, au miséricordieux qui pardonne, dont la bienveillance est salutaire à tous les humains...

A tout prince à l’avenir : Confie-toi en Nabou et ne te confie en aucun autre dieu !°

Faut-il voir dans cette solennelle dédicace une intention politique ? Les Assyriens auraient-ils voulu opposer Nabou à Mardouk ?*. Cela est assez peu probable.

1 Trad. par Ungnad dans Gressmann, Altorientalische Texte, p. 100. Conf. A. Jeremias, Monotheistische Strôomungen, p. 26 ; Delitzsch, Babel und Bibel, p. 80 à 82.

2 Zimmern, K. 1. À. T., p. 399 à 404,

# Traduction de Winckler, Keilinschriftliches Textbuch zum A. T. p. 23-24.

4 C’est l'opinion de A. Jeremias, Monotheistische Strômungen, p. 28-29,

Nous avons plutôt ici l'enthousiasme de l’adorateur qui, en exaltant son dieu, tend à le placer au, sommet du panthéon et à lui subordonner toutes les puissances de la terre et du ciel.

Dans une prière d’Assourbanipal nous voyons le roi d’Assyrie consultant Nabou à la veille d’une de ses guerres. Il s'adresse au dieu comme un fils s'adresse à son père et Nabou lui répond. Et il y a dans cette conversation un touchant abandon de l’âme, une foi grave et profonde.

J’adhère fortement à toi, Nabou, dans l’assemblée des dieux, Mes ennemis n’atteindront pas à mon âme,

Je me tiens devant toi, ô champion des dieux tes frères, (Moi), Assourbanipal, à jamais, pour toujours,

Je suis prosterné aux pieds de Nabou ;

(Ne me délaisse pas), Nabou, au milieu de mes ennemis !

—— Moi, Nabou, je suis avec toi, Assourbanipal, jusqu’à la fin des Tes pieds ne fléchiront pas. tes mains ne faibliront pas, [jours ; Jamais tes lèvres ne se fatigueront en ma présence,

Ta langue ne fourchera pas sous ton palais ;

Car je t’ai donné une parole bonne,

Je marche devant toi et introduirai ta personne dans E-mashmash.

Courbé dans sa robe, Assourbanipal se présenta à Nabou, son sei-

— Que ton secours opportun, ê Nabou, ne m’abandonne pas. [gneur :

Ma vie est écrite sous tes yeux, mon âme est confiée au sein de

[Bêlit.

Que ton secours, opportun, puissant Nabou, ne m’abandonne pas au [milieu de mes ennemis.

Un vent répondit par la bouche de Nabou, son seigneur :

— Ne crains pas, Assourbanipal, je te donne longue vie ;

De souffles bons je pourvois ton âme !

Cette mienne parole te bénira dans l’assemblée des grands dieux !

Assourbanipal ouvrit ses bras et s’approcha de Nabou, son seigneur : — Celui qui a embrassé les pieds de la souveraine de Ninive, ne peut [perdre dans l’assemblée des grands dieux, Celui qui s’est associé à la clientèle de Nabou, ne peut péricliter [parmi ses ennemis.

Au milieu de mes ennemis ne m’abandonne pas, 6 Nabou ! Au milieu de mes persécuteurs ne m’abandonne pas !

LES PSAUMES DE PÉNITENCE 309 CRE Re SR ES 2

— O petit, ô Assourbanipal, je t’ai confié à la souveraine de Ninive ; O pauvre, 6 Assourbanipal, je t’ai placé dans le sein de la souveraine [de Ninive !

De quatre mamelles placées près de ta bouche, tu en as sucé deux, [des deux autres tu couvres ta figure, Et tes ennemis, Ô Assourbanipal, se perdront comme les. à la sur- [face de l’eau...

Tu les briseras à ton approche, comme les. devant un puissant. Et tu resteras debout, Assourbanipal, face aux grands dieux, pour [glorifier Nabou :,

Mais les documents les plus personnels et les plus vivants de la piété babylonienne sont encore les psaumes de pénitence. Des prières, lamentations, litanies de diverses époques et pour divers usages rituels ou magiques, nous montrent l’adorateur prosterné dans le sentiment de sa misère et de ses fautes et suppliant le dieu miséricordieux de lui pardonner et de le guérir.

Ici il faut citer en premier lieu ce magnifique hymne à Ishtar où les élans d’adoration se mêlent à la supplication anxieuse :

Incantation. Je t’implore, souveraine des souveraines, déesse des [déesses, Ishtar, reine de la totalité des hommes, directrice des humains ! Irnini, ô exaltée, maîtresse des Igigi, Tu es forte, tu es princesse, ton nom est sublime ! Toi, tu es la lumière des cieux et de la terre, la fille vaillante de Sin, Dirigeant les armes, établissant le combat, Réglant toutes les lois, portant la couronne du pouvoir ! Bêlit, ta grandeur est brillante, élevée sur tous les dieux, Les sanctuaires, les temples, les demeures et les appartements sacrés [espèrent en toi !

Où ton nom n'est-il pas ? Où ne sont-ils pas tes décrets ?

1 Trad. Scheil, Choix de textes, p. 7 et 8. Martin, Textes religieux assyriens et babyloniens, p. 26 à 33. Jastrow, Relig. Babyloniens und Assyriens, I, p. 442 à 444.

Où ne sont-elles pas dessinées tes images ? Où ne sont-ils pas fon-

[dés tes sanctuaires ?

Où n’es-tu pas grande ? Où n’es-tu pas sublime ? : Anou, Bel et Ea t’ont exaltée, parmi les dieux ils ont grandi ta

[souveraineté, Ils t'ont élevée, dans l’ensemble des Igigi, ils ont fait prévaloir ta A la pensée de ton nom, le ciel et la terre se calment, [place.

Les dieux sont en repos, les Anounnaki sont sans mouvement !

Ton nom terrible, les hommes le vénèrent.

Toi tu es grande et tu es sublime,

L'ensemble des humains, la multitude des hommes sont soumis à ta

[force,

Le jugement des hommes dans la justice et la droiture tu le juges, [toi !

Tu regardes le malfaisant et le destructeur, tu (les) diriges dès le [matin !

Ta parole de délivrance, 6 dame des cieux et de la terre, bergère des

[gens faibles !

Ta parole de délivrance, ô Bélit, toi, dont les pieds ne se fatiguent

[pas, dont les genoux courent !

Ta parole de délivrance, Ô dame de la bataille, de tous les combats !

L’éclatante qui fait rage parmi les Igigi, qui soumet les dieux irrités !

Puissante sur tous les princes tenant le sceptre des rois, « Ouvrant les liens de toutes les esclaves,

Elle est élevée, elle est proclamée ! ô vaillante Ishtar, grande est ta

[puissance !

Brillant flambeau des cieux et de la terre ! Eclat de toutes les

Terrible dans le combat, sans rival, forte dans la mêlée, [demeures !

Flamme qui s'allume contre les ennemis, qui cause la destruction des

O stimulante Ishtar, qui rassemble les troupes, [puissants ; Déesse des hommes, déesse des femmes, dont nul n’apprend la déci- Là où tu regardes, le mort vit, le malade se lève ; [sion !

L’injuste devient juste en voyant ta face !

Moi je t’invoque, soupirant, gémissant, souffrant, ton serviteur !

Regarde-moi, Ô ma souveraine, et accueille ma prière,

Regarde-moi véritablement, et entends ma supplication !

Dis ma délivrance, et que ton cœur s’apaise !

Délivrance de mon corps affligé, qui est plein de troubles et de désor-

[dres !

Délivrance de mon cœur souffrant, qui est plein de pleurs et de [soupirs !

Délivrance de mes tristes présages troublés et confus !

Délivrance de ma maison angoissée qui profère des plaintes !

PSAUMES À ISHTAR

Délivrance de mon âme qui est saturée de pleurs et de soupirs ! ….Que tes yeux bienveillants soient sur moi, De ton visage brillant regarde-moi avec fidélité !7,

C’est ainsi que dans les psaumes de pénitence l’Ishtar voluptueuse ou guerrière fait place à la déesse bienveillante, à la mère consolatrice qui a pitié des pauvres pécheurs. Et l’orant élève vers elle sa confession et sa lamentation. Ishtar lui pardonnera, Ishtar le guérira.

Incantation. O Ishtar.…..

Déesse miséricordieuse..…..

Qui exauces la prière...

…Bêlit-ili, ô colossale souveraine, tendre mère qui habite les cieux

Je t’ai implorée, ma souveraine, lève-toi, exauce-moi. [splendides,

Je t’ai cherchée, je me suis tourné vers toi ; comme le vêtement de [mon dieu et de ma déesse j'ai saisi ton vêtement,

Car juger mon jugement, rendre ma sentence,

Car faire vivre, sauver, est en toi,

Car tu peux conserver mon intelligence.

O Bêlit-ili, souveraine auguste, tendre mère,

Au milieu des nombreuses étoiles du ciel, Ô souveraine.

ton est dans mon esprit.

Accepte de moi cette offrande de farine, accueille ma prière.

Puissé-je t’envoyer à mon dieu irrité, à ma déesse irritée,

…O Bêlit-ili, souveraine colossale, par ta parole auguste qui est dans

Et ta protection fidèle, inviolable.. [PE-kur,

Que mon dieu irrité revienne. que ma déesse irritée,

Que le dieu de ma ville dont le cœur est irrité, furieux contre moi,

Qui est courroucé, qu’il se calme, lui qui est en fureur ?.

Ishtar n’était pas seule à recevoir la prière du pécheur. On pouvait aussi s’adresser à Mardouk le magicien des dieux ou à Shamash le dieu du jugement, ou à d’autres

1 Traduction du P. Dhorme, Choix de lexles religieux assyro-babyloniens, p. 356 à 361. Conf. Zimmern, Babylonische Hymnen und . Gebete I, p. 19 à 22.

2 Martin, Textes religieux assyriens et babyloniens, p. 12 à 17.

membres du panthéon. Dans certains textes le nom de la divinité que l’on invoque n’est même pas indiqué. “4 L’orant prie le dieu ou la déesse qu’il connaît, ou qu’il

ne connaît pas, sans, les désigner autrement. Cest à cette catégorie de prières sans suscription qu’appartient Jhymne suivant.

Ma déesse...

qui connaît, (Ô mon dieu, ta demeure),

Ton habitation splendide (ton séjour) ?

Comme le roseau NA-A je suis (dans la tristesse) ;

Tourne vers moi ton cou que tu en as (détourné).

Tourne ta face du haut de ton brillant séjour (des cieux).

Que tes lèvres répondent ce qui est bon ; (dis : Que je prospère). De ta bouche auguste, dis : (Que je prospère). Au travers du mal, fais-moi passer intact, fortifie-moi, "4 Fixe pour moi un destin de vie, TRE Prolonge mes jours, accorde-moi la vie.

O mon dieu auguste, créateur de tous les hommes,

Je suis dans l’affliction, ma tristesse est grande.

La terre approche de l’abîme ; qu’elle emporte ma tristesse. qu'il accueille mes lamentations.

La faute que j’ai faite, je ne (sais pas) ;

Le péché que j’ai commis, Je ne (sais pas). ENS Un péché en ce qui n’était pas de mon dieu et de ma déesse“.

Nous possédons un psaume avec cette étrange dédicace : « Lamentation de soixante-cinq lignes dédiée à n’importe quel dieu. » Ce n’est nullement une prière au dieu inconnu, mais un modèle d’oraison qui pouvait servir dans toutes les circonstances. On pourrait layrpeler « la confession des péchés » de la religion babylonienne.

Que la fureur soit apaisée dans le cœur du Seigneur ! Le dieu que je ne connais pas, qu’il soit apaisé !

* Traduct. de Martin, Textes religieux assyriens et babyloniens, p. 56-57.

La déesse que je ne connais pas, qu’elle soit apaisée !..

Que le cœur de mon dieu soit apaisé !

© Seigneur, mes péchés sont nombreux, grands mes méfaits,

Mon dieu, mes péchés sont nombreux, grands mes méfaits.

Ma déesse, mes péchés sont nombreux, grands mes méfaits.

Dieu que je connais, que je ne connais pas, mes péchés sont nom-

[breux, grands mes méfaits.

Déesse que je RAILS, que je ne connais pas, mes péchés sont nom-

[breux, grands mes méfaits.

Le péché que jai commis, je ne le connais pas,

Le méfait que j’ai commis, je ne le connais pas...

Le seigneur dans la colère de son cœur il m’a regardé méchamment : Le dieu dans l’indignation de son cœur il m’a frappé ;

La déesse s’est irritée contre moi et m'a rendu malade.

J’appelle au secours et personne ne me tend la main,

Je pleure et on ne vient pas à mon côté,

Je pousse des cris et personne ne m’écoute..

Je me tourne vers mon dieu miséricordieux, je l’implore à voix haute, Je baïse les pieds de ma déesse, je la touche ;

O Seigneur, regarde vers moi, reçois mes supplications,

O déesse, regarde vers moi, reçois mes supplications.…

Jusqu'à quand, Ô mon dieu ?.…

Jusqu'à quand, ma déesse ?.…

:O dieu, ne repousse pas ton serviteur ;

Quand il est tombé dans les eaux fangeuses, saisis-lui la main !

Le péché que j’ai commis, change-le en bien,

La faute que j'ai faite, puisse le vent l’emporter,

Et mes nombreux méfaits, enlève-les comme un vêtement !

Mon dieu, mes péchés seraient-ils sept fois sept fois, efface mes {péchés !

Ma déesse mes péchés seraient- ils sept fois sept fois, efface mes [péchés !:

On ne saurait parler de l'inspiration monothéiste de ces psaumes. À. Jeremias et Baentsch doivent reconnai-

1 Traduct, de Zimmern, Babylonische Hymnen und Gebele TX, p. 22 à 24 et K. I. A. T., p. 611-612. M. Jastrow, Religion Babyloniens und Assyriens, p. 101 à 104. Gressmann Ungnad Altorientalische Texte, p. 90 à 91. Conf. traduction française dans Dhorme, La religion assy-

ro-babylonienne, p. 237-238,

: ù F F me e pa + 314 CHAPITRE IX. — LE MONOTHÉISME ORIENTAL

tre que nous sommes ici en plein polythéisme. L’adorateur se sent entouré d’un grand nombre de génies et de dieux. Il y a les esprits malfaisants de l’animisme qui envoient à l’homme le malheur et la maladie et qui remplissent son âme d’angoisse et d’épouvante. Pour être délivré du malheur on implore une divinité protectrice qui a toute puissance sur les démons ou bien un dieu intercesseur qui transmettra la prière au dieu irrité. Et à côté du dieu on n’oublie jamais de mentionner la déesse parèdre.

Mais à côté de ce polythéisme fondamental il y a dans la poésie religieuse des Babyloniens une piété très intime et très intense. Nous sommes ici sur le vrai terrain de l’expérience religieuse, sur le terrain de la vie intérieure. La divinité est considérée comme le garant de la loi ; celui qui pèche se sent dans un état anormal vis-à-vis d'elle. Et ïl est juste que dans sa colère le dieu frappe le coupable. Mais les dieux sont aussi des êtres miséricordieux, ils ont pitié, ils font grâce au pauvre pécheur, ils guérissent le malade.

On a souvent comparé les psaumes babyloniens aux psaumes pénitentiaux de lAncien Testament. Et vraiment les analogies sont saisissantes. M. Jastrow a pu signaler de très nombreux textes parallèles. Il ne faudrait pas conclure pour cela à l’origine babylonienne de lx poésie du Psautier. Les ressemblances sont surtout formelles. Elles consistent beaucoup plus dans le ton et dans l’expression que dans le fond même de la pensée religieuse. On peut se demander si ce sentiment du péché très développé correspond à un idéal de justice. La volonté des dieux était-elle une volonté morale ? Trouve-t-on dans la religion babylonienne la grande idée proclamée à toutes les pages de la prédication des prophètes de l’Ancien Testament, et que l’Avesta du parsisme exprime en ces termes : « Le désir du Seigneur est la règle du bien! » Sans doute les dieux

n’étaient pas des êtres capricieux et amoraux. La reli- gion ne restait pas absolument étrangère à l’éthique. Une tablette magique énumère longuement les fautes

que les dieux punissent. La loi religieuse ordonne les devoirs de famille, les devoirs de bienfaisance, le respect des biens et de la personne du prochain, la fidélité aux contrats.

A-t-il séparé le fils du père, A-t-il séparé le père du fils,

A-t-il séparé la fille de la mère,

A-t-il séparé la mère de la fille,

A-t-il séparé la belle-fille de la belle-mère, x

A-t-il séparé la belle-mère de la belle-fille,

A-t-il séparé le frère de son frère,

A-t-il séparé l’ami de son ami,

A-t-il séparé le compagnon du compagnon ?

…N’a-t-il pas délivré le prisonnier, n’a-t-il pas délié celui qui est N’a-t-il pas fait voir la lumière à celui qui est en prison? enchaîné; À-t-il dit au prisonnier : qu’on le prenne ! à l’enchaîné : qu’on l’en- .…A-t-il offensé un dieu, a-t-il méprisé une déesse ? [chaîne ! Son péché est-il contre son dieu, sa faute, contre sa déesse ?.,

Y a-t-il eu offense contre l’aïeul, haine contre le frère aîné ?

A-t-il méprisé le père ou la mère. a-t-il maltraité la sœur aînée ? A-t-il concédé en une petite chose, en une grande chose ?.…

A-t-il dit : oui ! au lieu de : non!

A-t-il dit : non ! au lieu de : oui !

A-t-il dit des choses qui ne sont pas claires ?

A-t-il dit des paroles de révolte, des paroles outrageantes ?

A-t-il employé une balance fausse ?

A-t-il pris de l’argent non légitime, refusé de l’argent légitime ? A-t-il déplacé la borne juste, a-t-il placé une borne fausse ?

A-t-il pénétré dans la maison de son prochain,

S’est-il approché de la femme de son prochain,

À-t-il versé le sang de son prochain ?

A-t-il dérobé le vêtement de son prochain ?

N’a-t-il pas délivré l’homme libre dans sa détresse ?

A-t-il chassé l’homme bon de sa famille ?

A-t-il dispersé une famille réunie,

S’est-il révolté contre un préfet ?

Sa bouche était-elle juste, mais son cœur faux ?

Sa bouche (disait-elle) ceci, son cœur (pensait-il) cela ?

LE

A-t-il marché à la suite du mal, | : 11 OR ON TONER A-t-il franchi les frontières de la justice, ; pee R 0 A-t-il fait ce qui n’est pas beau ?: | es

Ce texte nous rappelle la confession de l’'Egyptien + avant la pesée de l’âme. Et il n’est assurément pas isolé dans la littérature babylonienne. Dans un petit poème didactique retrouvé dans la bibliothèque d’Assourbanipal, les devoirs envers le prochain sont placés sur le même plan que la prière et le sacrifice, et considérés ie comme des devoirs envers les dieux : à

Ne calomnie pas, parle avec bienveillance, Ne dis point de mal, dis le bien ! ; st a Celui qui calomnie en disant du mal, 5 Sbamash prendra sa tête comme châtiment...

Puisses-tu avoir un cœur pieux devant ton dieu !

C’est ce qui convient à la divinité :

Prière, supplication humble, adoration... £ Celui qui craint les dieux, ne criera pas (en vain vers eux) ; Fire Celui qui craint les Anounnaki, prolongera (ses jours). & Avec ton ami et ton compagnon ne dis rien de mal, Ne dis rien d’inconvenant, mais dis le bien... NS: As-tu promis quelque chose, donne-le..

Tu ne dois pas asservir (tes frères) avec tyrannie, Celui qui fait cela, son dieu s’indignera contre lui.

Il n’est pas agréable à Shamash, Shamash lui rendra le mal, En de Distribue des aliments, donne du vin à boire. A (Cherche ?) vérité prends soin et (.….) k ee Celui qui fait cela son dieu se réjouit à son sujet ; FN II est agréable à Shamash, Shamash lui rendra le bien. k RS Apporte secours, épargne (le faible). ? | His È

4 e A LI 4 Malgré tout il faut reconnaître avec Jastrow * que le sentiment de la coulpe morale n’apparaît que d’une 49 e

1 Traduct. Dhorme, La religion assyro-babylonienne, p. 226 à 229. Conf. Gressmann Ungnad, Aliorientalische Texte, p. 96 à 98.

2 Gressmann Ungnad, Altorientalische Texte, p. 98-99.

5 M. Jastrow, Relig. Babyloniens und Assyriens II, p. 133-134.

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