‹ Les Prophètes d'Israel et les religions de l'OrientChapitre 68 sur 130 · NABOUKODOROSOR LE FLÉAU DE IAHVÉ · texte numérisé non relu

NABOUKODOROSOR LE FLÉAU DE IAHVÉ

Juda. Après Karkémish Jojaqim s’empressa d’envoyer au vainqueur ses présents de soumission. Naboukodorosor rappelé à Babylone par la mort de son père se contenta de cet hommage et ne pénétra pas en Palestine. Mais la terreur provoquée par l’approche de l'invasion avait été grande. C’est à ce moment que Jérémie voulut faire entendre à son peuple un appel à la repentance suprême et décisif. Il fit venir Barouk, fils de Nérija et lui dicta toutes les paroles de Iahvé qu’il avait prononcées sur Juda et sur les nations depuis le commence: ment de son ministère sous Josias. Puis il chargea son disciple de lire ces prophéties devant tout le peuple dans le temple. Peut-être Juda allait-il se convertir, et Jahvé reviendrait de son dessein et pardonneraïit l’iniquité.….

L’impression produite par cet ensemble de menaces fut extraordinaire. Jérémie y disait : « Le roi de Babel viendra, il détruira ce pays ; il détruira tout, hommes et bêtes ». Jojaqim averti par ses officiers, se fit apporter le livre et en ordonna la lecture. Mais dès les premiers chapitres il entra dans une violente colère. Il prit le livre, le déchira et le jeta dans un brasero allumé devant lui. Puis il ordonna d’arrêter Jérémie et Barouk. Mais les prophètes purent s'échapper. Iahvé les cacha.…… Jérémie prit un autre livre et le donna à Barouk pour écrire de nouveau toutes les paroles du livre détruit par le roi’.

Jojaqim et le parti militaire devaient, par leur ii prudente politique hâter l’accomplissement des menaces divines. Il ne pouvait y avoir de salut que dans la fidélité loyale au suzerain babylonien. Cependant le roi regrettait la domination égyptienne et il cédait aveu-

1 Jérémie XXXVI.

glément à l’enthousiasme nationaliste. Conseillé sans doute par Néchao, il refusa de payer le tribut.

Le châtiment ne se fit pas attendre. Les officiers chaldéens envahirent le pays avec des bandes de Syriens, de Moabites et d’'Edomites. La Judée fut affreusement dévastée. Puis ce fut Naboukodorosor lui-même avec une forte armée qui vint mettre le siège devant Jérusalem. Jojaqim mourut dans la lutte. Son fils Jékoniah n’occupa le trône que trois mois. Jérusalem fut prise, le roi, la cour, les chefs du peuple, les soldats, toute l’élite de Ia population, furent emmenés en captivité’.

Après cette catastrophe, Juda était épuisé, mais non complètement anéanti. Les prêtres, les prophètes, la partie la plus remuante de la population restaient. Naboukodorosor avait établi comme roi un prince de la famille de David, Sédécias, fils de Josias. Sédécias paraît avoir été bien disposé pour Jérémie, et plein de bonne volonté. Mais il était faible et n’osait rien contre ses officiers.

Jérémie préchaït en vain la soumission au roi de Babel. Le peuple ne l’écoutait plus. Les temps devepaient toujours plus difficiles pour le prophète. Le mouvement éclectique un moment réfréné par la réforme deutéronomique se donnait maintenant libre cours. On sacrifiait de nouveau sur les bamoth ; on brûlait de l’encens sur les toits en l’honneur des Baalim et les pratiques du molochisme recommençaient au tophet de Beth-Hinnon*.

C’est alors que commence la passion du prophète. Il est seul contre tous, en butte à la haine des chefs du peuple, des prêtres, des faux prophètes, et aux sarcas-

1 II Rois XXIV.

2 Jérémie XXXIL 33 à 35 ; Ezéchiel, VIIL 7 à 18 ; XXIII, 36 à 39.

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