‹ Les prophètes juifsChapitre 26 sur 136 · Lévitique, ni · texte numérisé non relu

Lévitique, ni

quoi, le cohène ouvrait la victime, la. dépouillait, recueillait le sang, enlevait la graisse de l’abdomen, et, si c’était un agneau ou un bélier, coupait la queue, qui était très grasse. 11 mettait ces parties sur les mains d’Elqana, et, les soutenant, les lui faisait lever en haut et tourner vers les quatre parties du monde. Il répandait ensuite le sang autour de l’autel, et jetait la graisse dans le feu sacré. La poitrine et l’épaule droite de la victime lui étaient réservées. Le reste revenait à Elqana, qui le distribuait aux membres de sa famille pour le repas de piété.

L’homme, ai-je dit, a créé les dieux à son image. Les sacrifices en sont une preuve. A l’instar de toutes les peuplades primitives, les Bénê- Israël se figuraient que les dieux étaient, comme eux, friands de nourriture animale. Mais il eût été onéreux de brûler sur l’autel d’Iahvé des animaux entiers, et les prêtres avaient tourné la difficulté en prêtant à leur Elohim un goût spécial pour les parties de l’animal inutilisables en art culinaire. Dans le mouton, on lui réservait généreusement le sang et le suif.

DES ORIGINES A ÊLIE

Les Bénê-Israël agissaient, à l’égard de leur dieu, comme des gens qui, offrant un poulet à un convive, lui serviraient le foie et le gésier, et s’adjugeraient, avec un soupir, les pilons et les ailes.

Ceci prouve que la dévotion s’associe fort bien — et nous en avons d’autres preuves — avec l’astuce et l’intérêt.

L’une des deux femmes d’Elqana, Perinna, ayant des fils et des filles, recevait plusieurs parts. Mais sa seconde femme, Hanna, n’en recevait qu’une, parce qu’elle était stérile. C’était pour Perinna une occasion de se moquer de sa rivale.

Chez les peuplades primitives, où la lutte pour la vie se réduisait à la lutte du nombre, où un père de famille était d’autant plus puissant et plus considéré qu’il avait plus d’enfants, la stérilité était une honte, le châtiment des puissances célestes. .

« Donne-moi des enfants ou je meurs ! » criait Rahel à Iaâqob. Il en est encore ainsi de nos jours chez les peuplades sauvages, et Livingstone rapporte qu’à Angola, dans le golfe du Bengale,

les femmes stériles sont en butte à la raillerie publique.

Hanna, offensée, pleurait et ne mangeait pas. Son mari, qui l’aimait assez pour n’avoir point profité du droit au divorce que lui donnait, d’après la loi juive, la stérilité de sa femme, essayait de la consoler.

« O Hanna, pourquoi pleures-tu? Pourquoi ne manges-tu pas, et te montres-tu si affligée? Ne suis-je pas pour toi meilleur que dix fils *? »

Un jour, elle entra dans l’obel-mohed, et fit le vœu suivant :

« Iahvé-Çébaoth, si tu vois le chagrin de ta servante, que tu te souviennes de moi, et que tu n’oublies pas ta servante, et que tu lui donnes une semence d’homme, je la consacrerai à Iahvé pour tous les jours de sa vie, et le rasoir nemontrera pas sur sa tête 2 . » .

Elle priait mentalement mais avec tant defer-

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