ÉLÉMENTS MYTHOLOGIQUES
ciel, les sept messagers de Iahvé, chap. TX, font penser aux sept divinités planétaires du panthéon babylonien *, et le septième messager qui tient l’écritoire à sa ceinture ne serait autre que Nabou le dieu scribe*,
Nous sommes ici aux commencements de l’angélologie juive. Les anciens dieux du paganisme se subordonnent à lahvé et deviennent ses auxiliaires‘, les esprits et les anges. Nous trouvons aussi dans Ezéchiel les traces du mythe classique de la montagne des élohim ou du jardin des élohim où habiteraient les chérubins de Dieu *.
C’est ainsi que le monothéisme iahviste s’assimile
1 A. Jeremias Das A. T. im Lichte des A. O. p. 580 à 583.
Zimmern K. 1. À. T., 3, p. 626 à 635.
2 Ce chiffre sept sera désormais sacré : sept chandeliers, sept yeux dans Zacharie III et IV, sept archanges dans Tobie XII, 15. Kraetzschmar Das Buch Ezechiel Gôttingen, 1.900, p. 99, voit ici une influence de la démonologie et de la magie chaldéennes. (Conf. l'hymne aux sept esprits de l’abîme). Nous croyons plutôt à une influence de la mythologie astrale. (La mythologie astrale chaldéenne a eu une très grande place dans le syncrétisme religieux des premiers siècles). Les sept planètes sont les sept plus grands dieux.
# Le culte de Nabou était très populaire dans le dernier empire babylonien comme l’attestent les noms théophores des trois principaux rois Nabopolassar, Naboukodorosor, Nabounaïd.
# Ezéchiel' IX, 1,2:>"XI:,3.
5 Kzéchiel XXVIII, 14-16.
. « Tu étais en Eden dans le jardin d’Elohim... Tu étais un chérubin protecteur aux ailes déployées ;
Je t'avais placé là et tu étais sur la sainte montagne d’Elohim,
Et tu marchais au milieu des pierres étincelantes..
Je te précipite de la montagne d’Elohim,
Je te fais disparaître, chérubin protecteur,
Du milieu des pierres étincelantes.
Nous avons ici les traces d’un mythe paradisiaque. Gunkel Schôpfung und Chaos, p. 148, 149 et Bertholet, Das Buch Hezechiel, p. 149, 150. Le prophète semble croire que depuis la prise de Jérusalem et la première déportation, lahvé a abandonné le sanctuaire de Sion pour se retirer sur la montagne d’Elohim dans le nord. (Ezéchiel I, LOINAIT/,012,71X; 9);
les traditions des nations et s'adapte aux croyances populaires. Mais ces nouveaux motifs mythologiques ne sont pas de simples manifestations syncrétiques ; ils répondent à une tendance théologique. Dieu est trop grand et trop saint pour communiquer directement avec le monde des créatures et même avec son peuple. II faut des intermédiaires entre l’humaiïn et le divin, entre Ja terre et le ciel.
A côté de représentations fortement anthropomorphiques nous trouvons aussi chez Ezéchiel la doctrine d’un Dieu transcendant. Cette doctrine s’affirmera avec toutes ses conséquences dans le Code sacerdotal. Les apparitions de la divinité telles qu’elles étaient racontées par les anciennes et naïves légendes seront rigoureusement éliminées. Dieu parle aux patriarches et il donne la thora à son peuple ; mais il n’apparaît plus sous forme humaine ; il ne façonne plus l’homme, il ne plante plus les arbres du jardin d’Eden, il ne « se repent » plus « d’avoir fait l’homme », et n’est plus « affligé dans son cœur », il n’a plus besoin de se promener sur la terre pour constater de ses yeux les mauvaises œuvres des hommes et pour discuter avec Abraham sous les chênes de Mamré.
Il ne faudrait cependant pas s’exagérer l’importance du côté dogmatique de la prédication d’Ezéchiel. Ce qui préoccupe le prophète c’est surtout la vieille question du iahvisme, le gouvernement du monde par lahvé. Tahvé est le Dieu juste et le Dieu justicier, il dirige la marche des peuples.
Comme les prophètes du vire siècle l'avaient enseigné, Israël est le but de l’histoire et Jérusalem est le centre du monde”. Cependant Tahvé n’intervient pas
1 Ezéchiel V, 5 ; XXXVIII, 12,