Rois I, XVIII
forgé, comme mie barre de fer, le monothéisme d'Israël. Il nous est resté un curieux écho des arguments semi-voltairiens qui couraient dans ces écoles, dans les sarcasmes lancés par Elie aux prêtres de Baal appelant en vain le feu du ciel sur le sacrifice qu'ils offrent à leur dieu : (( Mais criez donc plus fort, car ce n'est qu'un dieu : peut-être est-il à causer, ou occupé, ou en voyage ; ou peut-être est-il endormi et fautil l'éveiller ^ »
Un siècle à peine sépare Elie des prophètes proprement dits, c'est-à-dire de ceux dont nous possédons les œuvres. Ce siècle, dont il ne reste que des légendes, a dû être le plus fécond de l'histoire morale d'Israël : car les premiers prophètes présentent déjà tous les traits du prophétisme. Jéhovah n'est plus seulement le dieu jaloux, le dieu qui frappe et punit ceux qui l'oublient ou qui le méprisent ; c'est déjà le dieu de la vertu, le dieu de la justice; c'est déjà le dieu du pauvre et de l'opprimé; c'est déjà le