‹ Les Prophètes d'Israel et les religions de l'OrientChapitre 32 sur 130 · IAHVÉ AIME ISRAEL · texte numérisé non relu

IAHVÉ AIME ISRAEL

Le prophète revient toujours à ces premiers commencements. L’âge d’or pour lui, c’est la vie nomade du peuple errant à travers le désert, conduit et nourri par Jahvé. Alors dans sa simplicité primitive, sans les richesses de la civilisation, sans les institutions de la royauté, Israël s’abandonnait à son Dieu et c’était comme une idylle humaine et divine.

Je t’ai connu dans le désert,

Dans une terre aride.

J’ai trouvé Israël comme une grappe dans le désert.

J’ai vu vos pères comme les premiers fruits d’un figuier!

Et depuis, malgré ses infidélités, le peuple n’a cessé de recevoir les gages de l’amour infini de Dieu. lahvé veille sur les siens comme une nourrice veille sur de petits enfants.

Cest moi qui guidais les pas d’Ephraïm, Le soutenant par les bras ;

Et ils n’ont pas vu que je les soignais.

Je les menais avec des cordeaux d’humanité Et des liens d'amour...

Je leur donnais à manger à leur aise2.

C’est Iahvé qui a établi son peuple dans la richesse et la prospérité.

C’est moi qui lui donnais le blé, le moût.…… Et qui lui prodiguais l’argent et l'or...

Mais comme Gomer bath Diblaïm a été infidèle à son mari et s’en est allée vers ses amants, le peuple a oublié

1 Osée XIIF, 5; IX, 10.

2 Osée XI, 3-4, Osée IX, 10.

96 CHAPITRE Il. — AMOS,/OSÉE

ses fiançailles avec Iahvé et s’est prosterné au pied des Baalim.…..

Et d’abord, le prophète reproche à Israël son idolàtrie. Malgré la révolution antibaaliste du 1x° siècle, la religion populaire restait toute pénétrée de pratiques payennes. Il semble que les relations avec les Araméens avaient encore développé la tendance au syncrétisme. Amos parle du dieu Sakkout et du dieu Kewan, des idoles et de l'étoile du dieu que les prêtres ont fabriquées’.

Osée a vu se multiplier les autels en l’honneur des dieux étrangers et les adorateurs en vêtements de fête se réjouir devant les idoles et offrir des sacrifices et de l’encens aux Baalim”. Les sanctuaires abritent les pires débauches, les enfants d'Israël se prostituent sur tous les bamoth à l’ombre des bois sacrés ; ils se livrent à la fornication avec les hiérodules en l'honneur de Iahvé ou d’Astarté *.

La religion nationale et le culte officiel sont souillés de baalisme‘. On adore Iahvé comme une divinité cananéenne. Osée n’hésite pas à condamner les images et les rites les plus populaires qui, depuis des siècles, avaient reçu droit de cité dans le iahvisme. A plusieurs

1 Amos V, 26.

Zimmern, Die Keilinschriften und das A. T., p. 410 et Wellhausen, op. cit. p. 84 considèrent Sakkout et Kewan comme des noms propres désignant les divinités assyro-babyloniennes. L’adoration de ces idoles par les contemporains d’Amos, n’est pas invraisemblable,

2AOSCC AIT, 10-15 AVION

# Osée IV, 12 à 14 ; VI, 10. Les prêtres favorisent les superstitions les plus misérables et se livrent aux pratiques de la rhabdomancie, IV, 12.

4 Toute l’histoire du peuple n’est qu’une suite de débordements depuis le jour où les Israélites allaient vers Baal-Péor, l’infâme idole, Osée IX, 10.

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