‹ Les prophéties et leur accomplissement littéralChapitre 33 sur 42 · MOAB. CH. XI · texte numérisé non relu

MOAB. CH. XI

(liiets cle liguiers sauvages, qui prouvent combien les dons les plus riches de la nature sont perdus quand l'industrie de l'homme ne vient pas les féconder. Au lieu donc de cette abondance que jadis on trouvait partout, il n'y a maintenant que quelques morceaux de terre d'une excellente qualité cultivés par les Arabes, qui toutefois ne prennent cette peine que lorsqu'ils peuvent espérer d'en mettre la récolte a l'abri des incursions de leurs ennemis*^^ Les troupeaux des Arabes parcourent en toute liberté les vallées et les plaines, et les vestiges nombreux de champs enclos" ne leur offrent plus de barrières; ils broutent sans interruption autour des tentes de leurs possesseurs sur toute la surface du pays; « la vallée périra et c< le plat pays sera détruit; les villes de Haroher « seront aussi abandonnées ; elles deviendront (( des prés de brebis qui y reposeront, et il n'y « aura personne qui les épouvante. »

Ce contraste frappant ne se voit pas moins dans la condition des habitants que dans l'état du sol.

(f. Les jours viennent, dit TEternel, que je lui « enverrai des gens qui l'enlèveront et qui vidées ront ses vaisseaux. » — Quelques Arabes vagabonds sont aujourd'hui les seuls habitants de cette contrée jadis semée de villes. Ils traversent le pays, dressant leurs tentes tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, décampant ensuite pour se rendre dans une autre partie de la contrée, consumant tout le pâturage, et dépouillant la terre de toutes ses productions naturelles.

« Ce sont les étrangers qui sont venus contre « lui et qui en font une désolation à jamais. » — Ils ne connaissent ni lois ni règles; rien n'est organisé chez eux si ce n'est le brigandage. Quel-

(66) Burckhardt, p. 369. — (67 j Ibid., 565.

qu'un montre-t-il Tintention de former uu établissement fixe 5 ils s'y opposent; car, quoique la fertilité du sol récompensât en abondance le travail du cultivateur et rendît toute émigration inutile, même quand la population augmenterait indéfiniment, cependant les Bédouins les forcent à errer et à chercher ailleurs leur nourriture journalière. Burckhardt fait à cet égard une observation pleine de justesse, en parlant de l'avarice des Bédouins : C'est, dit-il, que toutes les fois que des cultivateurs se trouvent dans leur dépendance, ils les ont bientôt réduits à la mendicité par leurs demandes continuelles ^^

« Habitants de Moab, quittez les villes et dea meurez dans les rochers, et fuyez comme le « pigeon qui fait son nid aux côtés de l'entrée des a cavernes. » — Dans une description générale qu'il fait des habitants de ce vaste désert, qui occupe maintenant l'emplacement de villes jadis si florissantes, Volney dit : Les malheureux paysans vivent dans une crainte continuelle de perdre le fruit de leurs travaux, et ils n'ont pas plus tôt ramassé leur récolte qu'ils se hâtent de la cacher dans quelque endroit écarté et se retirent parmi les rochers qui bordent la Mer-Morte '^ Vers l'extrémité opposée du pays de Moab et à une petite distance de ses bords, Seetzen rapporte qu'un grand nombre de familles habitent dans des cavernes qui avoisinent cette mer, et il les appelle « les habitants des rochers '%) . A quelques milles des ruines d'Hesbon, dans une grande chaîne de rochers perpendiculaires , se trouvent plusieurs cavernes artificielles dans lesquelles on a pratiqué des chambres et quelques petites cellules à coucher'^*. Ainsi les rochers se peuplent

(68) Burckhardt, p. 781. — (69) Volney, vol. II, p. S/j/i. (70) Seetzen, p. 26. ■— (71) Irby et Mangles, p. 473.

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(riial)i(anls pendant que les villes sont désertes. Mais soit que « les troupeaux reposent dans les villes sans (|ue persoune les é[)Oiivante », soit que des hommes fossent leur retraite dan sees roehers, « comme le pigeon qui fait son nid aux côtes de l'entrée des cavernes», ce singulier changement et le parfait accord des faits avec la prédiction nous prouvent clairement que, quelque aveugles que nous soyons, elle n'en est pas moins la parole de ce Dieu devant qui les ténèbres de l'avenir ne sont que clarté, et sans la permission duquel un seul passereau ne peut tomber en terre ''^

Ici nous croyons pouvoir remarquer que les prophéties et les faits qui s'accordent si bien avec elles, quoiqu'empreints d'un caractère de sévérité, n'en sont pas moins consolants pour le chrétien, en tant qu'il sait que Celui qui ne peut souffrir le péché, qui récompense chacun selon ses œuvres, peut aussi changer « le mal en bénédiction, » et que, « lorsqu'il est en colère, il se souvient d'avoir

(7^) Nous ne devrions pas passer sous silence une autre prédiction relative au sort de Moab, quoique les expressions ne soient pas aussi claires et aussi positives que celles que nous avons citées dans cet ouvrage. Le passage suivant nous fait bien voir combien Moab est tombée de son ancienne élévation, et juqu'à quel point il a dû déposer l'orgueil et l'arrogance de son cœur : a Dans la vallée de Wala, tout près de la rivière d'Ammon, dans laquelle se jette celle de Wala, Burckhardt observa un nombreux parti d'Arabes du désert qui y avaient établi leur camp. Sans cesse poursuivis par les autres tribus, « ils errent dans une misère profonde, » ne possèdent qu'un très petit nombre de chevaux, sont hors d'état de nourrir des troupeaux de chèvres ou de brebis. Leurs tentes sont dans l'état le plus misérable ; ils vont presque nus, hommes et femmes ; les premiers n'ont d'autres vêtements que quelques morceaux d'étoffe autour de la ceinture ; celui des femmes ne consiste qu'en une espèce de chemise flottante qui pend en haillons autour d'elles.

« Moab sera un sujet de moquerie; car il arrivera que les fdles « de Moab seront au passage d'Arnon comme un oiseau volant çà a et là, » (Voyages de Burckhardt, p, 370, 371. — Jérémie, XL VIII, 39. — Esaïe, XVI, 2.)

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« compassion » . En raisonnant donc simplement d'après rexpérience (pour nous servir d'un argument de Hume''), ne devons -nous pas aussi tirer la conclusion que, puisque les prédictions qui ont annoncé la désolation ont été accomplies par le passé, celles qui se rapportent au rétablissement final de Moab et d' Amnion seront également accomplies dans Tavenir? Ne serait-ce pas rejeter l'autorité de la raison, ainsi que celle de l'Ecriture, que de ne pas ajouter foi aux paroles du prophète, quand il dit : « Toutefois je ramea nerai et je mettrai en repos les captifs de Moab a dans les derniers jours '\ » — « Je ferai revenir a les captifs des enfants d'Ammon , dit l'Eter- « nel '^ » — « Les restes de mon peuple les posséa deront '\ » — « Ils rebâtiront ce qui aura été <i désert longtemps , ils rétabliront les lieux qui « auront été auparavant désolés , et ils renouvelle leront les villes abandonnées et ce qui était « désolé depuis longtemps"-

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