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CRAINTE ET SENTIMENT DE DÉPENDANCE

Au reste, l’instinct religieux des Sémites devait les porter à distinguer beaucoup plus que les Aryens entre l'humain et le divin. Leurs dieux sont avant tout les maîtres absolus des êtres et des choses. On peut bien les représenter sous forme sensible, on ne les considère pas pour cela comme nos semblables et comme des voisins soumis aux mêmes passions et aux mêmes infirmités que nous. L’élohim, même lorsqu'il est le plus bienveillant et le plus bienfaisant pour les enfants de son peuple, reste l’esprit mystérieux dont on ne s’approche qu'avec crainte et tremblement’, Tout ce que nous avons

l’archère des dieux, comme un poids tombant au milieu de la mêlée, renverse-le !.…. »

Et Ishtar répond : « Ne crains point, fais hardiment la guerre, où est ta face, je vais ! » — « Où tu iras, j'irai avec toi dame souveraine ! » Maspéro, Histoire ancienne des peuples de l'Orient, T. IN, Paris, 1908, p. 405 et Jastrow, op. cit., p. 417-418.

1 La conscience sémitique ne s’est jamais dégagée des terreurs de lPanimisme. Dans la littérature assyro-babylonienne, de nombreux textes magiques nous montrent l’homme rempli d'angoisse et d’épouvante à la pensée des esprits qui l’environnent et le tourmentent.

« Au ciel iïs déchirent, sur terre ils répandent la destruction.

Us sont les fils de l’enfer,

Ils sont le crachat de bile des dieux ;

Ils sont les tempêtes immenses qui s’abattent…

De maison en maison ils bondissent ;

Eux une porte ne les arrête pas,

Un verrou ne les fait pas retourner en arrière,

A travers la porte comme un serpent ils se glissent,

A travers les airs, comme le vent, ils font irruption ;

La femme ils l’arrachent du sein de l’homme,

Le fils ils lui font quitter les genoux de l’homme ;

L'homme ils le font sortir de la maison de sa famille, » Fossey, La Magie assyrienne, Paris, 1902, p. 186 à 189.

Et la fameuse incantation aux sept esprits de labîme : « Ils sont sept, ils sont sept ; Dans les profondeurs de l'Océan, ils sont sept, Obéis (?) dans le ciel, ils sont sept ;

Ya

et tout ce que nous sommes vient des dieux. Ils ont tout pouvoir pour donner et pour reprendre, pour faire vivre et pour faire mourir. On ne discute pas avec de tels souverains. La religion consiste dans un abandon absolu de l’homme à la divinité’. Comme le fait remar-

Dans les profondeurs de l'Océan, dans les demeures, ils ont grandi.

Ils ne sont ni mâles, ni femelles ;

Ils sont ceux qui secouent la tempête ;

Ils ne prennent pas femme, ils n’engendrent pas d’enfant ;

Ils ne connaissent ni la pitié ni la miséricorde ;

Ils n’entendent pas les prières ni les supplications ;

Ce sont des chevaux qui ont grandi dans la montagne ;

Ils sont les ennemis d’Ea ;

Ils sont les guzatu des dieux ;

Pour détruire le chemin, ils se tiennent dans les rues ;

Ils sont méchants, ils sont méchants ;

Ils sont sept, ils sont sept, ils sont deux fois sept. » Fossey, op. cit., p. 208 à 211.

Et les dieux ne sont pas toujours beaucoup plus bienveillants que les esprits. De là la lamentation douloureuse des psaumes de pénitence. L’adorateur cherche à calmer par la prière et le rite magique un dieu irrité :

« Qu'ai-je fait Ô mon dieu, ma déesse ?.…

Maladie, ruine et destruction sont sur moi,

La colère, la fureur, lirritation des dieux et des hommes...

Parle, qu'à ta parole le dieu irrité devienne favorable,

Que la déesse irritée fasse. grâce !

Jusqu'à quand, Ô ma souveraine, es-tu irritée et ton visage est-il

détourné ?

Jusqu'à quand, ô ma souveraine, es-tu furieuse et ton âme est-elle en colère ? »

Hymne à Ishtar, traduct. P. Dhorme, Choix de textes assyro-babyloniens, p. 356 à 365. Zimmern, Babylonische Hymnen und Gebete, I, Leipzig, 1905, p. 22.

1 La confiance de Job : « Iahvé avait donné, lahvé a ôté, que le nom de Iahvé soit béni ! » ; le fatalisme de l’Arabe qui s'incline devant la volonté toute puissante d’Allah, sont la forme la plus élevée de ce sentiment religieux des Sémites.

Curtiss, après avoir étudié les croyances et coutumes populaires

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