IV PRÉFACE
considération primordiale. Peut-on, me disaisje, comprendre la quintessence de l'àme française sans avoir compris, pénétré et défini d'abord rAme latine qui est un de ses facteurs essentiels?
Plus je réfléchissais à ce problème, et plus s'imposait à moi la primauté de Tltalie dans l'éducation de l'Europe. N"a-t-elle pas été en effet par trois fois Tinstitutrice de la civilisation depuis l'ère chrétienne? Elle le fut une première fois par la Rome antique, qui transmit aux peuples du Nord la quintessence de la civilisation gréco-latine. Elle le fut une seconde fois par Tinfluence souveraine de Rome comme métropole du christianisme en Occident. Elle le fut une troisième fois, avec une énergie redoublée, par la Renaissance, qui restaura le culte de la beauté perdue et honnie par le moyen âge et qui, du même coup, révéla au monde un art nouveau, l'art helléno-chrétien.
Je voulus approfondir ce problème en me replongeant dans les grands maîtres de la Renaissance italienne, auxquels j'adjoignis comme précjrseur Dante, le plus grand génie de l'Italie et le plus universel. Faisant ainsi revivre en moi les chefs-d'œuvre architectu-