I. — Gad
J’ai déjà remarqué que les dégénérés mentaux jouent un rôle capital dans les mouvements populaires. Ils sont les chevilles ouvrières des révoltes et des complots, et, à ce point de vue, ils sont parfois très utiles au progrès social.
Les nabis nè font pas exception à cette règle. Lorsque David commença à conspirer contre Schaôul, lorsque « tous les misérables, tous les gens poursuivis par les créanciers, tous les mécontents 1 » se furent joints à lui, nous voyons à ses cotés, parmi ces bandits vivant de maraude, un nabi du nom de Gad.
Ces psychopathes, qui étaient en rapport avec toutes les classes de la société et avaient leur entrée en tous lieux, étaient admirablement renseignés sur toutes choses.
David, que Schaôul faisait rechercher, s’était réfugié dans une caverne au voisinage d’Adoullam, citadelle proche des cantons où Schaôul régnait en maître. Gad eut vent « qu’on savait
1 I, Sehemouël, XXII.
quelque chose de David et de ceux qui le suivaient 1 », et il s’empressa de le prévenir :
« Ne reste pas dans cette citadelle, dit le nabi Gad à David, mais achemine-toi vers la terre d'Iehouda K »
C’est que, là, l’autorité de Schaôul était à peine reconnue.
« David partit, et gagna la forêt de Herth »
Lorsque le bandit fut devenu roi, Gad resta attaché à sa personne. Il devint « le nabi, le voyant de David 2 . »
Un jour, celui-ci donna l’ordre de procéder au dénombrement de son peuple.
C’était, paraît-il, offenser gravement Iahvé. Gad, interprète du dieu, se chargea de transmettre à David l’expression de sa colère.
« Le lendemain matin, au lever du roi, lit-on dans le deuxième livre de Schemouël, la parole d’Iahvé fut ainsi adressée à Gad, le nabi, le voyant de David : Ya dire à David : « Ainsi