CHAPITRE XIL
PROPHÉTIES CONCERNANT ÉDOM OU ï/lDlIMÉE.
Mais un sort plus terrible encore attendait le
(73) L'habitude où nous sommes de transporter le passé à l'avenir dans toutes nos inductions, fait que lorsque 'e passé a été complètement uniforme, nous attendons les événements futurs arec la plus grande assurance, ne supposant même pas qu'il puisse y avoir la moindre différence. ( Hume, Essai sur les probabilités.)
(7/i) Jérémie, XL VIII, 47. — (75) Ibid., XLIX, 6.
(76) Sophonie, II, 3.
(77) Esaïe, LXI, /i; LVÏÏI, 12. — Ezécbiel, XXXVI, 33, 38.
2îH KDOM. Cil. :Kn.
payscrEdoni ou criduniéc.^ et c'est un incrédule qui le preuiicr a rendu témoii^na^^e de son acconiplissement. Nous pourrons tout d'abord joindre ce ténioii^nage aux prophéties elles-mêmes, et ce rapprochement ne manquera pas de frapj)er tout esprit impartial. 11 y a plusieurs prophéties relatives à Edom qui admettent une interprétation littérale , quelque hyperboliques qu'elles puissent paraître.
« Mon épée descendra en jugement sur Edom « et sur le peuple que j'ai mis à l'interdit. Elle « sera désolée de génération en génération et il « n'y aura personne qui passe par elle à jamais. « Mais le cormoran et le butor la posséderont; « le hibou et le corbeau y habiteront, et on éten- « dra sur elle la ligne de confusion et le niveau « de désordre. Les princes crieront qu'il n'y a X plus là de royaume , et tous ses gouverneurs « seront réduits à rien. Les épines croîtront dans « ses palais , les chardons et les buissons dans « ses forteresses, et elle sera le repaire des dra- « gons et le parvis des chats-huants ; là les bêtes « sauvages des déserts rencontreront les bêtes « sauvages des îles , et la chouette criera à sa u compagne; là même se reposera l'orfraie, etelle « y trouvera son repos. Là le martinet fera son « nid et y couvera , il y éclora et il y recueillera « ses petits sous son ombre; là aussi seront ras- « semblés les vautours l'un avec l'autre. Re- « cherchez au livre de l'Eternel et lisez : il ne « s'en est manqué quoi que ce soit ; celle - là « ni sa compagne n'y ont point manqué; car « c'est ma bouche qui l'a commandé , et son *< esprit est celui qui les aura assemblés ; « car il leur a jeté le sort, et sa main leur a « distribué ce pays au cordeau. Ils le pos- (( sèderont à toujours ^ et ils y habiteront d'âge
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^^^ en âge'". Quant à Edom, ainsi a dit TEter- « nel des armées : N'est-il pas vrai qu'il n'y <c a plus de sagesse dans Théman? le conseil a « manqué aux hommes entendus; leur sagesse <i s'est évanouie. J'ai fait venir sur Esaii sa ca- « laraité., le temps auquel je veux le visiter. Il ^ était entré chez toi des vendangeurs; ne t'au- « raient-ils point laissé de grapillage? Si c'étaient « des larrons de nuit , ils n'auraient pris que ce « qui leur aurait suffi. Mais j'ai fouillé Esaû, j'ai <c découvert ce qu'il avait de plus caché, telie- « ment qu'il ne se pourra cacher. Voici , ceux qui <ï ne devaient pas boire de la coupe en boiront <î certainement; et toi, en serais-tu exempt eu « quelque manière? Tu n'en seras point exempt; « mais tu en boiras certainement. J'ai juré par « moi-même, dit l'Eternel, que Bohra sera ré^ « duite en désolation, en opprobre, en désert et « en malédiction , et que toutes ces villes seront « réduites en déserts perpétuels; car voici, je te <i rendrai petit entre les nations et méprisable « entre les hommes. Ta présomption et la fierté « de ton cœur t'ont séduit, toi qui habites dans le « creux des rochers, et qui occupes le sommet des <c coteaux. Quand tu aurais élevé ton nid comme « l'aigle, je t'en jetterai bas de là, dit l'Eternel « Idumée sera réduite en désolation, tellement « que quiconque passera près d'elle en sera éton- « née et sifflera à cause de toutes ses plaies. 11 ce n'y demeurera personne, a dit l'Eternel, et au- <x cun fils d'homme n'y séjournera, comme cela « arriva dans la subversion de Sodome et de Go- « morrhe et de leurs lieux circonvoisins '^ »
« Ainsi a dit le Seigneur l'Eternel: J'étendrai « ma main sur Edom , j'en retrancherai les
(78) Esaïe, XXXIX, 5, 10-17.
(79) Jérémie, XLIX, 7-10-12, 13, 15-18.
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« liomnies et les hètcs, et je le réduirai en dé- « sert; depuis Tliéuian ils loinberontpar l'épée"^ « La parole de TEternel me fui eneore adressée et « il me dit : Fils d'homme, tourne ta face contre ^' la montagne de Séhir et prophétise contre elle, « etiuidis: AinsiaditleSeigneurrEternel: J'éten- « drai ma main contre toi et je te réduirai en dé- « solation et en désert, je réduirai tes villes en « déserts et tu ne seras que désolation ^*. Je ré- << duirai la montagne de Séhir en désolation et en « désert, et je retrancherai d'elle les allants et « les venants ^'\ Je te réduirai en désolations éter- « nelles et tes villes ne seront plus habitées ^^ « Lorsque toute la terre se réjouira, je te réduirai ^< en désolation. Tu seras désolée, ô montagne de c< Séhir, et même toute Tldumée entièrement; on « connaîtra que je suis TEternel ^^, Idumée sera « réduite en désert^" à cause de trois crimes d'E- « dom , même à cause de quatre; je ne révoquent rai point ceci^^. » — « Ainsi a dit le Seigneur l'E- « teroel touchant Edom : Voici , je te rendrai petit « entre les nations et tu seras fort méprisé. L'or- « gueil de ton cœur te trompe, toi qui habites « dans les fentes des rochers , qui sont ta haute « demeure. Je ferai périr les sages au milieu « d'Edom , et la prudence dans la montagne d'Eu saii. La maison de Jacob possédera ses posses- (( sions, mais il n'y aura rien de reste dans la « maison d'Esaù^^ J'ai mis les montagnes d'Esaii « en désolation et exposé son héritage aux dra- X gons du désert. Que si Edom dit : Nous avons « été appauvris, mais nous retournerons, nous « rebâtirons les villes ruinées; ainsi a dit l'Eter-
(80j Ezéchiel, XXV, 13. — (8J)Ibid., XXXV, 1-4.
(82) Ibid., 7. — (83) Ibid., XXXV, 9. — (84) Ibid., 14-15.
(85) Joël , m, 4 9. — (86) Amos, I, dl.
(87) Abdias, I, d-3, 8, 17, 18.
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« nel des armées : Ils rebâtiront , mais je les dé- « détruirai et on les appellera le pays de mé- « chanceté ^^ »
Existe-t-il donc quelque part un pays jadis riche et peuplé qui ait été frappé d'un tel excès de désolation? Oui^ et ce pays estridumée^ et le territoire des descendants d'Esaû nous offre une preuve aussi frappante de la divine autorité des Ecritures , que Ta déjà fait le sort des enfants d'Israël. L'Idumée était située au sud de la Judée et deMoab; elle confinait à l'est avec l'Arabie Pétrée^ nom sous lequel elle a été englobée dans la dernière partie de son histoire, et elle s'étendait au sud jusqu'au golfe oriental de la Mer- Rouge. Un seul extrait de Volney fera ressortir également et la vérité de la prophétie et le fait qui en est l'accomplissement : Ce pays n'a été visité par aucun voyageur ; cependant il mériterait de l'être ; car d'après ce que j'ai ouï dire aux Arabes de Bàkir et aux gens de Gaza qui vont à Màân et au Karak sur la route des pèlerins, il y a au sud-est du lac Asphaltite (la Mer-Morte), dans un espace de trois journées, plus de trente villes ruinées, absolument désertes. Plusieurs d'entre elles ont de grands édifices, avec des colonnes qui ont pu être des temples anciens, ou tout au moins des églises grecques. Les Arabes s'en servent quelquefois pour parquer leurs troupeaux ; mais plus souvent ils les évitent, à cause des énormes scorpions qui s'y trouvent. On ne doit pas s'étonner de ces traces de population, si l'on se rappelle que ce fut là le pays des Nabathéens qui furent les plus puissants des Arabes, et des Iduméens qui, dans le dernier siècle de Jérusalem, étaient presque aussi nombreux que les Juifs; témoin le trait cité par
(88) Malachie, I, 3, 4.
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Josèplie, (j[ui dit qu'au bruit de la marche de Titus contre Jérusalem il s'assembla tout-à-coup trente mille Idumécns qui se jetèrent dans la ville pour la défendre.
Il paraît qu'outre un assez bon gouvernement ces cantons eurent encore pour mobile d'activité et cause de population une branche considérable de commerce de l'Arabie et de l'Inde. On sait que dès le temps de Salomon les villes d' A stioum-Gâber (Esion-Gâber) et d'Aïlah (Eloth) en étaient deux entrepôts très fréquentés ; ces villes étaient situées sur le golfe adjacent de la Mer-Rouge, où Ton trouve encore la seconde avec son nom , et peutêtre la première dans el'Agabé ou /a ^n( de la mer). Ces deux lieux sont entre les mains des Bédouins qui, n'ayant ni marine ni commerce, ne les habitent point ; mais les pèlerins du Kaire qui y passent rapportent qu'il y a à el-Agabé un mauvais fort^^ Les Iduméens, à qui les Juifs n'enlevèrent ces ports que par époques passagères, durent en tirer de grands moyens de population et de richesse ; il paraît même qu'ils rivalisèrent avec les Tyriens qui possédaient en ces cantons une ville dont le nom est inconnu, sur la côte de VHedjaz, dans le désert de Tih, la ville de Faran, et sans doute el-Tor, qui lui servait de port. Délaies caravanes pouvaient se rendre en Palestine et en Judée ( en traversant l'Idumée) dans l'espace de huit à dix jours; cette route, plus longue que celle de Suez au Kaire, l'est infiniment moins que celle d'Alep à Basra ^^
Voilà un témoignage qui n'admet pas le plus léger doute sur son impartialité ; il est impossible d'y rien trouver à redire, et cependant elle pèse de tout son poids en faveur de la véracité de ces
(89) Ce port appartient maintenant au pacha d'Egypte. (90)Volney, eh. xxxr, p. 317, 318, 319.
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pi ophéties extraordinaires. Q ue les Iduméens aient été une nation nombreuse et puissante plusieurs siècles après rémission des prophéties ; qu'ils aient eu, de même au jugement de Volney, un assez bon gouvernement; que Tldumée ait contenu un grand nombre de villes ; que ces villes soient aujourd'hui absolument désertes ; que leurs ruines soient le repaire des scorpions; que les Iduméens aient été une nation commerçante et aient possédé des entrepôts très fréquentés; que ce pays offre pour aller aux Indes une route plus courte que le chemin ordinaire , et que cependant il n'ait été visité par aucun voyageur ; ce sont autant de faits avancés et prouvés par le témoignage involontaire de l'habile auteur des Ruines.
L'Idumée avait été constituée en royaume longtemps avant que celui d'Israël existât ; elle avait été gouvernée d'abord par des chefs et des princes , ensuite successivement par huit rois , plus tard encore par des chefs , avant qu'aucun roi eût régné sur les enfants d'Israël ^* . Sa fertilité et sa civilisation se trouvent clairement indiquées non-seulement dans la bénédiction d'Esaii dont la demeure devait être « au milieu d'un terroir gras, arrosé de la rosée des cieux d'en haut » , mais aussi dans la condition que fît Moïse lorsqu'il sollicita pour les Israelites la permission de traverser les frontières : « Nous ne passerons point, dit-il, par les champs ni par les vignes ; » et encore dans le tableau qui nous est fait de la richesse et des troupeaux que possédait un individu de ce pays , à une époque probablement très éloignée ^^ Il n'y a aucun doute que les Iduméens ne fussent un peuple riche et puissant. Ils faisaient souvent la guerre aux Israelites et se liguèrent contre eux
(91) Genèse, XXXVI, 3i-/i3.
(92) Ibid., XXVII, 39. — Nombres, XX, ^7. — Job, XLII, 42.
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aveclenrsauln^scnnoinis. David les souniilet les lit beaucoup souffrir; i^rand noinhre d'entre eux furent dispersés dans les contrées ad jacentcîs, parliculièrenient dans la Pliénicie et dans TEf^ypte. Mais pendant la décadence du royaume de Judée, et déjà quelques années avant sa chute , les Iduméens s'emparèrent d'une partie du territoire des Juifs et étendirent leurs possessions au sud-ouest de la Judée. Et quoique maintenant aucune gloire ne s'attache au nom de l'Idumée, qui n'existe plus que dans l'histoire ancienne, cependant le premier des poètes de Rome ne la jugea pas indigne de ses louanges :
Primu^Idiiinaeas referam tibi, Mantua, palmas. Virg.jGéorg., III, 12.
Et Lucain en dit :
Arbustis palmarum dives Idume.
Pharsah, III, 216.
L'Idumée , comme royaume , peut pourtant montrer ses titres à une plus grande célébrité que celle que put lui procurer la multitude de ses troupeaux ou la beauté de ses palmiers.
La célèbre ville de Pétra, nommée ainsi par les Grecs à cause de son site rocailleux , était située dans le territoire du pays d'Edom ^\ Il y a des
(93) Le nom de celte capitale, dans toutes les différentes langues, signifie rocher ou roc, et c'est ainsi que Strabon, Edrissi et les SS. Ecritures en parlent. La Pétrée, dit Bochart, tire son nom de sa capitale, Pétra, en hébreu Sélah et en arabe Hagar. Cette ville fut ainsi nommée à cause des rochers et des montagnes qui la dominaient. La population arabe dit encore aujourd'hui que les maisons de Pétra étaient toutes bâties dans le roc. Bochart, Phaleg., 1. IV, c cxxvii, édit. Lugd. 1712.
Par rapport à Tallégorie dont parle saint Paul ( Galates, IV, 25), comme Ta remarqué Josèphe, il est intéressant de savoir que les Nabathéens étaient les descendants d'Ishmaël, fils d'Hagar. Or, la prophétie qui menace Edom d'une perpétuelle désolation peut servir de commentaire à l'allégorie dont nous venons de parler; et cette allégorie elle-même serait un véritable enseignement, si , pénc-
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preuves certaines qu'elle était une des villes d'Edoni ^* et la métropole des Nabathéens ^ qui ^ à ce que dit Strabon^ formaient une même nation ^% et que les Iduméens possédaient le même pays et étaient gouvernés par les mêmes lois®^ Le docteur Vincent 5 en parlant de l'ancien commerce de Pétra^ avant qu'on eût découvert ses ruines^ dit : Pétra est la capitale d'Edom ou de Séhir , l'Idumée ou l'Arabie Pétrée des Grecs , le Nabathé que les géographes, les historiens et les poètes regardent comme la source des plus précieuses denrées de l'Orient ^^ A toutes les époques , les caravanes venant de Minée dans l'intérieur de l'Arabie , et de Gerrha sur le golfe persique, et d'Hadramaut vers l'Orient, ont considéré Pétra comme leur centre commun. Et depuis Pétra le commerce semblait s'étendre de tous côtés , vers l'Egypte , la Palestine, la Syrie, par Arsinoë, Gaza, Tyr, Jérusalem, Damas, et nombre d'autres routes qui aboutissaient toutes à la Méditerranée ^^ Il est très facile de prouver que ce sont les Tyriens et les Sydoniens qui ont les premiers porté les productions des Indes à toutes les nations voisines de la Méditerranée, et qu'ainsi les Tyriens tiraient toutes leurs denrées de l'Arabie. Mais si l'Arabie était le centre de ce commerce, c'était vers Pétra
tré du caractère de vérité prophétique qu'elle présente, le lecteur voulait faire un rapprochement entre l'état moral et définitif des enfants de la femme esclave et ceux de la femme libre.
(94) Comme Pétra deviendra plus tard Tobjet d'une attention particulière, on peut ici citer quelques paroles des anciens auteurs qui se rapportent à cette ville. Uir^y. sv -^yi E^cùu. ttj; Apa^iocç. (Eusebii Onomast.)
Petra Àrabiœ internae Edom (Hiéron). — Vide Relaadi Palaestinam, t. I, p. 70.
(95) Strabon, 1. XVI, p. 775, édit. de Paris, 1620.— (96)lbid., 760.
(97) Commerce des Anciens, par Vincent, vol, II, p. 263.
(98) Agatharchides, Huds, p. 67. —Hist. nat. de Pline, I. VI, ch. XVII I.
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que se dirij»eaient tous les Arabes des divers points de la vaste péninsule ^^
Environ 800 ans avant Jésus-Christ, Amazias, roi de Judée, s'empara de Sélah ou Pétra (ces deux mots signifient, l'un et l'autre, rocher), après avoir tué 10,000 Edomites *. Cinq cents ans après , cette ville résista aux assauts réitérés de Démétrius, qui s'en était approché à l'improviste, dans l'espoir de la prendre par surprise ; et ce même conquérant, qui plus tard parvint à prendre Babylone , se vit obligé de lever le siège de la capitale d'Edom^ Pétra, après s'être soumise aux Arabes Nabathéens , devint la capitale de l'Arabie , ou du moins de l'Arabie Pé- Irée ; et les rois qui y régnèrent sous le nom d'Obodas et d'Arétas prirent successivement le titre de rois d'Arabie. Trois cents ans après le dernier des prophètes, c'est-à-dire environ un siècle avant l'ère chrétienne, Alexandre Jannée , roi de Judée , après s'être emparé de plusieurs villes de l'Idumée et des nations^ voisines , fut défait par Obodas, perdit son armée, et faillit lui-même tomber au pouvoir du vainqueur. Le deuxième roi de Pétra fut Aretas, successeur d'Obodas. Ce personnage fameux défit et tua Antiochus Dionysius, roi de Syrie , et augmenta ses états en y joignant la Calésyrie. Ce fut à cette époque qu'Hyrcan , fils d'Alexandre , se vit dépossédé de son royaume par Aristobule , son frère aîné. Antipater, riche Iduméen, et père d'Hérode- le -Grand, conseilla à Hyrcan d'implorer le secours du roi d'Arabie , et le mena à Pétra, oil était situé le palais d'Arétas ".
Hyrcan s'étant engagé, aussitôt qu'il aurait
(99) Vincent, p. 260, 262, 2Qli. — (1) IL Rois, XIV, 7.
(2) Diod. Sic, t. VIII. — Prideaux.
(3) Josèphe, Ant., LXIV, ch. i. § /».
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reconquis son royaume ^ à rendre les douze villes et le territoire que son père avait enlevés aux Arabes ou Nabathéens, Aretas s'avança contre Aristobule à la tête de 50,000 hommes , et le vainquit. Il se dirigea alors sur Jérusalem , oil, ayant réuni ses forces à celles des Juifs , il pressa vigoureusement le siège du temple , et ne le leva qu'à l'approche des Romains qui venaient au secours des assiégés. Au dire de Strabon , Pétra , soit avant , soit après l'ère chrétienne 5 ne cessa jamais d'être gouvernée par des rois de la race d'Obodas ou de celle d'Aretas; seulement ils s'associèrent un prince ou procurateur 5 avec le titre de frère ^. Au commencement du second siècle 5 Pétra, bien qu'elle eût perdu son indépendance 5 et qu'elle fût alors la capitale d'une province romaine , était toujours réputée la métropole de l'Arabie ; et , comme l'attestent plusieurs médailles, l'empereur Adrien ajouta soa nom à celui de cette ville ^ Elle fut longtemps la capitale de la troisième Palestine , Palestina tertiana, she salutaris, et , comme telle , elle était le siège métropolitain des quinze villes dont cette province se composait ®.
L'ancien état de l'Idumée ne peut pas être aussi bien constaté de nos jours par les récits historiques qui nous restent de son ancienne splendeur que par les merveilleux vestiges que nous trouvons de sa capitale, et par les nombreuses traces de villes et de villages qui nous montrent indubitablement que sa population était jadis considérable ^ — « Il est donc clairement
(4)Strabon, p. 779.
(5) Pelra est Arabiaa metropolis ; extant numrai , in quibus AAPIAINH PETPA MHTP0n0AI2 legitur, etc Relandi Palestina, t. II, p. 931. — (6) Ibid., 1. 1, p. 315.
(7) Burckhardt, p. /i36.
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doiijontré que la terre d'Ecloiu existait dans un état bien dilïérent de la désolalion universelle qui la caractérise maintenant , et qui fut annoncée par les prophètes bien des siècles avant qu'elle arrivât véritablement; mais de plus, il y a d'autres prédictions qui se rapportent h elle, surtout celles que renferme le xxxiv® chapitre d'Isaïe, qui parlent des temps où les enfants d'Ésaii la posséderont à toujours, et aussi de Tannée de rétribution pour soutenir le droit de Sion. » Quelque dangereux qu'il soit maintenant de parcourir l'Idumée , quelque difficile qu'il soit de constater la vérité des faits qui la concernent et de préciser les circonstances de son état actuel , cependant on est parvenu à s'assurer que la malédiction de Dieu est tombée sur elle , que sa sentence s'estaccomplie,etque5 bienquel'homme lui-même ait été l'instrument entre les mains du Tout-Puissant pour l'accabler de tant de fléaux, cependant tout est en parfait accord avec les prédictions des prophètes inspirés.
Il y a une prophétie relative à l'Idumée qui doit , plus que toutes les autres , attirer notre attention, parce qu'elle explique la cause de la difficulté que nous trouvons à obtenir une connaissance exacte et approfondie de l'état Intérieur du pays. « Il n'y aura personne qui passe par elle à « jamais. Je réduirai la montagne de Séhir en dé- « solation. Je retrancherai d'elle les allants et « les venants. » L'ancienne importance de l'Idumée dépendait en grande partie de son commerce. Touchant à l'est à l'Arabie , et à l'Egypte au sud-ouest, et formant du nord au sud une voie de communication directe et facile entre Jérusalem et ses possessions sur la Mer-Rouge , entre la Syrie et les Indes , par les vallées d"El- Ghor etd'El-Araba, quis'étendaientpar une extré-