‹ Les prophètes d'Israel (volume 2)Chapitre 15 sur 110 · Rois I, XIX · texte numérisé non relu

Rois I, XIX

En effet, dans le siècle qui suit Éiie, p«araît au jour une chose nouvelle dans le monde : un dieu devenu instrument de morale.

Nous ne pouvons pas suivre jusqu'à ses origines le mouvement de purification et d'idéalisation qui, après avoir mis Jehovah hors de pair et au-dessus de tous les dieux, vida le ciel tout entier à son profit, et attacha à son nom et à son culte tout le trésor de la conscience. Ce travail est achevé dès les premiers prophètes dont nous avons la parole, Amos et Osée. Rien d'essentiel n'a été inventé depuis : eux-mêmes^ sans doute, n'ont rien inventé et ne doivent leur titre de priorité qu'au hasard, qui a fait périr

l'œuvre de leurs prédécesseurs, dont la Bible a consacré les noms et dont l'auteur du Livre des Rois et celui des Chroniques avaient encore les œuvres : Nathan, Gad, Iddo, et autres. Il est probable que déjà, dans la guerre qu'Elie dirigeait contre Baal, au nom de Jéhovah, la question politique et théologique n'était pas tout, et que la puissante poussée morale du jéhovisme prophétique était déjà commencée. Car Elie n'est point seulement l'ennemi de Baal et des idoles ; c'est le justicier envoyé pour dénoncer au meurtrier de Naboth les colères de Jéhovah, pour venger le pauvre qu'on dépouille et qu'on égorge^ ; et la première parabole évangélique a été dite, dix siècles avant le Christ, par le prophète Nathan, flétrissant par-devant David, au nom de Jéhovah, le meurtre et l'adultère royaP.

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