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IAHVÉ DIEU LÉGISLATEUR

Entre Iahvé et la nation il y a désormais une alliance indissoluble. C’est par l’intermédiaire de Moïse à la montagne de Dieu au Sinaï que cette alliance a été conclue’, Le Décalogue et le code de l’alliance en sont la charte.

Car Iahvé est le Dieu législateur... Cette conception n’était pas nouvelle. Toutes les anciennes législations — à Babylone, en Grèce, à Rome comme en Israël — viennent des dieux. La loi devait toujours descendre du ciel terrible et mystérieuse, gravée sur les tables de

pierre par une main divine en des lieux innommés *.

1 Ainsi Iahvé est uni à son peuple, non par un lien naturel, mais par un lien historique, un libre contrat.

Les documents J. E. nous donnent le récit circonstancié de la conclusion solennelle de cette alliance au Sinaï (Exode XIX et XXIV ; E. XIX, 2 à 19 ; XXIV, 3 à 8, 12 à 14 ; I. XIX, 20 à 25 ; XXIV, 9 à 11).

On sent bien que c’est là pour l'historien prophétique l'heure décisive de l’activité de Moïse et de la vie d’Israël.

? Hammourabi a reçu ses lois des dieux. Il a été établi par les dieux de Babylone, Anou, Bel, Shamash, Mardouk, « pour donner le bien-être aux hommes, pour créer le droit dans le pays, pour anéantir le méchant et le pervers, pour que le fort n’opprime plus lesFaible” » ]I appelle les malédictions divines sur ceux qui n’obéiront pas à ses lois et qui changeront ses commandements. P. Scheil, La loi de Hammourabi, Paris, 1906 ; Winckler, Die, Gesetze Hammurabis, Leipzig, 1906.

La législation, dans l’antiquité, était toujours d’origine religieuse, elle était une partie de la religion. « Elle était la religion même, s'appliquant aux relations des hommes entre eux. Les anciens disaient que leurs lois leur étaient venues des dieux. Les Crétois attribuaient les leurs, non à Minos, mais à Jupiter ; les Lacédémoniens croyaient que leur législateur n’était pas Lycurgue, mais Apollon. Les Romains disaient que Numa avait écrit sous la dictée d’une des divinités les plus puissantes de l’Italie ancienne, la déesse Egérie. Les Etrusques avaient reçu leurs lois du dieu Tagès. Il y a du vrai dans toutes ces traditions. Le véritable législateur chez les anciens ce ne fut pas lPhomme, ce fut la croyarce religieuse que l’homme avait en soi. » Fustel de Coulanges, La cité antique, 13° édit,, Paris, 1890, p. 221.

Mais ce qui fait la valeur unique de la législation iahviste c’est son caractère éthique et idéaliste.

Et d’abord, Iahvé est le Dieu fort et jaloux qui ne supporte pas d’autres dieux devant sa face. L’hénothéisme est devenu un principe strict. Les élohim étrangers peuvent coexister et s’associer. Suivant le hasard des conquêtes et des alliances s’organisaient les panthéons polythéistes. Maïs Iahvé ne se laisse pas classer dans une hiérarchie divine. Il veut être adoré seul. Celui qui sacrifie à d’autres dieux que Iahvé sera voué à l’extermination. lahvé ne supporte pas les images faites de main d’homme, les représentations d’astres et d’animaux, les veaux d’or, les téraphim domestiques. La majesté du Dieu vivant est au-dessus de cette grossière idolâtrie.

Le rite et le symbole n’ont qu’une importance secondaire. Le Décalogue du chapitre XX de l’Exode ne parle même pas de sacrifice ; non qu’il exclue les cérémonies du sanctuaire, mais parce que ces cérémonies ne sont pas l’essentiel. Le livre de l’Alliance renferme des ordonnances cultuelles, mais le culte qu’elles décrivent est simple et d’une grande liberté..., la liberté et la simplicité des temps patriarcaux. Il convient de remercier Iahvé qui donne les fruits de la terre et les produits du troupeau. Il est bon de se réjouir devant l’élohim bienfaisant en offrant les holoth et les shelämim sur l'autel rustique.

Ce que Iahvé demande avant toute chose, c’est l’accomplissement du devoir social. Il faut que l’Israélite vive selon la justice en honorant son père et sa mère, en respectant la personne et la propriété de son prochain. Toute atteinte au lien familial et national est une injure contre le Dieu d’Israël.

La portée de ces commandements ne dépasse guère le cadre de la nation. Le prochain, c’est toujours l’Israélite. La volonté de lahvé, c’est la sécurité et la prospérité du

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