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JÉRÉMIE ET LA PROMULGATION DE LA THORA

le bois que ce feu consume'. Qu’importent les agitations de la foule et la haine des hommes, le prophète, fort de l’inspiration de Iahvé demeure inébranlable.

Et Tahvé me dit : Ceins tes reins, lève-toi et dis-leur tout ce que je t’ordonnerai… Voici, je t’établis aujourd’hui au milieu du pays comme une ville forte, une colonne de fer et une muraille d’airain, contre les rois de Juda, les chefs et les prêtres et contre tout le peuple. Ils te feront la guerre, mais ils ne prévaudront pas contre toi. Car je serai avec toi pour te délivrer, dit Iahvé?.

Jérémie avait d’abord prophétisé à Anathoth, son village natal, la treizième année de Josias. C'était cinq ans environ avant la découverte de la thora. Dans ses premières prédications, le prophète dénonce l’infidélité de la nation, qui s’est prosternée devant les idoles, qui s’est étendue comme une courtisane sur toute colline et sous tout arbre vert*. Il n’était pas encore à Jérusalem quand la loi fut promulguée. Ce fut la prophétesse Hulda et non Jérémie qui consulta Iahvé au sujet des paroles du livre‘. Mais Jérémie doit avoir applaudi aux mesures iconoclastes de Josias. Il est même probable qu’il travailla activement à la réforme dans les bourgades de Judée. Car il avait reçu cet ordre de Tahvé :

1 Jérémie V, 14.

2Jérémient 177019,

8 Jérémie II à VI.

4 Bien singulière J’hypothèse de Renan qui, du fait que le nom de Jérémie n’est pas prononcé au chap. XXII du deuxième livre des Rois, croit devoir conclure : Jérémie est l’inspirateur et même l’auteur du code deutéronomique. (Hist. du peuple d'Israël, Tome III, p. 233 à 236). Pourquoi l'historien qui cite si scrupuleusement le nom de tous les auteurs du drame ne citerait-il pas Jérémie ? Et pourquoi le livre de Jérémie ne ferait-il pas plus clairement allusion à cette glorieuse activité du prophète réformateur ?

Proclame toutes ces paroles dans les villes de Juda Et dans les rues de Jérusalem en disant :

Ecoutez les paroles de cette alliance,

Et mettez-les en pratique‘.

Mais le prophète, dans son ardent spiritualisme, ne pouvait se faire illusion sur la portée de ces transformations cultuelles. Qu’importait à Iahvé lorganisation du sacerdoce et du rituel aussi longtemps que les oreilles et les cœurs restaient incirconcis. Le zèle pour la lettre du commandement et pour la forme du culte ne pouvait suffire au Dieu juste. Et bientôt le prophète devait s’élever contre les scribes et le clergé du sanctuaire. Les prêtres sont satisfaits pourvu que le peuple vienne en foule dans le temple de Iahvé pour accomplir les cérémonies sacrées et les rites prescrits par la thora. Jérémie flétrit cette religion complaisante et mensongère. Les prêtres et les scribes ont égaré le peuple.

Comment pouvez-vous dire : nous sommes sages, La loi de Iahvé est avec nous !

En vain s’est mise à l’œuvre

La plume mensongère des scribes,

Ils seront confondus ces sages...

Ils ont méprisé la parole de Iahvé,

Et quelle sagesse est la leur !.….

Le prophète et le prêtre usent de mensonge,

Ils pansent à la légère la plaie de la fille de mon peuple, Ils disent Paix ! Paix !

Et il n’y a point de paix?.

1 Jérémie XI, 6. C’est Cheyne qui a donné la véritable interprétation de ce texte lorsqu'il parle d’un ministère itinérant de Jérémie dans le pays. Jeremiakh : His life and times, London, 1904, p. 55 à 65.

C’est peut-être à cette occasion et à cause de son zèle iconoclaste que les gens d’Anathoth ont persécuté le prophète et l’ont chassé de leur cité. XI, 21.

2rJérenmie VILLE 8 a tit,

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