‹ Les Prophètes d'Israel et les religions de l'OrientChapitre 57 sur 130 · DÉCOUVERTE DE LA THORA · texte numérisé non relu

DÉCOUVERTE DE LA THORA

Finis Ninives, sont profondément différents l’un de l’autre et très inégaux par la portée religieuse de leur prédication. Cependant une même idée domine leur prophétie, une idée qui est désormais la maxime du monothéisme : « Le règne appartient à Iahvé ! »

Après deux siècles de catastrophes mondiales, la paro- 1e divine était accomplie.

Quand Iahvé Sebaoth l’a résolu, Les peuples travaillent pour le feu, Les nations se fatiguent pour le néanti.

La deuxième thora et la réforme de Josias

L’avènement de Josias paraît avoir mis fin à la domination du parti aristocratique et militaire. Les réformistes purent relever la tête et recommencer leur œuvre. Le jeune roi était pieux ; il écoutait la parole de Iahvé et accueillait favorablement les projets de réforme. La 18° année de son règne, en 621 — Josias avait alors 26 ans — il se produisit un événement extraordinaire qui devait avoir une influence unique sur les destinées d'Israël et sur l’évolution religieuse de l'humanité.

Le sopher Shaphan fils d’Atsaliah, fils de Meshullam étant monté dans le temple pour s’entendre avec Hilqiah le grand prêtre sur la comptabilité de certains travaux de réparation, Hilqiah lui dit: « Nous avons trouvé le livre de la thora dans la maison de Iahvé ! » Et il donna le rouleau à Shaphan qui le lut et lapporta au roi. Lorsque le roi eut entendu les paroles du livre de la loi il fut extrêmement ému ; il déchira ses vêtements et il dit à ses serviteurs : « Allez consulter [ahvé

1 Habakkouk II, 13.

pour moi et pour tout Juda au sujet des paroles de ce livre qu’on vient de trouver, car c’est une chose terrible que la colère de Iahvé qui s’est enflammée contre nous parce que nos pères n’ont pas obéi aux paroles de ce livre et n’en ont pas mis en pratique les prescriptions * ».

Après avoir interrogé la prophétesse Hulda, le roi fit rassembler autour de lui tous les anciens de Juda et de Jérusalem et avec eux tout le peuple petits et grands. On lut les paroles du livre de l'alliance trouvé dans la maison de Iahvé. « Et le roi se tenant sur l’estrade jura l’alliance avec Iahvé, s’engageant à suivre Iahvé, à cbserver ses préceptes, ses loïs et ses ordonnances de tout son cœur et de toute son âme. Et tout le peuple adhéra à cette alliance * ».

Tel est le récit de la découverte et de la promulgation de la thora*. On a beaucoup discuté sur la ques-

1 IT Rois XXII, 18.

IIéRois XXII 11à 3.

3 Le fait que le livre de la loi découvert par Hilqiah était le Deutéronome primitif, est aujourd’hui reconnu par presque tous les critiques. (La réforme de Josias n’est que l’application des prescriptions deutéronomiques. Les législations postérieures, code d’Ezéchiel, code sacerdotal, connaissent le Deutéronome et le développent).

Par contre, la question de savoir en quoi consistait ce Deutéronome primitif est très controversée. Longtemps on a cru retrouver le livre de Josias dans les chap. V à XXVI et même XXVIII. (Reuss, L'Histoire sainte et la Loi. Renan, Hist. dIsraël, II, 212. Kônig, Einieitung in das À. T., 210 s. Westphal, Les sources du Pentateuque, HAMOSTSS.

Mais Wellhausen a cru devoir refuser au code de Josias les exhortations des chap. V à XI, prolégomènes longs et diffus qui contrastent nettement par l’allure et par le style avec la partie législative, XII à XXVI. Cornill s’en tient lui aussi aux chap. législatifs, Einleitung, p. 22 à 33.

Depuis, Steuernagel, Das Deuleronomium, a émis une hypothèse assez originale, d’après laquelle le code de Josias serait là combinaison de deux sources plus anciennes. Cette hypothèse a été favo-

Page 1