‹ Les prophètes de la renaissance ... Dante, Léonard de Vinci, Raphaël, Michel-Ange, Le CorrègeChapitre 10 sur 47 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ROME A VOL D'OISEAU CRISTALLISATION DE L'ITALIE ' DANS LA VILLE ÉTERNELLE

0 Rome 1 my country 1 city of the soûl ! Byron.

Malgré les péripéties extraordinaires et Tapparente confusion de ses gestes contradictoires, aucune histoire ne présente une unité plus grandiose que celle de l'Italie, avec ses éclipses totales et ses fulgurations éblouissantes. Etudiée par fragments, cette histoire semble disparate et tumultueuse. Vue dans son ensemble, il s'en dégage une synthèse puissante.

Cette unité dans la variété, on la trouve exprimée et comme figée dans l'architecture de sa capitale, dans cette ville de Rome, oii trois mille ans d'histoire nous apparaissent pétrifiés, mais présents et parlants encore, en des ruines et des monuments d'une éloquence impérieuse.

Donnons un coup d'œil aux grands aspects de

la Ville Eternelle, avant de nous faire une image de l'âme italienne par un raccourci de son évolutioa.

Toute la Rome païenne se groupe attentive et concentrée autour du mont Palatin, ce dominateur hautain des sept collines, dont chacune est comme une autre face de l'âme romaine et un morceau de son histoire.

Dressé entre le Forum et le Golisée, en face de l'immense campagne romaine, cet entassement de constructions superposées forme la plus colossale et la plus imposante des citadelles. Pourtant elle ne paraît pas disproportionnée avec son entourage. Ce n'e^ que le centre légitime du plus grandiose des cadres historiques.

Le mont chargé de crimes et de gloire a, dit-on, pour fondement la cloaca massima bâtie par Tarquin. Il cache à sa base le prétendu tombeau de Romuluset la grotte légendaire de sa louve nourricière. Il porte à son sommet les palais somptueux, aux colonnes de jaspe et de porphyre, à chapiteaux dorés qui servirent de demeure à plus de soixante Gesars. Des herses formidables gardent l'entrée de la citadelle impériale. Dans ses entrailles se creusent les prisons sinistres oii tant de meurtres se commirent. Dans le palais d'Auguste se dissimule, toujours intacte, la chambre à coucher où l'impératrice Livie recevait Ovide. Sur les murs de cette chambre intime, une fresque admirablement conservée fait voir lo recevant Mercure qui lui

annonce la venue de Jupiter, tandis qu'Argus, envoyé par Junon, les surveille d'un œil soupçonneux et lubrique. Des rampes du mont Palatin, on aperçoit tout le théâtre de l'histoire romaine : le Capitole, oii des centaines de triomphateurs montèrent cueillir des lauriers jugés presque divins, et, sur ses flancs, la roche Tarpéienne d'oii furent précipitées tant de victimes illustres. La forteresse des empereurs domine à pic le Forum du peuple, oii les commices orageux fabriquaient les tribuns et les consuls. On y voit les rostres, où parlaient les Gracques et Cicéron, Jules César et Brutus. Entre les colonnes tronquées du temple de Vesta, une Vestale de marbre, aux bras coupés et aux traits durs, semble méditer encore sur les destins de Rome. Un peu plus loin se dresse la ruine formidable du Colisée, le cirque géant, modèle de toutes les arènes du monde, où les gladiateurs de toutes les nations luttaient entre eux et avec les bêtes féroces, devant trois cent mille spectateurs. Placés non loin de ce monument monstre de la force et de la grandeur romaine, les arcs de triomphe de Titus et de Constantin paraissent petits et presque écrasés.

Tels les restes fossiles mais éloquents de quatorze siècles de tempêtes humaines. Quel récit, quel livre vaudra jamais ce résumé de pierre d'une histoire, qui est elle-même le résumé de l'histoire de tant de peuples?

Gagnons maintenant la terrasse de Domitien qui couronne le mont Palatin. Contemplons de là le paysage immense qui s'étale autour de la ville, et

puis essayons- d'embrasser l'horizon d'un seul regard. Le voilà sous nos yeux, tout le Latium, d'oiî partirent les conquérants de l'univers. Au delà de la campagne romaine, déserte et sillonnée seulement d'aqueducs, l'œil en fait le tour en suivant le majestueux demi-cercle de montagnes, aux délicates nuances mauves ou azurées, depuis les monts Sabins, où se dérobent le temple de la Sybille, les cascades de l'Anio et la maison d'Horace, jusqu'aux sauvages montagnes Volsques, oii le transfuge Coriolan vint mourir, poignardé par la Némésis de Rome au foyer même des ennemis de sa patrie. Au milieu de Tare de cercle formé par ce vaste panorama de montagnes, s'élèvent les monts Albains. On distingue à peine les maisons de Frascati et d'Albano, l'ancienne Albe-la-Longue, aïeule et rivale de Rome. Au flanc de ce majestueux sommet, se blottit la maison de campagne de Scylla et de Cicéron près d'un délicieux petit amphithéâtre creusé dans la montagne. Là trône aussi la splendide villa Aldobrandini, d'où Rome lointaine ne paraît plus qu'un assemblage de tumuli surmontés de quelques coupoles. De Rome même, on n'aperçoit pas tous ces monuments classiques, mais leurs images planent sur le lointain rempart du Latium et lui font comme une ceinture de souvenirs sacrés. Sous la vaste coupole du ciel romain, d'un azur plus lumineux et plus profond que les autres ciels, tout parle de force et de domination dans une harmonie suprême. Et l'on comprend le mot de Dante : « Rome est le lieu choisi par Dieu pour le gouver" nement du monde. »

De là, traversons un bout de la ville, sortons do

ses murs par la VoieAppienne, et, pourvoir r autre Rome, descendons dans la catacombe de Saint- Calixte, couloirs interminables et sombres caveaux qu'on parcourt à la lueur des cierges. Le silence des morts règne dans ces ténèbres. On foule des ossements, des tombeaux de martyrs. Des têtes exsangues de Christ, peints sur les murs, vous regardent d'un air effaré. Tel le refuge et le temple des premiers chrétiens. Et pourtant de ces cavernes funèbres est sorti le christianisme qui devait conquérir l'univers. Les forteresses, les palais et les temples païens devaient crouler devant les apôtres d'abord cachés dans ces souterrains maudits. Force de l'Ame et triomphe de l'Esprit! Quelle autre ville nous donnerait une pareille leçon de choses? — Mais voulez-vous voir ce christianisme triomphant à son tour ? Montez sur la plateforme de Saint-Pierre. Si l'intérieur de la basilique écrase par l'énormité de ses proportions, par sa splendeur dorée et pontificale, le toit de l'édifice frappe davantage encore par sa grandeur fruste et toute apostolique. Les pèlerins qui se promènent sur cette terrasse ont l'air de fourmis auprès des douze apôtres géants rangés sur la rampe du toit. Au milieu d'eux, le Christ colossal, tenant sa croix, les dépasse de la moitié de sa taille. Rongés par le vent et la pluie, noirs, barbus, presque en loques sous l'usure des siècles, le Maître et ses disciples de Galilée regardent la ville de Rome qui s'aplatit à leurs pieds et dont les bâtisses innombrables qui encombrent les sept collines, ne semblent plus d'ici que des champignons. Voilà les nouveaux triomphateurs. Et pourtant ces colosses ne triomphent pas. Humbles,

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tristes et puissants, ils invitent à la pénitence et à l'expiation les générations qui se succèdent dans la Ville Eternelle.

Youlez-vous maintenant vous donner, d'un seul coup, la sensation foudroyante du génie de la papauté et de son histoire, visitez le château Saint- Ange.

Du pont Saint-Ange, que festonne une allée d'anges de marbre, apparaît l'énorme bastion circulaire que l'empereur Adrien fit construire pour lui servir de tombeau. De ce mausolée gigantesque les papes firent la forteresse qui domine la ville de Rome avec sa couronne de mâchicoulis. Premier symbole : le pouvoir spirituel se glissant dans la formidable carapace delà puissance romaine et s'y établissant en maître. Et comme ce symbole se détaille dans les entrailles sombres du redoutable donjon ! D'abord, dans la chambre mortuaire, la tête colossale d'Adrien (seul débris de sa statue géante, démolie par les barbares), tête creuse dans laquelle pourrait presque tenir un corps de gardes. Puis les oubliettes où l'on jetait les prisonniers; puis le chemin circulaire oii pouvaient monter des chevaux ; puis le chemin montant tout droit, derrière une porte flanquée de canons. C'est celui construit par Alexandre VI Borgia. Par-dessus des cachots ténébreux, il conduit à la chambre luxueuse du pape, décorée des fresques voluptueuses peintes par Jules Romain d'après les dessins de Raphaël et qui représentent l'histoire de Psyché. Furtivement, la renaissance grecque se blottit dans l'ancien mausolée d'un empereur romain, transformé

en donjon féodal et devenu la citadelle des grands pontifes de la chrétienté. A l'étage supérieur, on atteint la loggia du pape Jules II, qui surplombe le Tibre à pic. C'est de là que le pape g-uerrier, l'impérieux et magnifique protecteur de Bramante, de Raphaël et de Michel-Ange pouvait contempler en maître sa ville et son domaine, ses créations et sa créature. Mais c'est de là aussi qu'un de ses successeurs, le pape Clément VII put voir le sac de Rome, mise à feu et à sang par les hordes de lansquenets lancées contre lui par Charles-Quint et frémir d'horreur en voyant des cardinaux traînés sur les pavés par la soldatesque teutonne. Reflux terrible des forces déchaînées par le pouvoir spirituel usant des instruments du temporel. Contre-coup d'un passé lointain qui fut l'envers de Canossa. Si, penché par-dessus l'abîme au balcon de la loggia de Jules II, on se remémore ces scènes de terreur et de carnage, le Tibre tortueux, encaissé entre ses quais verdâtres, roulant ses eaux jaunes parmi les palais et les masures, semble un fleuve maudit de la cité infernale de Dante, encerclant une prison de damnés.

Mais grimpons par l'étroit escalier sur le toit circulaire du sinistre donjon, et tout va changer d'aspect. Gomme par un coup de baguette magique, un tableau merveilleux se déroule sous nos yeux. Ici, la Rome de la Renaissance nous apparaît soudain dans toute sa grandeur et dans toute sa sérénité. Au centre de la terrasse ronde, sur un piédestal qui semble lui-même un petit donjon, se dresse un colosse blanc, saint Michel-Archange remettant son

épée au fourreau. A droite et à gauche, des pyramides de boulets en marbre blanc, qui serviront jadis à la défense du château, dorment du sommeil des pierres après leur passé héroïque.

Mais regardons le panorama circulaire. Les sept collines, surbàlies et surpeuplées, ondulent harmonieusement. L'ensemble de la ville forme un fouillis de maisons fauves qu'égayent çà et là des jardins avec leurs terrasses de palmiers et de pins parasols. Par-dessus émergent les masses sombres des palais, vaisseaux immobiles portés par un océan pétrifié. Plus haut encore, se dressent les églises avec leurs coupoles élégantes, toutes imitées de celle de Saint-Pierre, qui les surpasse de son dôme majestueux et les regarde de loin comme un berger regarde son troupeau.

Dans tous ces édifices et jusque dans les mouvements du sol, il y a comme un désir secret, comme une émulation de s'élever à la hauteur de la coupole dominatrice. Le Palatin, le Pincio et le Janicule encadrent la grande métropole de leurs ourlets de verdure et de cyprès. Le soleil de Rome festoie sur la ville en mille reflets et pénètre dans tous ses recoins comme il sature le ciel étincelant de sa lumière.

Sensation synthétique mais superficielle de la Renaissance. Nous aurions beau parcourir les musées du Vatican et du Capitole, les trésors des villas avec leurs ombrages peuplés de statues, saluer les Dioscures du Quirinal, dompteurs surhumains de chevaux géants cabrés sur leur colline, nous arrêter aux fontaines bouillonnantes que des Dieux

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de marbre toujours jeunes versent sur les places publiques — nous n'aurions pas mesuré les richesses inépuisables de cette Rome de la Renaissance. On dirait que les ombres illustres de cette époque mémorable entre toutes, oii s'accomplit le premier mariage entre le christianisme et l'antiquité, se soient donné rendez-vous sur la plateforme du Monte-Pincio, entre la villa Borghèse et la villa Médicis. Car on y frôle, par centaines, leurs bustes mêlés à ceux de tous les grands hommes de l'Italie. On se promène avec eux à l'ombre de ces chênes verts, de ces lauriers-roses et de ces myrtes, d'oiî Ton jouit du plus somptueux coup d'œil sur la ville et oii Ton peut se baigner dans le sourire de Rome.

Mais hélas ! nous ne pouvons nous y attarder. Le temps marche avec une rapidité vertigineuse, les siècles accélèrent leur mouvement et nous emportent. Là-bas, en face de nous, de l'autre côté de la Cité-Mère, le Janicule barre l'horizon. Sur la plus haute des sept collines, couverte aujourd'hui de nombreuses villas, s'élevait, du temps de la Rome antique, le temple de Janus, le Dieu à double face, dont Tune regardait l'Orient et l'autre f Occident, le passé et l'avenir du monde. Les portes de ce temple demeuraient fermées en temps de paix et ne s'ouvraient qu'aux jours de guerre, quand les portes du temps s'écartent et que de nouveaux effluves de l'Eternel font irruption dans le présent. De Test à l'ouest, franchissons la ville d'un coup d'aile et gagnons le sommet du Janicule, oii nous appelle le monument historique en qui culmine l'Italie du xix® siècle. La statue

équestre de Garibaldi nous offre l'image parlante du Risorgimento. C'est l'Italie nouvelle, l'Italie du Nord, ligurienne, celtique et piémontaise, reprenant possession de la Rome ancienne — et cette tois-ci pour la garder. Le général intrépide et calme a la tête légèrement penchée et regarde de côté. Sans emphase, sa face de fier soldat et son front pensif, visage de lion humain, pleine de force et de douceur, d'une mansuétude inébranlable, regarde Rome sans étonnement et sans orgueil. Il la salue comme la capitale de la patrie dont il défendit l'unité avec cet infaillible sentiment du devoir qui lui fit dire : Roma o morte ! Rome ou la mort! Sur le devant du socle, une troupe de Garibaldiens se précipite, baïonnette en avant, comme si la pensée du général libérateur les faisait jaillir du piédestal. A leurs pieds, s'étale dans son immensité la Ville Eternelle qu'ils aperçoivent pour la première fois. Derrière eux, l'imagination évoque tous les héros du Rlsorgi?nentOf penseurs et poètes, martyrs des prisons et des champs de bataille, de Silvio Pellico à Cairoli, de Mazzini, le cerveau organisateur à Garibaldi l'épée libératrice, de l'éveilleur infatigable qui secoua l'âme italienne de sa torpeur au vainqueur persuasif qui lui rendit sa terre et sa capitale.

La Rome antique a conquis l'Italie. L'Italie moderne a reconquis Rome, et par elle a mis le sceau à son unité.

Ainsi, pour qui les parcourt d'un regard circulaire, les plus violents contrastes de Rome se

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nuancent et se fondent en une harmonie grandiose qui retentit comme un appel à une synthèse intellectuelle.

L'aspect et la figure dé Rome nous ont montré une cristalhsation de l'Italie en un raccourci monumental. C'est la résultante de trois mille ans de pensées et de luttes, condensées en un relief plastique. Cette évolution de l'âme ifalienne, nous devons la considérer maintenant dans son histoire traversée à grandes enjambées, en ne nous arrêtant qu'aux sommets qui marquent l'apogée de ses élans et les reposoirs de son vol.

Mais, en face de cette Rome à la fois contradictoire et synthétique, essayons d'abord de saisir ridée maîtresse de cette évolution. Car l'impression totale de Rome nous en donne la clef.

L'âme italienne plonge par ses racines dans le sol et dans l'âme de la Rome antique, mais c'est la plante d'une autre graine, combien diverse d'essence et de frondaison. Car le peuple italien ressemble aussi peu au peuple romain qu'un laurier à un chêne ou que la vigne grimpante à l'ormeau qui la porte. Et pourtant, le sol latin et la patrie romaine ont légué à l'Italie du moyen âge, puis à l'Italie de la Renaissance et enfin à l'Italie des temps modernes, cette idée qui, par une série d'élargissements, de fécondations et de métamorphoses, anime toute son histoire et lui confère son unité spirituelle. Cette idée est l'idée de V^iniversalité. Rome l'avait poursuivie pendant douze siècles en son effort de conquérir le monde, d'abord par les armes, ensuite par le droit. Affinant et spiritua-

lisant cette idée, l'Italie devait l'appliquer successivement à la religion, à la poésie et à Cart.

La troisième de ces époques est celle de la Renaissance et marque l'apogée de l'ascension italienne, au point de vue intellectuel. C'est celle qui fait l'objet de ces études. Nous ne donnerons qu'mi coup d'œil aux deux précédentes qui lui servent de préparation.

Dans k quatrième phase de l'Italie, qui commence au XIX® siècle avec le Risorgimento, l'idée de Tuniversah'té intellectuelle, qui fait la grandeur incomparable de la Renaissance, passe au second plan. Il s'agir, désormais pour l'âme italienne de reconstituer son unité nationale et son but devient essentiellement politique. Cette page de son histoire n'est ni moins gra-nde ni moins instructive que les précédentes. L'Italie y déploie une nouvelle et plus grande énergie que dans toutes les autres. Car c'est désormais tout son peuple, avec toutesses forces et toutes ses classes sociales qui entre en scène et en action.

Si les études de ce livre sont uniquement consacrées à la Renaissance, ce n'est pas seulement à cause de l'abondance des matières et du manque d'espace, c'est surtout à cause du caractère essentiellement universel de cette époque, où le génie de Thumanité a proclamé, à travers les grands artistes de ce temps, des vérités transcendantes qui n'ont pas encore été comprises jusqu'à ce jo^u" et qui sont destinées à exercer une influence capitale sur l'avenir.

Pour commencer, un coup d'œil sur le moyen âge est nécessaire. On ne peut pas comprendre

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toute la portée de la Renaissance sans avoir sondé d'abord toute la profondeur de l'œuvre de Dante, ce grand précurseur de l'âme moderne, qui fut en même temps un apôtre de l'individualité libre et de l'universalité intellectuelle.

Ainsi tout finit et tout recommence dans la ville Eternelle. Rome est vraiment « la Cité de l'Ame » comme l'appelle si poétiquement Ryron. Elle l'est non seulement parce que les souffrances de l'individu s'apaisent ici devant les grands deuils de l'humanité et que « les orphelins du cœur » trouvent une seconde patrie dans la Niobé des nations. Elle l'est surtout parce qu'au-dessiis des tragédies et des catastrophes, magnifiées par ses ruines glorieuses, elle promet toutes les renaissances et toutes les résurreclions.

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