‹ Les Prophètes d'Israel et les religions de l'OrientChapitre 24 sur 130 · L’'HISTOIRE SAINTE · texte numérisé non relu

L’'HISTOIRE SAINTE

puis il l’établit au-dessus de tous les êtres vivants. Mais le serpent, le plus mauvais de tous les esprits naturistes, séduisit Eve et l’homme et la femme se révoltèrent contre Iahvé. Ce fut le premier péché, le commencement des misères et des douleurs de l’humanité déchue. Chassés du jardin d'Eden, Adam et Eve donnent naissance à Caïn et à Abel. Caïn tue son frère par jalousie ; et Iahvé chasse le meurtrier de devant sa face. Les enfants de Caïn croissent et se multiplient sur la terre ; ils inventent les premiers arts et forment une société profondément corrompue. Et lahvé se repent d’avoir fait l’homme. Par le déluge, il balaye la race adultère et détruit les œuvres d’une civilisation malfaisante'. Noé le juste est sauvé lui et sa famille, et l'humanité commence à nouveau. Mais elle ne tarde pas à s'engager comme auparavant dans les voies profanes. Les hommes bâtissent la tour de Babel et c’est la dispersion des peuples et l’anarchie des langues. Alors Iahvé se choisit une famille et appelle Abram d’Our Casdim.

Jahvé dit à Abram : « Quitte ton pays, ta famille et la maison de ton père et va dans le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai, je rendrai ton nom grand... et toutes

les familles de la terre seront bénies en toi ?. »

Israël est le but de l’activité de Dieu dans lhistoire. Jahvé veut réaliser ses desseins dans une nation sainte.

essentiel. Le monde a un but, un but humain, une fin morale. L'homme est au-dessus de la nature et de l’animalité ; l’homme est comme un fils de Dieu.

1 Toujours la même protestation contre la civilisation. Caïn est laboureur, Abel berger. Et lahvé regarde l’offrande d’Abel plus favorablement que celle de Caïn. Les conquêtes de la civilisation caïnite sont œuvres d’orgueil et de violence. Il en est de même après le déluge : la fondation de la tour de Babel est une injure contre Iahvé,

2 Genèse XII, 1 à 3,

L'esprit du prophétisme est tout entier dans ce récit profondément religieux et finaliste des origines de l’humanité ct dans cette histoire sainte d’Israël le peuple de l'alliance. Les principes essentiels du iahvisme éthique sont affirmés avec une clarté et une puissance définitives. Les grands prophètes du vin siècle n’auront qu’à en dégager toutes les conséquences morales et sociales.

Amos. — Osée lahvé Dieu de justice

La dynastie de Jéhu laissa tomber très bas la puissance politique d'Israël. Joachaz et Joas ne régnaient plus que sur un territoire amoindri. Vaineus et humiliés ils devaient payer tribut à leur puissant suzerain de Syrie.

Mais l’étoile de Damas pâlissait. En 803, Mari, fils d'Hazaël, était assiégé dans sa capitale par Rammânnirâri roi d’Assyrie (803). Israël recommença à respirer librement. Joas se révolta et défit Ben-hadad en plusieurs batailles, sans pouvoir cependant reconquérir tout son royaume. Son fils Jéroboam II rétablit Israël dans toute sa puissance. Profitant de l’affaissement des Araméens écrasés par une nouvelle expédition assyrienne (expédition de Salmanazar III, 773), il s'empara des territoires que Jébu avait perdus et du pays de Galaad. Et même, il étendit les limites du royaume jusqu’à Hamath la grande ‘. Le peuple connut la splendeur des jours d’autrefois au temps de Salomon ou des Omrides. Le pays était riche et prospère. Partout s’élevaient de somp-

1 Amos VI, 14 ; II Rois XIV, 25 à 28.

tueuses maisons en pierre de taille, des palais d’hiver ornés d'ivoire, des villas d'été... :

C'était une civilisation éphémère. Le même ennemi qui venait de briser Damas menaçait déjà Israël.

Etrange puissance que cet empire d’Assyrie, et d’une brutalité affreuse et grandiose. Il s’était dressé au milieu des peuples pour détruire et pour dominer, Tiglat-phalasar, Salmanazar, Sargon, Sennachérib furent avant tout des chefs d’armée puissants et cruels, avides de sang et de butin. Ils n’ont vécu que pour la guerre”, anéantissant les tribus et les cités, balayant les nations devant leurs armées de mercenaires, et pour achever

LAMOS II, 15,

2 La guerre était pour le roi assyrien une nécessité. Son pouvoir reposait sur une armée de mercenaires qu’il fallait sans cesse occuper et conduire à de nouveaux butins. En temps de paix, cette armée fût devenue une lourde charge et un danger. Winckler, Geschichte Babyloniens und Assyriens, Leipzig, 1912, p. 188.

Dans le récit de leurs grands faits d'armes, les rois n’oublient jamais de décrire les pillages et les massacres qu’ils ont accomplis. Voici comment Assourbanipal raconte le châtiment de Babylone après la défaite et la mort de Shamashshoumoukin.

« Ce qui ne fut pas brûlé avec Shamashshoumoukîn, son maître, s'enfuit dans le tranchant du fer, l’horreur de la famine et les flammes dévorantes, pour trouver un refuge. La colère des grands dieux, mes seigneurs, qui n’était pas éloignée, s’appesantit sur eux ; pas un ne s’échappa, pas un ne fut épargné, ils tombèrent tous dans mes mains. Leurs chariots de guerre, leurs harnais, leurs femmes, les trésors de leurs palais, furent apportés devant moi ; les hommes, dont la bouche avait tramé des complots perfides contre moi et contre Assour, mon seigneur, j’arrachai leur langue et j’accomplis leur perte. Le reste du peuple fut exposé vivant devant les grands taureaux de pierre que Sennachérib, le père de mon père, avait élevés ; et moi, je les jetai dans le fossé, je coupai leurs membres, je les livrai en pâture aux chiens, aux bêtes fauves, aux oiseaux de proie, aux animaux du ciel et des eaux. En accomplissant ces choses, j'ai réjoui le cœur des grands dieux, mes seigneurs ». Maspéro, Hist, ancienne des peuples de l’Orient, petite édition, 7, Paris, 1905, p. 548-549,

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