‹ Les prophètes d'Israel (volume 2)Chapitre 16 sur 110 · Rois I, XXI, 18 sq · texte numérisé non relu

Rois I, XXI, 18 sq

2. « Il y avait deux hommes dans une même ville, l'un riche et Tautre pauvre.

«Et le riche avait grand bétail et petit bétail en grand nombre.

« Et le pauvre n'avait qu'une petite brebis qu'il avait achetée et nourrie, et elle avait grandi avec lui et ses

Le siècle qui fit aboutir ce mouvement, le xi^ siècle, est une des grandes époques de l'histoire de l'âme humaine. Ce fut un siècle de crise morale intense, d'inquiétude souffrante, semblable à celle du i^"" siècle de notre ère et à celle du siècle où nous vivons. Israël cherchait son Dieu et ne le trouvait pas. Il demandait en vain le secret de la justice et de la vérité à ces idoles impuissantes que son premier roi avait érigées au nom de Jéhovah pour déshabituer son peuple du chemin de Jérusalem: beaucoup, sans doute, en acceptant les dieux nouveaux de Phénicie, avaient cru trouver en eux la paix de l'âme, et ils allaient d'un dieu à l'autre, « boitant entre Jéhovah et Baal », sans repos et sans espoir. Ce fut un siècle d'angoisse et de tremblement, dont la plainte ne nous est pas venue et dont nul enfant n'a écrit la confession. Pourenfants; elle mangeait de son pain, buvait de sa coupe, couchait sur son sein, et était pour lui comme une fille.

« Et vint un voyageur chez le riche, et il ne toucha pas à son bétail grand ou petit, pour traiter l'hôte qui lui venait, et il prit la brebis du pauvre..., etc. (Samuel II, XII, 1 sq.)

tant un écho de cette angoisse a passé jusqu'à nous dans une page qui ouvre la littérature prophétique et qui résume le drame de conscience de tout le siècle qu'elle clôt^ :

Voici venir des jours, dit le Seigneur Jéhovah, où j'enverrai la faim dans ce pays ; non la faim après le pain, ni la soif après l'eau, mais la faim d'entendre la parole divine.

Ils erreront d'une mer à l'autre, et du Nord au Levant ils courront pour chercher la parole divine : et ils ne la trouveront pas.

En ce jour dépériront de soif les belles jeunes fdles et les jeunes gens; et ceux qui jurent par le péché de Samarie, qui disent : Vive le Dieu de Dan! Vive la voie de Beer-Schéba! tomberont pour ne plus se relever.

A l'époque où s'ouvre la littérature prophétique, voici l'horizon politique et moral qui s'étendait devant l'œil des rêveurs d'Israël et de Juda. Une foule de petits États, Moab, Edom, Pliilistie, Tyr, Israël, Juda, qui s'entre-déchiraient avec l'acharnement des petits ; la guerre et le pillage à l'ordre du jour, des razzias perpétuelles alimentant de captifs le commerce es-

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