‹ Les Prophètes d'Israel et les religions de l'OrientChapitre 62 sur 130 · LÉGISLATION SOCIALE · texte numérisé non relu

LÉGISLATION SOCIALE

dire : « La septième année, l’année de relâche approche », et de voir de mauvais œil ton frère pauvre et de ne rien lui donner. Car il crierait à Iahvé contre toi et tu te chargerais d’un péché. Donne-lui et que ton cœur ne lui donne pas à regret et à cause de cela Iahvé ton Dieu bénira tous tes travaux et toutes tes entreprises !.

Dans toutes les fêtes, dans toutes les réjouissances familiales et les cérémonies religieuses, il faut faire une part à l’indigent, afin que le lévite, l'étranger, Porphelin, la veuve mangent et se rassasient*.

Ce souci des déshérités et des opprimés est exprimé à plusieurs reprises et dans des pages pleines de délicatesse et de naïveté.

Tu ne feras pas tort au mercenaire pauvre et indigent, qu’il soit l’un de tes frères ou l’un des étrangers demeurant dans ton pays, dans tes portes. Tu lui donneras le salaire de sa journée avant le coucher du soleil ; car il est pauvre et il lui tarde de le recevoir. Sans cela il crierait à Iahvé contre toi.

Tu ne porteras pas atteinte au droit de l’étranger et de l’orphelin et tu ne prendras point en gage le vêtement de la veuve. Tu te souviendras que tu as été esclave en Egypte et que Iahvé, ton Dieu, l’a racheté...

Quand tu moissonneras ton champ et que tu auras oublié une gerbe derrière toi, tu ne retourneras pas la prendre ; elle sera pour l'étranger, pour l’orphelin et pour la veuve. Quand tu secoueras tes oliviers, tu ne cueilleras pas les fruits restés aux branches ; ils seront pour l’étranger, pour l’orphelin et pour la veuve. Quand tu vendangeras ta vigne, tu ne cueilleras point les grappes qui y seront restées ; elles seront pour létranger, pour l’orphelin et pour la veuve ÿ,

Nous avons trouvé une inspiration analogue dans la législation iahviste. Le Deutéronomiste reprend les ordonnances du code de l’alliance et les développe.

Dent Va 7mar 0:

2 Deut. XII,°18-19 ; XIV, 27 à 29.

3 Deut. XXIV, 14, 15, 17 à 21.

Tous les sept ans, ce sera l’année de relâche. Que tout créancier

remette ce qu’il a prêté à son prochain. Tu donneras relâche à ton prochain et à ton frère pour le payement de sa dette...!

Si l’un de tes frères hébreux se vend à toi il te servira six ans, mais la septième année tu le renverras libre de chez toi. Et tu ne le renverras pas à vide. Tu lui donneras quelque chose de ton troupeau, de ta cuve et de ton aire. Tu te souviendras que tu as été

esclave au pays d'Egypte et que Jlahvé ton Dieu t’a racheté ?.

Dans cette société idéale, l’organisation civile et militaire est réduite au minimum. Israël doit chercher sa force en Iahvé ; il doit vivre non pour la gloire et pour la richesse, mais pour servir son Dieu en observant ses commandements *.

Le peuple sera gouverné par des juges et par des scribes établis dans chacune de ses villes‘. Il pourra aussi se choisir un roi comme les autres nations. Mais le prince devra rechercher avant tout la justice et l’humilité. Il se gardera des relations politiques et commerciales avec Mitzraïm. Il n’aura pas un harem trop nombreux ni des écuries pleines de chevaux ; il ne recherchera pas les trésors, il ne s’élèvera pas au-dessus de ses frères ; mais il marchera dans la voie droite et met-

1 Deut. XV, 1 et 2. Nous sommes très loin ici de l’idée romaine et moderne de propriété. La terre appartient à Iahvé et il l’a donnée à son peuple d'Israël. C’est un crime contre Iahvé que de dire : Ceci est à moi ; c’est par ma propre force que je l’ai acquis !

2 Deut. XV, 12 à 15. Ces paroles ont été écrites au vn° siècle, c’est-à-dire quatre siècles avant Aristote et sept siècles avant l’auteur des lettres à Lucilius.

5 La législation militaire se fait remarquer par une douceur inusitée en pareilles matières. Les scribes sont chargés de faire d’importantes éliminations avant la bataille. Ils renvoient dans leurs foyers tous ceux qui peuvent regretter les joies de la vie et qui sentent leur cœur fléchir, Deut. XX 1 à 9.

4 Deut. XVI, 18 à 20.

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