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JÉRÉMIE CONTRE LES PRÊTRES ET LES PROPHÈTES

Puis il brisait un vase d'argile qu’il avait acheté chez le potier et il ajoutait :

Voici ce que dit lahvé Sebaoth,

C’est ainsi que je briserai ce peuple et cette ville,

Comme on brise un vase de potier.…

Je rendrai cette ville semblable à un topheth :;

Et les maisons de Jérusalem et les maisons des rois de Juda, Seront comme ce lieu du topheth, elles seront impures,

Après cette action symbolique, Jérémie remonta vers la ville, il entra dans la cour du temple et, devant tout le peuple, il continua ses violents discours. Or le prêtre Pashour fils d’Immer, surveillant de la maison de Iahvé, outré de tant d’audace, frappa le prophète et le fit mettre aux ceps.

Vers la même époque, à l’occasion d’une fête, devant ia foule des pélerins venus de toutes les villes de Juda, il recommença à faire entendre ses malédictions.

Ainsi a dit Iahvé : « Si vous ne m'’écoutez pas quand je vous ordonne de suivre une loi, je ferai de cette maison comme de Silo et je ferai de cette ville un objet de malédiction pour tous les peuples demaaterre#

Cette fois la parole du prophète était par trop blasphématoire ; elle provoqua de vives protestations. Les prêtres et les prophètes se précipitèrent sur Jérémie avec des cris de mort. Maïs les magistrats plus éclairés se souvinrent de la parole de Michée de Moresheth : « Sion sera labourée comme un champ ; et la montagne de la maison de Iahvé deviendra une hauteur boisée. » Ils refusèrent de condamner le prophète et ils le protégèrent contre les colères de la foule.

1 Jérémie XIX, 10 à 13.

3 Jérémie XXVI, 4 à 6.

Les événements allaient préciser la prophétie de Jérémie. En 606 Ninive tombait et l’héritage d’Assour était recueilli par Babylone. Naboukodorosor fils de Nabopolassar, vainquit le Pharaon Néchao à Karkémish et par cette seule victoire, le refoula définitivement hors de Syrie. La Palestine allait une fois de plus changer de maître. L’âme de Jérémie tressaillit devant cette nouvelle affirmation de la toute puissance du Dieu des armées. C’était enfin le châtiment, ce châtiment que le prophète ne cessait d'annoncer à sa génération sceptique. L’ennemi qui vient du Nord était proche. Et Jérémie salue dans Naboukodorosor l’exécuteur des desseins divins, le serviteur de Iahvé.

Depuis vingt-trois ans je ne cesse de vous annoncer la parole de Iahvé, et vous n’avez pas écoüté.…. C’est pourquoi, ainsi parle Iahvé Sebaoth : Parce que vous n’avez pas écouté mes paroles, je vais envoyer quérir la nation du Nord avec Naboukodorosor, roi de Babel mon serviteur, je le conduirai contre ce pays et contre ses habitants et contre tous les peuples à l’entour, et je les dévasterai ; j'en ferai un objet d’horreur et de dérision et des ruines éternelles. Et je ferai cesser parmi eux les cris d’allégresse et de réjouissance, la voix du fiancé, la voix de la fiancée, le bruit de la meule et la lumière du flambeau

C’est la même philosophie de l’histoire que nous avons trouvée chez tous les prophètes depuis Amos de Tékoa, mais jamais peut-être la note dominante n’avait été si désespérément pessimiste. Avec Jérémie, la prophétie devient un dies irae sombre et tragique.

Au reste, cette fois encore, l'ennemi devait épargner

1 Jérémie XXV, 3-11. La prophétie du chap. XXV a été interpolée et il est bien difficile de reconstiluer le texte primitif (conf. Cornill, Das Buch Jeremia, p. 280 à 288). Le rédacteur postérieur a fait d’une prophétie de Jérémie un oracle décrivant le jour de Iahvé contre les peuples.

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