Rois, II, XII
3. Rois, II, XVIII : — ^ « Il supprima les hau ts-lieux, brisa
Le Dieu jaloux ne triomphera dans le domaine des faits que vers l'an 622, un demi-siècle à peine avant la chute de Jérusalem. Mais c'est vers l'an 875 que Je Dieu, faible et incertain au début, prend conscience de lui-même et de ses ambitions avec une clarté formidable ; c'est dans la crise provoquée par l'invasion des dieux phéniciens en Israël, sous le roi Achab. A Jérusalem, la ville du temple, Jéhovah était peu contesté : c'était un dieu comme ceux des autres peuples, et la transmission régulière du pouvoir dans la famille de David favorisait un Jéhovah tranquille, sacerdotal et peu inquiet. Il en était autrement en Israël, agité par des révolutions perpétuelles*. Vers l'an 900, montait sur le
les images, coupa TAchéra et mit en pièces le serpent d'airain qu'avait fabriqué Moïse et auquel les enfants d'Israël brûlaient encore de l'encens. »
1. Après la mort de Salomon, vers 97o, le royaume se brise en deux : Juda et Israël. Juda, avec Jérusalem la capitale, reste fidèle jusqu'au bout à la famille de David et est détruit par Nabuchodnosor, roi de Babylone, en 588, après une durée de quatre siècles. Israël passe de dynastie en dynastie à travers une dizaine de révolutions et périt en 721 sous les coups de l'Assyrie, près de cent
trône la dynastie d'Omri, le fondateur de Samarie, sous qui Israël, encore à moitié sauvage et mal sorti de la vie patriarcale, s'ouvrit largement aux influences civilisatrices de sa puissante et riche voisine, la Phénicie. Achab, fils d'Omri, épouse une princesse phénicienne, Jézabel. Avec elle, ou plutôt avec l'influence phénicienne, s'introduisit le culte des divinités de Tyr, et Baal refoula Jéhovah.Les dieux, comme les peuples, ont besoin, pour se reconnaître, de l'oppression étrangère. Tout l'orgueil de l'élément Israélite, blessé au cœur par l'insolence phénicienne ; son mépris pour une civilisation plus raffinée et matériellement supérieure et dont il ne devait que sentir plus vivement les corruptions et les hontes ; tous les préjugés du Bédouin, comme toutes ses vertus, trouvèrent un centre de protestation dans Jéhovah, qui sortit de l'épreuve plus puissant que jamais, plus impérieux, et
trente ans avant Juda. Les prophètes désignent souvent Israël sous le nom de Samarie, sa capitale, ou d'Éphraïm, sa principale tribu, et quelquefois de Josepb, l'ancêtre d'Éphraïm.
moralisé par contraste. Samuel revint au jour sous les traits d'Elie le Tisbite. Cette sombre et puissante figure, que la légende a enveloppée d'un voile de flamme, a frappé d'un souvenir profond l'imagination des générations qui suivirent : archange humain tout vivant enlevé au cieP, précurseur divin dont les premiers chrétiens attendaient le retour^, éternel voyageur pour qui les juifs laissent encore chaque année la place vide au banquet de Pâques ^ Mais ici, l'auréole de la légende n'est que le reflet de l'histoire, le rayonnement de la personne réelle, et il n'est point possible de douter de l'existence et de Faction de ce grand « troubleur d'Israël* ». Son nom résume une guerre triomphale du dieu jaloux, une guerre au couteau de Jéhovali contre Baal, qui aboutit à l'extermination du dieu phénicien. C'est dans l'école de prophètes qui se forma à son ombre, que fut