‹ Les prophètes juifsChapitre 92 sur 136 · III. — Nathan · texte numérisé non relu

III. — Nathan

David eut un autre prophète du nom de Nathan. Il semble que Nathan fut, pendant une certaine période, attaché à sa personne en même temps que Cad, car les deux nabis sont nommés ensemble à propos de l'introduction des musiciens dans le temple.

Nathan est fort différent des sujets que j’ai étudiés jusqu’ici- Ce n’est ni un chef d état comme Sehemouël, ni un de ces prophètes errants qui ne font, telles des comètes ou des étoiles filantes, qu’apparaître et disparaître dans l’histoire de la peuplade juive.

Nathan est une sorte de personnage officiel, le nonce d’Iahvé auprès du roi des Juifs. Toute sa vie, à ce qu’il semble, se passa à la cour de David.

11 n’est pas surprenant qu’à l’inverse des benê-nebiim de Rama, peu favorables à l’érection

d’un temple, il ait caressé l’idée de jouir aussi chez le dieu du luxe dont il jouissait chez le roi.

« David, lit-on au premier livre des Chroniques , dit à Nathan, le nabi :

« Voici que moi je réside dans une demeure de cèdres, et l’arche d’alliance d'Iahvé est sous des tentures, »

« Tout ce qui est dans ton coeur, lui dit Nathan, fais-le, car Éloliim est avec toi. »

Or il advint que, dans la nuit même, la parole d’Élohim fut adressée en ces termes à Nathan, le nabi :

« Va rapporter ceci à mon serviteur David :

Voici ce qu’a dit lahvé : « Tu ne me bâtiras point une maison pour que j’y réside. Je n’ai point séjourné dans une maison depuis le jour que j’ai fait monter de JVliçraïm (Égypte) les Bénê-lsraël, jusqu’aujourd’hui; mais j’allais de tente en tente et de pavillon en pavillon. Or, pendant tout ce temps que j’ai voyagé avec les Bénê-lsraël, ai-je jamais dit une parole à un des schofètes (juges), que j’avais établis pour paître mon peuple? Leur ai-je dit : « Pourquoi ne me

bâtissez-vous pas une maison de cèdres? » Voici maintenant ce que tu rapporteras à mon serviteur David. Ainsi a parlé Iahvé-Çebaoth : « Je t’ai pris du milieu des pâturages, de la suite de ton troupeau, pour être le guide de mon peuple d’Israël. J’ai été avec toi dans toutes tes entreprises. J’ai tranché tous tes ennemis devant toi. Je t’ai fait un grand nom à l’égal des plus grands noms de la terre. Mon peuple d’Israël, je lui ai fixé une place où il fut planté, et qu’il habitât sans plus trembler; car les pervers ne le tourmentent plus comme autrefois, et cela à partir des jours que j’ai mis des juges sur mon peuple d’Israël. J’ai déprimé tous tes ennemis; et je t’annonce qu’labvé veut te bâtir une maison. Quand tes jours seront accomplis et que tu t’en seras allé avec tes pères, je ferai surgir après toi ta semence, celle qui sera issue de tes fils, et j’affirmerai sa royauté. C’est elle qui m élèvera un temple, et je fonderai son trône pour l’éternité. Je lui servirai de père, et elle me sera comme un fils. Je n’éloignerai pas d’elle ma faveur, comme je l’ai éloignée de celui qui t a précédé. Je la maintiendrai (ta semence, ton

fils) dans ma maison et dans mon royaume, à tout jamais, et son trône sera consolidé pour toujours. »

Ce fut conformément à ces paroles et à cette vision que Nathan entretint David \ »

Ce récit est reproduit presque textuellement au premier livre des Chroniques (xvn).

Qu’il s’agisse d’un rêve ou d’une hallucination hypnagogique, le phénomène n’a pas lieu de nous surprendre. L’hallucination, qui est le rêve de la veille ou de la demi-veille, et le rêve, qui est l’hallucination du sommeil, sont dus à un court circuit, qui, traversant un certain nombre de neurones mnésiques momentanément isolés du reste de la colonie neuronienne, y fail apparaître, avec une intensité inaccoutumée, y fait s’illuminer comme des tubes de Geissler les images c’est-à-dire les résidus de sensation qui y sont cliehées.

Le rêve et l’hallucination ne créent rien; ils empruntent tous leurs éléments au monde extérieur.

i. I, Chroniques, XVII.

Aussi n’est-il pas surprenant qu’il y ait, d’après Miss Galkim. chez 8o r 33 pour 100 des hommes et 72 pour 100 des femmes, un rapport de eonlenu apparent entre la vie ordinaire et le songe.

Quelles sont les idées et les images qui de’ préférence constituent le rêve?

On croit généralement que ce sont celles qui ont été le plus ruminées dans l’état de veille. Yves Delage a montré qu’il n’en était rien. « En règle générale, dit-il, les idées qui ont obsédé l’esprit pendant la veille ne reviennent pas en rêve 1 . »

Et cela s’explique aisément. Le rêve est dû au réveil, dans le cerveau endormi, d’un certain nombre de neurones; et l’on comprend que ce ne soit pas ceux qui ont le plus travaillé pendant le jour qui aient tendance à se réveiller la nuit. Ils dorment au contraire profondément, tandis que ceux qui ont peu travaillé se réveillent à la moindre cause. « Le facteur, dit Yves Delage, vous remet une lettre contenant des nouvelles inattendues. Vous n’avez le temps que delapar-

1. Yves Delage. Essai sur le Rêve. Revue scientifiaue 11 juillet 1891, p. 40. 4 ’

courir : elle est dans votre portefeuille; à plusieurs reprises, vous êtes tenté de la relire, mais chaque fois un fâcheux ou quelque obligation urgente vous en empêche, si bien que vous l’oubliez : voilà un sujet de rêve tout trouvé, et peutêtre est-ce votre rêve qui vous la remettra en mémoire ; au contraire, si vous l’avez lue et relue, si vous avez médité sur la nouvelle qu’elle apporte jusqu’à épuisement du sujet, pour si fort qu’elle vous ait intéressé vous n’en rêverez probablement pas. » « La condition fondamentale pour qu’une impression provoque un rêve est donc que l’esprit en ait été détourné presque aussitôt après l’avoir perçue, où qu’il ait été naturellement distrait au moment de la perception l . »

Mais aussi cette impression a d’autant plus de chance de provoquer un rêve qu’elle a été plus vive. D’après Sancte de Sanctis 2 , la relation de cause à effet entre l’émotion et le rêve se rencontre chez 53,34 personnes pour 400, et serait habituelle chez 33,52 pour 100.

Autrement dit, les neurones qui ont le plus

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