‹ Les Prophètes d'Israel et les religions de l'OrientChapitre 76 sur 130 · TENDANCES UNIVERSALISTES · texte numérisé non relu

TENDANCES UNIVERSALISTES

S'ils jurent par mon nom en disant : « Iahvé est vivant ! »

Comme ils ont enseigné à mon peuple à jurer par Baal, Alors ils seront rétablis au milieu de mon peuple,

Et dans une magnifique prophétie qui annonce déjà la prédication deutéro-ésaïiaque, Jérémie entrevoit ie jour où les nations, renonçant à leurs idoles, viendront des contrées lointaines pour adorer Iahvé.

lahvé, mon appui, ma forteresse, mon refuge au jour de la détresse, Les nations viendront à toi des extrémités de la terre,

Et elles diront : Nos pères n’ont hérité que le mensonge,

De vaines idoles qui ne servent à rien.

L'homme peut-il se faire des dieux,

Qui ne sont pas des dieux ?

C’est pourquoi je vais leur faire connaître cette fois,

Je leur ferai connaître ma puissance et ma force ;

Et ils sauront que mon nom est Iahvé?.

1 Jérémie XII, 14 à 17.

2 Jérémie XVI, 19 à 21.

L’authenticité des textes universalistes est contestée par Duhm, Das Buch Jeremia, p. 118, 119, 141, 142. On devrait y voir des interpolations de l’époque juive. Jérémie XII, 14 à 17 ne serait rien moins qu’une prophétie du n° siècle et ferait allusion aux conquêtes macchabéennes,

Nous ne pensons pas qu’une telle solution soit indispensable. Ces prophéties n’ont rien d’étranger à l’horizon politique et religieux de Jérémie, Le salut des payens était la conclusion logique des affirmations de Jérémie II, 10 et XVIII, 13.

Ezéchiel. — L'Evolution du lahvisme pendant l’exil

La nation avait sombré. Il n’y avait plus en Palestine qu’une population rurale très affaiblie et absolument désorganisée. Le culte et le gouvernement avaient été tellement centralisés que, Jérusalem détruite, il ne restait rien. Mais l’âme d’Israël survivait à la catastrophe. Elle était avec les déportés au pays de Babel.

Le nombre des exilés n’était que de quelques milliers. Mais c'était l'élite. L’élite par l'influence sociale, et surtout l'élite par la piété. Les prophètes, malgré l'échec apparent de leur prédication, avaient formé au milieu de leur peuple un parti actif et plein de force. Ce parti avait désormais son livre, la thora, et il conservait pieusement les paroles des hommes de Dieu.

Mais pouvait-on adorer Iahvé loin de la terre de Palestine. Nous savons que pour les enfants d'Israël, comme pour tous les Sémites, le dieu était attaché au sol de la nation. Les prophètes eux-mêmes, malgré leur ardent spiritualisme, avaient enseigné que Iahvé a établi sa demeure en Sion. La réforme deutéronomique avait fait du iahvisme une religion au sanctuaire unique. On ne devait adorer Dieu que dans son temple à Jérusalem. I ne pouvait être question d’une restauration du culte et de la religion au pays de Chal-

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