II
2. Lettre au Drapeau blanc, du 18 avril 1823, citée par M. Gabriel Salvador, p. 11.
catholique, la Quotidienne^ sans se mettre grandement en peine d'arguments, écrasa tranquillement l'auteur avec la fameuse tirade de Lamennais :
(( Peuple, autrefois le peuple de Dieu, devenu » non pas le tributaire, le serviteur d'un autre » peuple, mais l'esclave du genre humain qui, » malgré son horreur pour toi, te méprise jus- » qu'à te laisser vivre ; peuple opiniâtre, dont » aucune souffrance, aucun opprobre n'a pu » lasser ni l'orgueil ni la bassesse; qui ne trou- » ves pas en toi-même un remords, une humble » plainte pour désarmer le bras qui te frappe, et » qui portes sans étonnement, depuis dix-huit » siècles, tout le poids de la vengeance divine; » peuple incompréhensible, cesse un instant le » travail dont tu te consumes sous le soleil, ras- » semble-toi des quatre vents où le Seigneur » t'a dispersé. Viens et réponds! »
Les libéraux, au contraire, furent enchantés d'appeler la Bible à la rescousse de la Charte et de jeter Moïse et le Pentateuque à la face des théoriciens du droit divin :
« Si nous pouvions persuader aux partisans » des doctrines serviles de lire avec soin la Loi » de Moïse, nous croirions avoir beaucoup fait » pour leur conversion, disait le Constitution- » nel^. Ils y verraient que les éléments du gou- » vernement constitutionnel datent d'un peu » loin, et que les descendants d'Abraham ne » connaissaient ni les privilèges féodaux ni » l'accumulation des grandes propriétés. »
Les membres de la gauche et les rédacteurs du Constitutionnel devenaient des prophètes au petit pied :
« Les Juifs avaient même leurs orateurs qui, » sous le nom de prophètes, dénonçaient les abus » et réclamaient avec fermeté l'exécution des » lois. Ces orateurs étaient aussi traités de ré- » volutionnaires par les fanatiques de l'époque » et ils furent souvent exposés à de violentes » persécutions. »
Jérémie enfin fulmine contre l'expédition d'Espagne :