IAHVÉ DIEU DU JUGEMENT
Mais le juge reparaît lorsqu'on s’y attend le moins et l’iniquité reçoit son salaire ".
L’individu est subordonné à la famille et à la nation. Il est frappé pour des crimes qu’il n’a pas commis. Iahvé punit sur les enfants jusqu’à la troisième et la quatrième génération l’iniquité des pères?.
D’autres fois, c’est tout le peuple qui est châtié pour les crimes d’un de ses membres. Israël est frappé par la famine, la peste et la guerre parce que ses chefs ont fait ce qui déplaît aux yeux de Iahvé.
Pour qu’une telle activité soit possible, il faut un Dieu très fort. lahvé, tout en étant très humain et très humainement affectés intervient efficacement dans la marche de la nature et dans la vie des hommes.
Flottantes et incertaines étaient les limites de son pouvoir. La plupart du temps, elles ne s’étendaient pas au-delà des frontières d'Israël. Si Iahvé s’occupe des affaires du Pharaon et de la succession au trône de Damas’, ce n’est qu’accidentellement et parce que l’intérêt de son peuple est en jeu. Chaque élohim est maître
4 II Sam. XXI. Aux plus beaux temps du règne de David, Israël est châtié par la famine parce que Saül avait injustement massacré les Gabaonites.
? La maison de Joab sera frappée génération après génération pour le crime de son chef. II Sam. III, 28-29. Achab meurtrier de Naboth est épargné, mais ses enfants sont massacrés. I Rois XXI, 29 ; IT Rois XI, 10.
? Il s’effraye lorsqu'il voit les hommes devenir comme des dieux ; Gen. XH, 22 et lorsque est bâtie la tour de Babel, Gen. XI ; il se repent d’avoir fait l’homme, Gen. VI, 6 ; il lutte avec Jacob, Gen. XXXII, 24-32 ; il attaque Moïse dans la steppe et il veut le faire mourir, Ex. IV, 24-26.
*Iahvé connaît l’avenir et il peut le révéler aux hommes. Les prêtres le consultaient avec l’ourim et le {ummim (Deut. XXXIII, 9) et ils rendaient des oracles (Juges XVIIE, 5-6 ; I Sam. XXII 13 à 15 ; NLITMIOEATTESam IE) 1 V7 93;
? Exode V à XIV et I Rois XIX, 15 ; II Rois VIL 7 à 15.
de sa terre. Iahvé doit compter avec les dieux des nations. Son autorité finit la où commence la leur. Jephté répond aux envoyés du roi des Ammonites : « Ce dont ton Dieu Kamosh ta mis en possession ne le possèdes-tu pas ? Et tout ce dont Iahvé notre Dieu nous a mis en posession ne le possèderions-nous pas’ ? » |
Mais Iahvé est redoutable entre tous les élohim. Malheur à qui lui résiste et l’irrite. Lorsque les Philistins s’emparèrent de l'arche sainte, Dagon le dieu d’Azot tomba de son piédestal et la main de Iahvé s’appesantit sur les Azotiens”. Iahvé peut envoyer contre les rebelles les calamités et les catastrophes ; il consume Sodome et Gomorrhe par le feu du ciel* ; il commande au soleil et aux étoiles, au fleuve et à la mer et les fait servir aux victoires de son peuple*.
1 Juges XI, 24 ; Comp. I Sam. XXVIÏ, 19.
22TESam VENT,
5 Gen. XIX.
#Josué X, 12-13 ; Juges V, 20-21 ; Exode XIV, 21-25 ; Josué III, 16-17.
Il y a loin de cette conception nationale de la religion à lidée dune création et d’une direction du monde par Iahvé. Pourtant il paraît bien qu’une telle croyance n’était pas entièrement étrangère aux anciens Israélites. Gunkel Schôpfung und Chaos, Gôttingen 1895 et Zimmern Biblische und .babylonische Urgeschichte, Leipzig 1901, ont cru retrouver dans des pages des prophètes et des psaumes, l'écho d’une cosmogonie populaire racontant les luttes de Iahvé pour l’organisation du chaos primitif. lahvé avait combattu les monstres du Téhom, il avait abattu Rahab et le Léviathan.
Par sa force il soulève la mer, Par son intelligence il brise Rahah..
Sa main transperce le serpent fuyard.
Job, XXVI, 12-13.
Tu as fendu la mer par ta puissance,
Tu as brisé la tête des monstres des eaux, Tu as écrasé la tête du Léviathan,
Tu l’as donné en pâture aux chacals :,
te.