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seule ville dont il fasse mention est Pétra. Néanmoins, les noms des villes de l'Arabie Pétrée, énumérées par Josèphe, comme existantes du tempsde l'invasion delà Palestinepar les Romains; les noms des quinze villes de la Palsestina Tertia , dont Pétra était la capitale et le siège métropolitain, au temps du Bas-Empire ; les villes indiquées dans la carte de d'Anville, et les ruines de plusieurs villes d'Edom , ruines dont l'existence a été constatée par Burckhardt et de Laborde , tout cela prouve qu'après avoir été appauvri, Edom retourna en effet, et rebâtit ses villes détruites. Leurs ruines, encore visibles , montrent qu'elles furent rebâties, et que, selon la prédiction, elles ont été de nouveau ruinées , et sont maintenant dans l'état de désolation le plus absolu.
Tandis que les villes de l'Idumée sont tellement désolées, qu'il règne dans leurs ruines le même vague indéfini que dans la prophétie qui les annonce ( car rien n'a été prédit sur elles si ce n'est leur entière désolation, et c'est là la seule chose qui frappe l'œil des curieux ), il y a cependant une exception à cette règle générale , également signalée par le prophète inspiré et par le savant voyageur
Burckhardt donne des détails pleins d'intérêt sur l'emplacement de l'ancienne ville qu'il visita, dont les ruines non-seulement tendent à prouver son ancienne splendeur , mais méritent d'obtenir une place parmi les plus curieux monuments des arts. Quoique la ville soit déserte, les restes de son opulence et de sa gloire existent encore. On voit, par exemple , un canal creusé de chaque côté de la rivière pour conduire les eaux dans la ville, un grand nombre de tombeaux, deux cent cinquante caveaux, plusieurs mausolées. Il en est un en particulier dont on parle comme
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d'un oiivrap;c immense , colossal, et parCailement conservé. Il confient une chambre de scîize pas carrés, et de plus de vingt-cinq pieds d'élévation; sa façade est ornée d'un rang* de colonnes de trente-cinq pieds de hauteur, et couronnée d'un fronton du travail le plus riche; on voit encore deux pyramides tronquées, et un théâtre capable de contenir environ 3000 spectateurs , le tout taillé dans le roc. Dans d'autres endroits, ces sépulcres sont creusés les uns au-dessus des autres, dans les flancs de rocs perpendiculaires, et il paraît impossible d'approcher du plus élevé. La terre est jonchée partout de pierres taillées ^ de fondations d'édifices, de fragments de colonnes et de vestiges de rues pavées, qui indiquent clairement l'existence d'une grande ville. Sur la rive gauche du fleuve, est un terrain élevé qui s'étend à environ trois quarts de lieue , et est également couvert de semblables ruines. Sur la rive droite, plus élevée encore, on retrouve les mêmes vestiges , entre autres les restes d'un palais et de plusieurs temples. Dans les rochers escarpés, vers l'orient, on a creusé plus de cinquante sépulcres. Ce ne sont pas là les travaux d'un petit peuple , ou d'une race destinée a une destruction entière; mais un jugement avait été prononcé contre les forteresses d'Edom , et il fallait que les paroles retentissantes de la prophétie trouvassent quelque part leur accomplissement, et qu'elles fussent reconnues comme n'étant pas celles de simples mortels. « Je te rendrai petit entre « les nations; ta présomption et la fierté de ton « cœur t'ont séduit, toi qui habites dans le « creux des rochers , et qui occupes la hauteur « des coteaux ; quand tu aurais élevé ton nid « comme l'aigle, je t'en ferai descendre, dit VÈ- « ternelj etl'Idumée sera réduite en désolation. »
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En entrant dans le défilé qui conduit au théâtre de Pétra ^ les capitaines Irby et Mangles font les observations suivantes : Les ruines de la ville se présentèrent ici à notre vue dans toute leur grandeur 5 enfermées à l'extrémité opposée par des rocs perpendiculaires 5 et coupées de vallées et de ravins. Le flanc des montagnes, oii sont creusés d'innombrables tombeaux et même des habitations particulières ( « O toi qui habites dans le « creux des rochers, Jérém. xlix, 16 ») offrait le plus singulier spectacle que nous eussions jamais vu. — Nous arrivions et nous descendions, dit M. deLaborde, par le ravin. C'est de ce point, et en avançant un peu plus , qu'on domine l'étendue de la ville couverte de débris , et sa grande enceinte de rochers, percée de milliers de tombeaux qui forment autour comme une grande décoration. »
Les capitaines Irby et Mangles, ayant passé, de concert avec MM. Bankes et Legh, deux jours à examiner ces ruines avec soin, nous donnent encore plus de détails sur les restes de Pétra que n'en contient la description de Burckhardt, et plus la description est détaillée, plus elle s'accorde en tout point avec les paroles de la prophétie. Près de l'endroit oii ils attendaient le résultat de la querelle des Arabes, le tertre élevé était couvert des deux côtés par des lignes et de solides masses de murs secs. — Les premières semblaient indiquer les traces de l'ancienne culture, et les ruines nous semblaient être les restes de tours construites pour faire le guet, pendant le temps de la récolte et de la vendange. — Tous les environs présentent de semblables restes d'industrie , et paraissent indiquer le voisinage d'une grande capitale. Un défilé étroit, environné de chaque côté par des
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rocs pcrpendiculaii'cs, dont la hauleiir varie de 400 k 700 pieds, et qui Ibrnie, sur un espace de deux milles, une espèce de voie souterraine, ouvre à l'orient le chemin qui conduit aux ruines de Pétra. — Les rochers, ou plutôt les montagnes, s'étendent alors de chaque coté, et laissent un espace oblong oil l'on voyait autrefois la capitale de l'Idumée, mais où Ton ne trouve plus maintenant qu'un monceau de débris , entourés partout, excepté au nord-est, de rochers affreux qui ne servent plus qu'^à faire voir jusqu'à quel point l'orgueil de l'homme et les efforts de l'art ont voulu lutter avec la puissance de la nature. Au bord de ces précipices on a creusé, dans des blocs de rochers détachés, d'immenses sépultures, dont l'intérieur est divisé en chambres, et à l'extérieur desquels ces rochers mêmes ont été taillés en tours , en colonnes, pilastres , frises , entablements et figures d'animaux ^ '.
Les planches ci -jointes peuvent donner une idée de ces singulières excavations.
Cependant , quelque nombreuses qu'elles soient, elles ne font qu'une faible partie de la vaste « nécropole de Pétra » . Des tombeaux se présentent non-seulement à chaque approche ou avenue de la ville , et dans tous les précipices qui l'entourent, mais encore mêlés à tous les édifices publics et aux habitations particulières ; les traits naturels du défilé se dessinent davantage à chaque pas, et les excavations et les sculptures deviennent de plus en plus nombreuses, jusqu'à ne plus présenter qu'une longue rue de tombeaux. ^^ La face des rochers est taillée avec toute la symétrie et toute la régularité de l'art; on y voit des colonnes , des piédestaux , des
(26) Irby el Mangles, p, 402-407,
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lignes de corridors adossés à la façade des rochers ; des escaliers sont pratiqués dans le roc , et il y a un nombre immense de grottes qui n'étaient certainement pas des sépulcres. On trouve beaucoup d'habitations de grandes dimensions; il y en a une en particulier oii Ton voit une seule chambre de soixante pieds de long et d'une largeur proportionnée; d'autres habitations d'un ordre inférieur abondent dans un des défilés qui mènent à la ville, et qui contient une espèce de faubourg creusé , auquel on parvient par des escaliers. On voit des enfoncements de trente pieds de haut 5 ayant un autel , ou des pyramides , des colonnes ou des obélisques; un pont jeté sur un précipice maintenant inaccessible , quelques petites pyramides taillées dans le roc , sur le sommet des hauteurs ; des rigoles horizontales pour l'écoulement des eaux , pratiquées le long de la façade des rochers , et même sur le devant des habitations ; en un mot , les rochers creusés en innombrables chambres de diverses dimensions, dont l'entrée est souvent embellie par tout ce que l'architecture offre de plus riche , de plus varié et de plus fantastique; tout cela réuni présente aux regards de l'homme , non-seulemerît l'ensemble le plus singulier que l'imagination puisse concevoir , un groupe de merveilles sansi égales dans leur genre , mais encore une preuve indubitable que dans la terre d'Edom il existait une ville oxi l'homme avait déployé toutes ses ressources et toute son énergie , et qu'elle avait bien mérité d'être distinguée par « sa force et sa « présomption , » et qu'ainsi la description faite par le prophète est aussi exacte que l'accomplissem^at de la prophétie a été complet ^^ L'aridité
(27) Irby et Mangles, p.^ 407-437, — Macmichael , p. 228, 229.
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universelle du sol et la désolation de la ville, près de laquelle aucun être vivant n'habite, semblent vérilier la malédiction prononcée contre elle. « O toi qui habites dans le creux des rochers, « etc., Edom sera réduite en désolation ^". »
Parmi les ruines de Pétra , les mausolées et les tombeaux sont ce qu'il y a de plus remarquable : ils attestent le long règne de la royauté et l'ancienne grandeur et l'opulence du royaume ; et leur nombre immense est en accord avec la nomenclature que font Moïse et Strabon des rois et des princes de l'Idumée , pendant les quinze siècles qui se sont écoulés entre leurs récits. L'architecture de beaucoup de sépulcres démontre aussi qu'ils sont d'une date plus moderne. Quelle ne doit pas avoir été, dit Burckhardt, l'opulence d'une ville qui pouvait ériger de semblables monuments à la mémoire de ses princes ^^^ Mais cette longue race de rois et de grands a été depuis bien des siècles retranchée de l'Idumée ; ils n'ont rien laissé pour les représenter sur la terre , excepté une multitude de tombeaux magnifiques, mais inconnus et presque invisibles. « Les magis- « trats crieront qu'il n'y a plus là de royaume , et « tous les gouverneurs seront réduits à rien. »
Au milieu de tous ces mausolées, de ces tombeaux, de ces restes de temples et de palais qui forment, pour ainsi dire, un vaste tombeau où l'ancienne splendeur de l'Idumée gît enterrée, on découvre encore des vestiges d'architecture grecque ou romaine qui font voir que ces édifices ont été construits longtemps après le temps des prophètes. «Ilsrebâtiront; mais je détruirai. » Jusqu'à présent les seuls renseignements que nous possédions sur l'état actuel de l'Idumée nous
(28) Irby et Mangles, p. A39, — (29) Burckhardt, p. ^25,
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ont été donnés par Volney^tjui les avait recueillis des Arabes^ et quoique son témoignage ne fût pas suspect 5 cependant il n'était pas suffisamment détaillé pour nous faire distinguer les traits particuliers et prophétiques. Mais depuis lors, Burckhardt et les capitaines Irby et Mangles nous ont communiqué 5 d'après leurs observations personnelleSj des détails qui jettent une grande lumière sur ce sujet et qui nous font connaître le fait remarquable des ruines d'une ville taillée , pour ainsi dire, dans le roc, et située au milieu d'un désert.
Lorsque dans les rues de Jérusalem le peuple fit entendre le cri : « Hosanna au fils de David ! » et que quelques-uns des Pharisiens dirent à Jésus: «Maître, reprends tes disciples, » ilrépondit: t( Si ceux-ci se taisent, les pierres même crieront » ; de même, de nos jours, oîi l'incrédulité règne sur tant de villes et parmi tant de peuples qui rejettent l'autorité du Dieu d'Israël, et repoussent sa parole , les anciennes nations et les anciennes villes comparaissent de nouveau sur la scène comme des témoins ressuscites des morts, et qui viennent montrer la puissance que cette même parole a exercée sur leur sort, et elles crient aux nations de la terre de prendre garde de ne pas devenir à leur tour des monuments de la colère qu'elles ont méprisée. Lorsque les hommes ne voulurent pas entendre des Ilosannas au fils de David, et refusèrent de rendre hommage au nom du Christ, les déserts et les rochers élevèrent leur voix , et se joignirent aux prophètes pour rendre témoignage h Jésus; de même ^n a de nouveau entendu parler la Capitale de i'Idumée, ainsi que d'autres capitales, et les rochers même font entendre un cri qui peut parvenir jusqu'aux extrémités de la terre.
L'auteur de cet ouvrage n'osait pas espérer^
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quand il cntiepiit de comparer les prophéties relatives à Edom avec les renseignements que Volney était parvenu à en donner, qu'il se passât si peu de temps avant que l'accomplissement de ces prédictions fût devenu évident à tous les yeux, sans même qu'il fût nécessaire de dire : « Venez et voyez. » Mais maintenant il peut en appeler k la vue aussi bien qu'à l'intelligence de l'homme ; car , au moment même où ces pages étaient sous presse , il a reçu les six premières livraisons d'un ouvrage intitulé : « Voyage de l'Arabie Pétrée par MM. Léon de Laborde et Linant^\ » Ces livraisons contiennent de magnifiques gravures 5 toutes relatives aux ruines de Pétra, et il suffirait de les accompagner d'un passage de l'Ecriture Sainte, pour faire des beautés de l'art de puissants auxiliaires des intérêts de la religion. Ce magnifique ouvrage est maintenant terminé, et M. de Laborde, avec une bienveillance que nous aimons à publier ici , en lui témoignant notre sincère reconnaissance, nous a permis de copier plusieurs de ses planches pour les insérer dans ce volume. Ainsi donc, au lieu d'en être réduits, comme jusqu'à ce jour, à quelques maigres renseignements, on n'a maintenant qu'à jeter les yeux sur Edom, et l'on peut voir à quel point « le cordeau de confusion et le niveau du désordre « ont été étendus sur lui. Nous pouvons de la même manière contempler les ruines de la capitale de cet Edom, dont jusqu'à présent nous ignorions même l'existence. Toutes ces gravures font foi de son ancienne magnificence et du travail inconcevable qu'il a fallu, pendant une longue suite de siècles, pour construire cette multitude d'habitations, de tombeaux et de temples creusés
(30) Notre ouvrage était alors 5 sa treizic nie édilloii.
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dans le roc. La yérité ne parle donc point «par des lèvres trompeuses » ni par la bouche d'un sceptique; mais ce sont les rochers même qui prennent la parole, ce sont ces habitations pratiquées dans leurs profondeurs, par le travail du ciseau , et par les efforts de rarchitecte , qui disent que les habitants de Pétra bâtirent postérieurement à l'ère des prophètes, mais que tous ces édifices, d'architecture grecque ou ror maine, et d'autres plus anciens encore couvrent la vallée de leurs ruines, et montrent par leurs débris que l'arrêt prononcé contre eux devait s'accomplir, et que « tout a été détruit. »
La vue topographique de la contrée d'Edom , prise depuis d'El Nakb, montée escarpée au sud du Mont Hor et de Pétra , nous montre que ridumée n'est que désolation, « désolée de génération en génération, » et que le pays qui avait été donné à Esaii comme étant « la graisse de la ce terre, » et dans lequel on construisit une multitude de villes, est maintenant «fouillé, » et que « le cordeau de confusion et le niveau du désordre « ont été partout étendus. »
Sur la gauche du dessin, dit M. de Laborde, en remontant vers le milieu, s'étend l'Ouadi-Araba, longue plaine de sable qui descend de la Mer Morte à la Mer Rouge, dans une direction régulière et continue. On doit reconnaître , comme je l'ai déjà dit , dans cette disposition le lit d'un fleuve, et celui du Jourdain, avant l'éruption volcanique qui forma le bassin actuel de la Mer Morte. Sur la rive droite , à l'ouest , s'y joint rOuadi Gebb, vallée par laquelle les Fellahs de Pétra se rendent à Gaza. En appuyant à Test ( à la droite du dessin ) on remarque, au milieu d'une petite plaine, le rocher isolé d'El Aase, surmonté d'un tombeau dont j'ai parlé plus haut. Plys à
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droite un rocher, forjiiant comme le premier rempart aux environs de Pelra, s'élève en forme de cône : un arbre le domine. En suivant la môme direction , on rencontre le mont Uor, le plus haut rocher de la contrée , au sommet duquel est construit le Tombeau d' Aaron. Cest à l'est de ce piton , enclave au milieu des rochers dont les masses semblent, en s'amoncelant, s'être resserrées davantage , qu'est bâtie la ville de Pétra, capitale des Nabathéens. Ce tableau, espèce de demi-panorama , est terminé par la grande chaîne de montagnes qui sépare l'Arabie Pétrée de l'Arabie déserte.
Le témoignage de M. de Laborde rehausse en* core la valeur de cesprécieux dessins. Del'élévation d'El Nakb, on peut juger , dit-il, de l'aspect général du pays, dont le triste et lugubre caractère est difficile à reproduire à l'aide du crayon , et il ajoute : Plusieurs prophètes avaient annoncé le malheur de l'Idumée , mais la forte parole d'Ezéchiel peut seule s'élever à la hauteur de cette grande désolation. »
« La parole de TÉternel me fut encore adres- « sée , et il me dit : Fils de l'homme , dresse ta « face contre la montagne de Séhir et prophétise « contre elle ; il lui dit : Ainsi a dit le Seigneur « l'Éternel : Voici , je viens à toi , ô montagne de « Séhir ! et j^étendrai ma main contre toi , et te « réduirai en désolation et en désert. Je réduirai « tes villes en déserts, et tu ne seras que désola- « tion. Et je remplirai tes montagnes de tes gens « blessés à mort ; les hommes blessés à mort tom- « beront dans tes coteaux, et dans tes vallées, et « dans tes torrents. Tu seras désolée , ô monta- « gne de Séhir ! et même toute l'Idumée entière- « ment; et on connaîtra que je suis l'Éternel^'. »
(31) Éaéchiel , XXXV*
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Une des gravures données par M. de Laborde est surtout remarquable ; on y voit le caractère unique de ce pays, et par lequel Pétra se distingue de tout autre pays dont Thistoire nous fasse connaître Inexistence. L'intention principale de l'artiste était d'y représenter une colonne isolée, mais en même temps on y voit , en partie , TOuadi Mousa avec les rochers en perspective. — La longue muraille de rochers qui s'étend sur la droite^ restreinte dans ce petit cadre, étonne encore par la prodigieuse quantité de tombes qui ornent ses parois : qu'on se figure l'impression que produit dans la nature ce tableau , quand le silence de la mort en est le seul accompagnement.
Dans la perspective 5 la distance rapetisse des excavations percées à une si grande hauteur, et cela même fait ressortir la vérité de la description du prophète, quand il dit que les habitants font leur nid haut comme celui de l'aigle.
Dans la note qui accompagne la vue des ruines d'un temple, il est dit que, bien qu'on voie à Pétra, outre de nombreux et gigantesques tombeaux taillés dans le roc , un grand nombre de monuments dont les ruines attestent la beauté et la magnificence, il n'y a que celui-là qui ait résisté aux ravages du temps. Situé à l'ouest de la ville et sur le bord de la rivière il présente , bien qu'eii ruines, une masse imposante et riche en détails d'architecture. Il m'a paru intéressant à reproduire, dit M. de Laborde, parcequ'il présente une frise et une corniche de bon goût et qui peuvent en indiquer le style.
Une autre planche représente les ruines d^un arc de triomphe, sous lequel on passait pour arriver à une place, espèce de forum, et au temple qu'on trouve plus loin. On voit à travers l'arcade
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du milieu le pavé antique; dans celle de droite^ la rivière d'Ouadi Mousa qui s'enfonce enire les rochers. Les ornements des pilastres qui subsistent rap[)ellent Tare de triomphe qui termine la colonnade de Palmyre a l'est ; tous les débris et quelques fragments en bas-reliefs qu'on retrouve sur le sol permettraient une restauration de ce monument.
Un des dessins^ celui qui donne une vue d'un tombeau corinthien, sert en même temps de vue générale de Pétra, au nord-est, et reproduit dans un sens inverse la ligne des monuments qu'on remarque dans la vue générale prise du sud-ouest. On distingue dans le fond le théâtre et les rochers qui le dominent, au haut desquels on aperçoit un point en forme d'obélisque , espèce de signal qui se voit de tous les points de la ville.
L'ouvrage de M. de Laborde contient plusieurs tableaux des tombeaux de Pétra, d'une magnificence vraiment étonnante. — Sur un de ces édifices, nous trouvâmes, dit-il, une inscription latine en trois lignes, gravée sur l'entablement. Cette inscription, outre qu'elle est la seule que nous ayons découverte à Pétra , est importante en ce qu'elle nous donne le nom d'un magistrat, Quintus Pra3textus Florentinus , qui mourut dans cette ville, étant gouverneur de cette partie de l'Arabie. Elle paraît être du temps d'x\drien ou d'Antonin-le- Pieux , c'est-à-dire plusieurs siècles après les dernières prédictions.
La description qui accompagne les vues du Khasne , Tune prise sous le péristyle et l'autre en face, est terminée par ces paroles : Quel est donc ce peuple qui ouvrait la montagne pour y apposer ainsi le sceau de sa force et de son géaie? Et quel est ce climat qui dore de ses rayons les formes gracieuses de ces sculptures , sans per-
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