‹ Les prophètes d'Israel (volume 2)Chapitre 100 sur 110 · Revue des Deux Mondes, 15 octobre · texte numérisé non relu

Revue des Deux Mondes, 15 octobre

2. Formule d'une profondeur historique admirable et qui restera encore vraie en la retournant : l'esprit prophétique est la première forme delà philosophie de l'histoire : il en est la forme inconsciente et poétique; c'est

plus hardis des écoles allemandes, mais il pouvait être à la fois plus indépendant qu'eux et plus chrétien Tandis que les théologiens dits rationalistes s'attaquaient aux miracles de Jésus, et, qu'ils le voulussent ou non, supprimaient le dieu en voulant l'accommoder aux exigences de l'esprit moderne, il reconnut parfaitement que l'histoire de Jésus n'avait de signification et de valeur que comme histoire d'un dieu et non comme histoire d'un homme ; il ne s'agissait point de faire Vhistoire humaine du Dieu^ de réduire aux lois de la physique élémentaire les miracles fondamentaux du Christianisme, et de montrer comment le Dieu Jésus avait bien voulu, par une rare condescendance, se défendre scrupuleusement toute infraction aux lois que l'homme a cru découvrir dans l'ordre du monde; il fallait faire Vhistoù^e divi7ie de l'homme et montrer comment l'homme Jésus, par une nécessité inévitable du monde auquel il s'adressait,

une philosophie de l'histoire vue et sentie au lieu d'être conçue et comprise.

\. Cf. plus haut, pages 237 et suite.

devait passer Dieu. Parla, Salvador était sur la voie de l'explication mythique et du système de Strauss, et en fait il y entre : il se rencontre avec lui pour expliquer pourquoi Jésus, fils de Joseph, a dû naître d'une vierge, pourquoi il a dû naître à Bethléhem. Il a dû naître d'une vierge, comme le dit fort bien saint Mathieu, premier précurseur de Strauss, a afin que la prophétie d'Isaie fût accomplie : Yoici qu'une vierge va enfanter, elle portera un fils, » etc. ; et il devait naître à Bethléhem, parce qu'il est dit : « De toi, Bethléhem sortira un chef qui régnera sur mon peuple Israël. »

Sans prononcer le mot décisif de Strauss, Salvador est au fond guidé d'un bout à l'autre par la même idée :

» Dès qu'on ouvre les Evangiles et qu'on en » poursuit la lecture, partout la volonté de » Jésus-Christ s'y montre exprimée, partout il » entend accomplir les anciennes Ecritures, les » prophéties.

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