‹ Les prophéties modernes vengées, ou Défense de la concordance de toutes les prophétiesChapitre 13 sur 49 · PIE IX ET PROPHETIES MODERNES · texte numérisé non relu

PIE IX ET PROPHETIES MODERNES

La parole auguste de Pie IX a jeté^ dit-on , sur les prophéties modem es un blâme dontelles ne se relèveront point.

« Ecoutez , dit Mgr TÉvêque d'Orléans , ce que des

• journaux religieux français et belges nous rapportent € que Pie IX en disait dans une allocution du 9 avril 1872 : « Je n'accorde pas beaucoup de crédit aux prophéties ,

• disait le Saint-Père, parce que celles-là surtout qui ont « été produites récemment ne méritent pas l'honneur d'être f lues. y> Et quelques mois plus tard, dans une autre f allocution du 5 juillet de la même année : « // cir- » cule un grand nombre de prophéties^ disait-il ; mais je c crois qtf elles sont le fruit de r imagination, La vraie pro- « phétie consiste à se résigner à la volonté de Dieu et à « faire le plus de bien possible, »

Nous regrettons de n'avoir pas sur ce point le même sentiment que Mgr Dupanloup, et nous lui demandons

pardon d'être obligé de relever Tînexactitude de sa citation.

Le Saint-Père n'a point condamné les prophéties modernes : ses paroles leur apportent au contraire plus, d'appui que de blâme, ,

Mgr d'Orléans, en prenant dans les feuilles publiques les phrases citées plus haut, n'a pas donné la parole authentique, la vraie parole de Pie IX, rendant sa véritable pensée. Nous avons cette parole véritable à notre disposition dans le volume publié l'an dernier à Rome par le R. P. D. Pasquale de Franciscis sous ce titre: Discours de N, T. -S. Père le Pape Pie IX adressés dans le palais du Vatican aux fidèles de Rome et du monde catholique depuis le comm£ncement de sa captivité.

Encasde contestation, c'està celivreque nous devons recourir pour connaître sans crainte d'erreur ce que pense et ce que dit le Pape. Quant à l'autorité que possède cet ouvrage, voici ce que nous lisons dans le Monde , (10 avril 1874 — Nouvelles de Rome — correspondance particulière du journal) :

c Le Pape a le droit, dont jouissent tous les orateurs « de la chaire sacrée ou bien des parlements, de ne re- « connaître comme vrai et comoie sien que le texte des f discours qu'il aura revu et retouché au besoin. Depuis c deux ans et plus, le Souverain Pontife a choisi , pour « cette mission de haute confiance et fort délicate, le a R. P. Dom Pasquale de Franciscis, delà congrégation « des Pietix Ouvriers. Lui seul est autorisé à prendre , tt par la sténographie d'abord , et à reproduire ensuite

ce les discours du Pape Quand une audience doit

a avoir lieu... leR. Père , placé dans un lieu des plus tt convenables sténographie tout au long et le plus

oc exactement possible l'allocution pontificale. Rentré à c son couvent, il s*enipresse de faire la traduction (c fidèle de son travail sténographique, puis il la fait « remettre entre les mains de Sa Sainteté Sa Sainteté a la bonté de le lire et d'y faire toutes les correc- « tionset tous les changements qu'Elle juge à propos; « puis Elle le fait remettre ensuite , ainsi revisé et

« approuvé, au R. Père de Franciscis Nous en avons

a assez dit. . . pour que vos honorables lecteurs sachent où « se trouvent les vrais discours du Souverain Pontife, les ^ seuls qui soient revisés de sa main tt approuvés par a lui. »

Or, si nous consultons le tome I^^ des Discours de Notre Très-Saint-Pere le Pape Pie IX , publié en 1873 par le R. P. de Franciscis, nous trouvons dans l'allocution du 9 avril 1872 (page 387, discours 166«) les véritables paroles de Sa Sainteté :

a Je me rappelle dans ce mometit que Ton dit , il y « a déjà bien des années, qu'une certaine croix apparut « en France. Cette croix, disait-on,, ainsi que plusieurs autres apparitions de ce temps-là , semblait indiquer « le déplaisir que Dieu ressentait de la profanation du « dimanche, et inviter les bons Français à observer ce « saint jour , pour éviter que Dieu ne punît la France « par de terribles châtiments. Je ne me pie pas trop

« ADX prophéties, d' AUTANT MOINS AUJOURD'HUI QUE LÈS t DERNIÈRES QU'ON A FAIT CIRCULER NE SE SONT VRAI-

€ MENT PAS FAIT TROP HONNEUR (ou sourit). Il Semblerait

« pourtant que celle-ci dût avoir son accomplissement,

« car vous voyez que la pauvre France a été bien mal-

« traitée et opprimée. »

Et dans l'allocution du 6 juillet 1872 *, page 481, discours 200) :

« Il y a un grand nombre de prophéties qui courent :

MAIS IL NY EN A QU*UNE SEULE VRAIE: c'eST LA RÉSIGNA- TION A LA VOLONTÉ DE DIEU ; C*EST D' ATTENDRE SON SE- COURS , ET, EN ATTENDANT QU'iL VIENNE, FAIRE TOUT LE BIEN qu'il est possible DE FAIRE POUR PLAIRE A DIEU ET PROCURER LA GLOIRE DE SON ÉGLISE. »

On avouera que ces textes authentiques, et les seuls ayant autorité, ne ressemblent point, ni dans les termes, ni dans les idées, aux paroles citées, sur la foi des journaux, par Mgr d'Orléans.

Je ne me fie pas trop aux prophéties, n'a pas absolument le même sens que : Je n* accorde pas beaucoup de crédit aux prophéties.

Nous disons en nos brochures, et nous faisons comme Pie IX : nous nous fions aux prophéties, mais pas trop. Nous nous fions dans la mesure de la prudence chrétienne et du bon sens.

D'autant moins aujourd'hui que les dernières qu'on a fait circuler ne se sont vraiment pas fait trop d'honneur ne signifie pas du tout la même chose que : parce que celles-là surtout qui ont été produites récemment ne méritent pas l honneur d'être lues.

Le Saint-Père fait évidemment allusion ici à quelques prophéties qui avaient été mises en circulation à Rome même, et dont Taccomplissernent n'avait pas eu lieu. Le sourire d'adhésion de l'auditoire, uniquement composé de Romains et de Romaines, le prouve clairement.

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