‹ Les Prophètes d'Israel et les religions de l'OrientChapitre 2 sur 130 · RUES · texte numérisé non relu

RUES

EN

contre moi. Et Kamosh le chassa de devant ma face ; je pris de Fa

Moab deux cents hommes en tout ; je les fis monter à Iahas et je la pris pour ajouter à Daibon.….

Et Kamosh me dit: « descends et combats contre Horonaïm

[......] » Kamosh dans mes jours [......], l’année [......]2

A côté de cette religion tribale, nous trouvons chez les Sémites une tendance au naturisme. Avant d’être les rois et les protecteurs d’un peuple, les dieux sémitiques étaient les esprits des forêts et des montagnes, de l'air et des astres. Les élohim aiment les eaux vivantes et les

verts ombrages. Et l’on offrait un culte à la source

sacrée, au lac sacré, à l’arbre, térébinthe, cyprès ou palmier. La divinité peut aussi s’incorporer dans une simple pierre non taillée. Sur tous les bamoth se dressait le béthyle devant lequel on sacrifiait les victimes :.

1 Traduction de Renan, Hist. d'Israël, Paris, 1895, II, p. 303 à 305. Conf. Lidzbarski Altsemitische Texte, Giessen, 1907, p. 5 à 9 et la traduction de Ungnad dans Gressmann, Altorientalische Texte, Tübingen, 1909, p. 172-173.

2 Von Baudissin ne voit dans l’arbre sacré et l’eau sacrée que des symboles ou même des accessoires cultuels. Pour les Sémites, les eaux, les sources ne sont pas divines par elles-mêmes comme chez les Aryens. Les divinités sont essentiellement célestes et lumineuses. Les arbres ne sont que des signes, des symboles de la divinité qui habite le ciel, mais qui donne à la terre sa force de vie et qui fait pousser les rameaux de l’arbre comme elle fait jaillir les sources. » Studien zur semitischen Religionsgeschichte, 1876-1878, II, p. 152 et

Pour P. Lagrange, l’eau et l’arbre seraient des accessoires du culte, plutôt que les objets du culte. L’eau était l’instrument de purification par excellence. L’ombre mystérieuse du bois sacré ne devait pas faire défaut dans le sanctuaire. Peut-être l’arbre vert et l’eau vive apparaissaient-ils comme des manifestations de la vie divine. Etudes sur les religions sémitiques, 2° édition, Paris, 1905, p. 158 à 180.

Il se peut qu’il en ait été ainsi à l’origine. Mais il reste vrai que l’adorateur divinisait le symbole cultuel et finissait par le confondre avec le dieu lui-même et par lui rendre un culte superstitieux,

poisson à Atargatis.

- o Mais c’est surtout dans les phénomènes de lat-

mosphère et dans les phénomènes lumineux que les dieux se manifestent’, Car la divinité est presque tou-

Aujourd’hui encore, on trouve de nombreuses traces du culte des eaux, des arbres et du culte des pierres dans lOrient christianisé et islamisé. Curtiss, Ursemitische Religion im Volksleben des heutigen Orients, édit. allemande, Leipzig, 1903, p. 90 à 100.

1 Voici un hymne babylonien au dieu terrible de l’orage, le dieu armé de la foudre, Ishkourri = Adad = Ramman :

«© Ishkourri dieu resplendissant sage (?) et très grand...

Père Ishkourri, maître de la tempête dieu sage et très grand...

Ishkourri SPP du ciel, taureau magnifique, dieu resplendissant

sage (?) et très grand...

Ton éclat couvre le pays comme un vêtement,

Ton tonnerre (?) ébranle la grande montagne, le père Moullil, Ton mugissement fait trembler la grande mère Ninlil. »

Traduct. Gressmann Ungnad, Altorientalische Texte zum A. T,

Un hymne à Sin acclamait en ces termes le Dieu lune, maître des hommes et des dieux :

« Incantation. Sin, Lumière éclatante (des cieux brillants) ! Sin, brillant, qui éclaires (la nuit) ; Qui portes la clarté parmi les peuples (vastes), Aux hommes à la tête noire, il t’appartient de montrer le droit chemin. Brillante est ta lumière dans les cieux (purs) ; Eclatant est ton flambeau, comme Gibil ( JE . Ta clarté remplit la vaste terre.

Anou des cieux dont personne ne connaît les décisions, Immense est ta lumière, pareil à Shamash, ton premier-né, » Trad. Et. Combe, Hist. du culte de Sin en Babylonie et en Assyrie, Paris, 1908, p. 104.

Et dans un psaume à Ishtar, on célébrait l’étoile du matin et Pétoile du soir, a « La lumière des cieux qui, comme le feu, flambe dans le pays, LS

c’est toi.

Jeune fille Ishtar ornement des cieux ! 25

— LE IAHVISME POPU

jours de nature nee et l'adoration du a et dé . lumière est un des traits essentiels des religions sémitiques *. Chez les Babyloniens, le signe qui représentait le dieu ilu était aussi primitivement le signe de l'étoile. Lo. religion assyro-babylonienne devait aboutir de bonne heure à l’organisation d’un panthéon astral. Mais ce n’est pas seulement chez les plus civilisés parmi les Sémites que nous trouvons le culte des astres. Les nomades de l'Arabie adoraient aussi le dieu soleil et le dieu lune et le déew At&tlar, l'étoile du matin?. Et nous verrons comment les Israélites, malgré les protestations des prophètes réformateurs et jusqu’aux derniers jours de Jérusalem, offraient des sacrifices à toute lar- mée au ciel.

La divinité chez les Sémites est beaucoup moins individualisée que chez les peuples indo-européens. Renan a parlé du caractère abstrait et de l’incapacité mythologique de la pensée religieuse sémitique :

Qui es ornée d’une parure de pierres précieuses, ornement des cieux ! O sœur de Shamash, ornement des cieux !

Dans les cieux brillants pour accomplir les présages, je me lève avec

perfection...

Je suis Ishtar, déesse du soir,

Je suis Ishtar, déesse des matins,

Ishtar qui ouvre la fermeture des cieux brillants pour ma gloire,

J’apaise les cieux, je calme la terre pour ma gloire !..

Celle qui flambe dans la terrasse des cieux, celle dont le nom est brillant dans le monde habité »

Traduct. P. Dhorme, Choix de Textes religieux assyro-babyloniens, Paris, 1907, p. 366 à 369.

1 D’après Wellhausen, tous les dieux seraient célestes et les esprits démoniaques seuls seraient terrestres. Reste arabischen Heidentums, p. 209.

Mais les dieux célestes étaient localisés sur la terre, et même il y avait place pour des dieux de la terre à côté des dieux du ciel. Les … Babyloniens nommaient les Anounnaki en même temps que les Igigi.

2 F, Hommel Grundriss der Geographie und Geschichte des alten Orients, I, München, 1904, p. 84 à 90.

Va:

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