CE QUI EST BON
Vous avez donc devant les yeux la collection autorisée des prophéties modernes : la plus riche en documents sera la meilleure. Parmi ces prophéties et dans chacune d'elles, 011 est le bon à conserver, où est la vérité sur Tavenir ?
Gardez-vous bien de vous arrêter à un seul prophète en particulier. Ce serait vous mettre dans le danger presque certain d'être trompé ou fort incomplètement éclairé. Car ce prophète unique pourrait être ujfï taux prophète ; ou bien il peut avoir mêlé ses propres inspirations à celles de FEsprit-Saint, ou encore son texte a été altéré; ou enfin il n'a peut-être aperçu qu'un coin du tableau, qu'une partie des événements à venir , comme autrefois les prophètes de l'Ancien Testament Dévoyaient s'illuminer à leurs yeux que quelques points particuliers de l'histoire de la Rédemption.
Je pense donc que, pour trouver le bon à garder^ il faut le chercher dans Tensemble des prophéties; et pour le dégager de cet ensemble , pour en faire jaillir une véritable lumière sur les événements futurs, le plus sûr procédé c'est d'interroger chaque texte avec soin, et de voir
EN QUELS POINTS s'âCCORDENT LE PLUS GRAND «NOMBRE DES TÉMOINS PROPHÉTIQUES.
Les prédictions qui auront pour elle la totalité ou au
moins la majorité des témoignages devront donner la vérité sur l'avenir et seront le bon à conserver.
Cette méthode rationnelle nous paraît la seule capable de fournir un résultat sérieux. Elle est fondée sur les conséquences qui se déduisent des quatre propositions suivantes :
1» Le don de prophétie existe toujours dans l'Eglise. 2» La prophétie privée est donnée par le Seigneut pour l'utilité des fidèles en particulier. 3» La sagesse et la bonté de Dieu . exigent q"ue ce don soit accordé surtout aux moments où ils en ont plus grand besoin. 4^» De fait, à toutes les époques de tourmente religieuse ou politi(iue, beaucoup de prophétiesontété publiées, et plusieurs se sont accomplies. En nos temps malheureux , au milieu de la terrible crise par laquelle passent TEglisé et la société, ce fait historique se l'eproduit encore : un grand nombre de prédictions sont mises au jour. Ces propositions sont certaines. Seronsnous déraisonnables si nous en tirons ces quatre conclusions : 1» Donc plusieurs des documents prophéiiques modernes ont pour auteur le Saint-Esprit. 2<>Donc la bonté et la sagesse de Dieu demandent que ce Secours surjiaturel ne soit pas rendu entièrement inutile et illusoire. 3^ Donc on peut croire sans témérité que lés prédictions fausses, d'origine humaine ou diabolique , seront moins nombreuses que les prophéties véritableî^; que dans l'ensemble des documents prophétiques il y aura plus de vrai que de faux, que le mensonge n'étouffera pas toute la vérité, qu'il sera possible de la dégager et de la faire surnager au-dessus de l'erreur. 4» Donc, en employant la même méthode qu'en justice et en histoire pour découvrir la réalité d'un fait, nous
arriverons à un sérieux résultat, et nous aurons la plus grande probabilité de posséder la vérité sur notre avenir.
Ces déductions nous semblent d'une rigoureuse logique.
J'ai essayé, vous le savez, ce travail de concordance que d'autres auraient certaineîpent mieux réussi. Je vous en rappelle les points principaux.
Le plus grand nombre des prophètes annonce pour l'Eglise et la société civile une époque de malheurs suivie d'une période heureuse: et en même temps, ils donnent des avertissements et des signes sur le temps cil s'accompliront leurs prédictions.
Ces trois grands points d'abord bien précisés, avertissements et signes, période de malheurs^ époque de félicité^ ont permis de mettre à l'écart tout ce qui leur est étranger et toutes les prédictions qui pouvaient se rapporter à des temps antérieurs et postérieurs. On a ainsi un cadre restreint et bien déterminé sur notre avenir ieplus prochain, celui assurément qui nous intéresse davantage.
En réunissant tout ce que les prophètes disent sur chacune de ces deux époques, nous trouvons qu'ils sont d'accord sur les points principaux suivants :
Pour les temps malheureux ils annoncent : 1» l'accroissement continu de la puissance du mal ; 2» des guerres, des bouleversements, des catastrophes et des fléaux de tous genres dans Tordre physique et la société civile, non-seulement pour la France^mais pour l'Europe et le monde presque tout entier ; 3° l'humiliation et la persécution générale de TEglise ; troubles et schismes;
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40 le triomphe momentané des méchants ; 5<> Tintervention de Dieu, terrible, évidente et reconnue.
Pour le temps heureux : \^ triomphe de l'Eglise et de la religion; paix et ordre stables dans la société; 2» règne d'un Pape saint, élu d'une manière merveilleuse, et d'un grand Monarque, conquérant, législateur, zélé défenseur et pieux protecteur de l'Eglise et de la religion catholique; S*' Concile général, le plus grand et le plus célèbre de tous; 4^ conquête et conversion de l'Orient et de tous les hérétiques et des infidèles.
Tels sont les grands événenaents annoncés pour un avenir prochain qui ressortent nettement de l'accord des textes prophétiques. Ce sont ces faits généraux qu'il faut retenir^ auxquels ilfaut^'a^^acA^r: quodbonum est tenete, parce que là se trouve, à notre avis, la vérité sur Varenir.
Ce sont donc ces prédictiohs, ces^ grandes lignes des prophéties modernes qui font l'objet de notre foi humaine entière, c'est-à-dire de notre ferme croyance à leur très-probable accomplissement. Est-ce à dire que nous les regardons comme devant infailliblement et nécessairement se réaliser? Non certes. Nous ne crovons d'une foi sans condition et sans hésitation, d'une foi inébranlable , d'une foi catholique et divine , qu'à l'accomplissement infaillible et nécessaire des prophéties sacrées. Nous l'avons dit ', et nous le répétons, les prophéties modernes peuvent éprouver un complet échec, même dans tous les grands événements; toutefois il nous semble bien difficile qu'il en arrive ainsi, mais ce n'est pas rigoureusement iiîipossible.