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LA POLITIQUE DES PROPHÈTES

l’homme de Iahvé s’élevait contre le vaillant Achab et la puissante maison d’Omri. Mais ici la situation se précise et nous avons déjà les éléments du drame qui doit aboutir aux crises d’âme de Jérémie. Tandis que le roi équipe son armée, fortific ses citadelles, augmente le nombre des chars de guerre et des chevaux, tandis qu’il cherche en Orient des alliés et de puissants protecteurs, le prophète proclame que tous les armements sont inutiles, que toutes les alliances sont coupables, et qu’organiser la défense nationale c’est se confier en l'homme et mépriser Iahvé. Aux chefs du peuple, aux hommes de guerre le prophète disait avec laudacicuse assurance de la foi : Vous espérez dans les chevaux et dans les chars et nous nous espérons en lahvé, le Dieu des armées. Rester fidèles à Iahvé c’est là l’unique moyen de salut.

Au milieu des violences des temps assyriens les prophètes sont les hommes de lesprit. Ils croient en la puissance de la foi, en l’exaucement de la prière des saints.

Au reste, la politique d’Achaz était une habile politique, et Juda allait recueillir les fruits de lalliance assyrienne. Les armées de Tiglat-phalasar s’avancèrent contre les pays d'Occident. Cette fois ce fut la fin de Damas. La ville fut prise et ses habitants furent déportés. Puis les Assyriens envabhirent Israël. La Galilée et le pays de Galaad furent ravagés. Pékakh mourut assassiné par un de ses officiers Osée, fils d'Ela qui régna à sa place.

Juda était sauvé et il assistait paisiblement à l’agonie de ses adversaires. Les politiques à courte vue criaient victoire. Maïs Esaïe prévoyait de plus grands malheurs. IT avait senti l’énormité de la puissance d’Assour. Que pouvaient les petits peuples palestiniens devant un tel adversaire ? Il fallait s’étonner seulement que la maison de Jacob n’eût pas complètement sombré dans la tourmente.

Le prophète considérait avec tristesse le pauvre Ephraïm profondément désorganisé, devenu la proie de maîtres incapables et d’aventuriers sans scrupules. Un vent de folie soufflait sur les chefs du peuple. Ils ne parlaient que de revanche. Ils disaient dans leur forfanterie :

« Les briques sont démolies, nous rebâtirons en pierres de taille. Les sycomores sont coupés, nous les remplacerons par des cèdres', »

Osée à peine affermi commençait à intriguer contre son puissant suzerain. Il s’alliait avec l'Egypte et avec les villes de Phénicie. Puis il refusait le tribut.

Alors le prophète crie « malheur ! » sur Ephraïm. Cette révolte téméraire achèvera de le perdre. Les chefs d’Ephraïm sont comme des gens ivres, assis au festin et couronnés de fleurs fanées. Ils sont pris de vin, ils vacillent, ils bégaient comme des enfants.

Malheur à la couronne superbe des ivrognes d’Ephraïm,

A Ja fleur fanée qui fait l’éclat de leur parure...

Voici, il vient de la part du Seigneur l’homme fort et puissant,

Comme une tempête qui précipite les grandes eaux...

Elle sera foulée aux pieds la couronne superbe des hommes [d’Ephraïm?,

Puis le prophète s'adresse à ceux qui gouvernent Juda. Les Hiérosolymites regardaient les événements avec optimisme. Ils se disaient qu’ils avaient fait un pacte avec la mort” et que le fléau passerait sans les

1 Esaïeu IX, 8.

2 Esaïe XXVIIL, 1 à 4.

È « Nous avons fait une alliance avec la mort,

Nous avons fait un pacte avec le Shéol. »

Esaïe XXVIII, 16.

N’y a-t-il ici qu'une figure exprimant assurance et l’absolue sécurité, ou bien est-ce une allusion à certaines pratiques de nécromancie ?..

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