Ibid
veur que ses lèvres remuaient, et que le chef du sacerdoce, Éli, la crut ivre, car en Kenaân, pays de viticulteurs, l’ivresse était loin d’être rare.
« Jusques à quand, lui cria-t-il, étaleras-tu ton ivresse? Délivrertoi de ton vin.
— « Il n’en est rien, mon maître, lui répondit Hanna; je suis une femme au cœur triste. Je n’ai bu ni vin, ni liqueur mêlée de la vigne, mais je répandais mon âme devant Iahvé. Ne prends pas ta servante pour une vaurienne.
C’est par excès de douleur et d’affliction que j’ai parlé jusqu’ici 1 . »
Évidemment l’émotivité de Hanna est extrême. Non seulement elle s’offense et s’attriste, jusqu’à en pleurer et à ne pouvoir manger sa part de la victime, des railleries de l’autre épouse, mais, au cours de la prière, elle ne peut réprimer ce qui se passe en elle. Soit que le champ de sa conscience soit rétréci 2 , soit que