CH. IV. EGYPTE
monde 5 et cependant la prophétie annonce sa fin. La tentative faite par les incrédules pour prouver d'après les chroniques des rois d'Egypte, et d'après la durée de leurs règnes, que ce pays existait comme royaume avant l'époque que Moïse assigne au déluge , ne sert qu'à relever la nature extraordinaire de ces prédictions. Le fait même que depuis 2000 ans l'Egypte n'avait jamais été sans roi, semblait devoir rendre impossible l'accomplissement de la prophétie, et l'expérience de 2000 ans n'a servi qu'à la vérifier. Quoiqu'elle se fût souvent rendue maîtresse de la Judée et des contrées adjacentes, cependant les prophètes juifs n'hésitèrent pas à déclarer que « le sceptre s'en «irait d'entre ses mains, «et que le pays des rois (titre que lui avait mérité la longue suite non interrompue de ses monarques) n'aurait « plus « de prince qui fût de son pays, » et qu'elle serait désolée à son tour par la puissance des étrangers. Ils prédirent qu'elle serait abaissée, le plus bas des royaumes; qu'elle serait désolée au milieu de la désolation, et qu'elle ne s'élèverait plus au milieu des nations. Ils parlèrent de sa bassesse, de sa dégradation complète, quoique son état actuel ne ressemble pas plus à sa grandeur primitive que les cabanes et les huttes de ses habitants d'aujourd'hui ne ressemblent à ses palais et à ses pyramides. De telles prophéties accomplies d'une manière aussi remarquable ne prouvent-elles pas bien clairement qu'elles n'étaient qu'une révélation faite par Celui qui gouverne l'univers?
En passant en revue les prophéties relatives à Babylone, à Ninive, à Tyr, à l'Egypte, comment ne pas reconnaître comme un fait certain que le sort de toutes ces villes et de toutes ces contrées démontre la vérité des prophéties? Comment ne pas reconnaître que toutes ces prophéties ainsi
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conliriJïécs par les événements foiirnissenl la preuve la plus (léeisive de la divinilé de la religion eliréli(Mine? — Toutes ces désolations furent Tœu V re des honniies; les ennemis du christianisme en furent les instruments, et elles auraient éf^alement eu lieu, quand même la parole des propliètes ne les eût pas annoncées. C'est la prédiction de ces faits, avec tant de circonstances et de détails hors de la portée de toute prévoyance Jiumaine, qui est et qui ne peut être que la parole de Dieu. Et la ruine des empires, tout en démontrant la vérité de ces prophéties, devient par-là une confirmation miraculeuse et une preuve de l'inspiration des Ecritures.
Par quelle fatalité se fait-il donc que les infidèles, comme s'ils eussent voulu mettre en évidence la faiblesse de leur cause, aient choisi pour leur champ de bataille ces contrées même oii ils auraient pu lire à chaque pas l'accomplissement des oracles sacrés? Car plus ces ruines sont grandes, plus elles confirment la vérité des Ecritures: et ce n'est pas sur cette forteresse de la foi que les incrédules peuvent arborer leur bannière. Parmi les faits rapportés par Volney, il n'en est pas un seul qui ne soit une protestation contre son système; il se condamne de sa propre bouche. Est-il un aveuglement plus déplorable que celui d'un auteur qui, dédaignant ou feignant d'oublier ces prophéties , essaie de tirer ses arguments contre le christianisme des faits mêmes qui en attestent l'accomplissement et en établissent ainsi la divine autorité? Quelle évidence serait plus claire et plus décisive que celle qui ressort d'un examen détaillé des prédictions et de leur parfait accomplissement?