JUDA A VIOLÉ L'ALLIANCE
Le prophète juge avec une souveraine liberté et les cérémonies du culte iahviste et les ordonnances rituelles de la thora. A l’encontre de tous les législateurs ‘mosaïques, il affirme que Iahvé n’a rien prescrit relativement aux sacrifices et aux gestes cultuels.
Ainsi parle Iahvé Sebaoth, le Dieu d'Israël... Mettez vos holocaustes avec vos autres sacrifices, Et mangez-en la chair !
Car je n’ai rien dit à vos pères et je ne leur ai pas donné d'ordre, Lorsque je les fis sortir du pays d'Egypte, Au sujet des holocaustes et des sacrifices ; Mais voici l’ordre que je leur ai donné :
Ecoutez ma voix, Et je serai votre Dieu, Et vous serez mon peuple !!
Au reste, l’idée fondamentale de la prédication de Jérémie est bien la même que celle du prophète deutéronomique. lahvé a conclu une alliance avec Israël dès le pays d'Egypte”. Mais le peuple a oublié les conditions morales de l'alliance *. La foule se repose dans sa confiance aveugle au Dieu national. Au jour du péril elle se précipite dans le sanctuaire avec des offrandes et des holocaustes *. Et le prophète de déclarer que ce ne sont là qu’espérances trompeuses, car la nation a violé l’alliance ; la vierge fille d’Israël a abandonné Jahvé et elle a commis d’horribles excès. C’est pourquoi Iahvé va la répudier. Iahvé rejette la race adultè-
1 Jérémie VII, 21 à 23.
2 Jérémie XI, 1 à 10 ; XXII, 9 ; XXXI, 31 ; XXXII, 40.
8 La proclamation de la loi ne fait qu’affirmer la culpabilité du peuple. XI, 7 à 10.
#/Jérémie VIT, 19à VIIL ‘3.
re ; il va faire tomber le malheur sur elle et lui donner le juste salaire de ses péchés:
Et il ne saurait y avoir de rémission. Le peuple est foncièrement corrompu. Il s’est endurci dans son péché et ne peut plus abandonner sa voie mauvaise pas plus qu’un Ethiopien ne peut changer sa peau ou qu’un léopard ne peut effacer ses taches”. Iahvé ne saurait lui pardonner. Le châtiment est une nécessité morale et aucune prière, pas même l’intercession des hommes de Dieu ne peut en différer la venue. La destruction sera radicale. Il n’est plus question du salut d’un petit reste. Toute la nation sera frappée. Il faut que Juda disparaisse du nombre des peuples !
Jérémie revient toujours à ce point capital de sa prédication et rien ne peut l’empêcher de proclamer son message de terreur.
Déjà, sous Josias, en pleine paix, le prophète annonce l’approche de l’ennemi qui vient du Nord. De grandes crises se préparaient en Orient et les Scythes venaient d’envahir le pays d’Assour. Mais les habitants de Jérusalem ne s’inquiétaient pas des désastres prochains. Ils allaient comme des aveugles et se livraient à leurs péchés. Malheur à eux, car il s’est levé depuis les extrémités de la terre le fléau destructeur de peuples. Il va fondre comme un vent d'orage qui vient des hauteurs du désert. Il envahira Juda de tous côtés, il accumulera les ruines jusqu’à ce qu ’il ait fait du pays une solitude *.
1 Jérémie emploie lui aussi la langue d’Osée pour décrire l’infidélité de son peuple. Comp. Osée I et III et Jérémie II, 2, 20, 32 ; III, 1 à 11 ; XIII, 22 à 27 ; XVIII, 13.
2 Jérémie XIII, 23 à 27.
8 Jérémie I, 15 ; IV, 6 à 31; V, 15 à 18 ; VI, 22 à 26,
La plupart des critiques voient ici une allusion à l’invasion scythe